LOGO_UPADes porte-paroles et administrateurs des syndicats de l’UPA de Bellechasse, de Dorchester et de la Fédération de l’UPA de Chaudière-Appalaches ont fait le point sur l’accaparement des terres agricoles.

Ne trouvant pas de relève familiale à leur entreprise agricole du rang Saint-Philippe, Jean-Clément Lacasse et son fils Martin tenaient tout de même à ce que leur ferme continue ses opérations. La famille Lacasse a refusé l’idée de vendre au plus offrant, préférant opter pour une relève non apparentée qui pourrait continuer à exploiter leurs installations. Ils ont donc pris entente avec M. Simon Laflamme et Mme Emmanuelle Vincent, un jeune couple qui rêvait d’opérer une entreprise laitière dans la région.[…]

Au Québec, l’accaparement des terres agricoles est un phénomène assez récent, stimulé par la crise financière de 2008. […]. « Là où ça devient problématique, c’est lorsque la haute finance achète des terres seulement pour faire des profits parfois sans se soucier d’y faire de l’agriculture ni même d’occuper le territoire », d’expliquer M. Paul Doyon, président de la Fédération de l’UPA de la Chaudière-Appalaches. « Ces achats de terres par des groupes ou personnes qui n’ont rien à faire de l’agriculture créent une pression supplémentaire sur la valeur des terres. Cette hausse de la valeur des terres peut empêcher des relèves agricoles ou des projets de consolidation d’entreprises agricoles de se concrétiser. Et chaque fois que quelqu’un achète une terre agricole pour y faire autre chose que de l’agriculture, c’est une tablette de notre garde-manger que l’on enlève. »

Selon M. Doyon, même si certaines terres accaparées par des investisseurs extérieurs conservent leur usage agricole, les profits engendrés ne sont pas réinjectés dans la communauté locale […]

Il y a quelques mois, la Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles (CAPERN) s’est intéressée au phéno­mène, mais trop peu selon l’avis de l’Union des producteurs agricoles : « La CAPERN a accouché d’une souris, c’est-à-dire d’un document de quelques pages qui propose seulement de tenir un registre foncier agricole pour savoir à qui appartiennent les terres agricoles. Le gouvernement semble peu préoccupé par ce phénomène, même si, depuis quelques mois, on retrouve de plus en plus de compagnies à numéros qui investissent dans l’achat de terres agricoles », déplore M. Doyon.

Source: UPA C-A