Le journal La Tribune de Sherbrooke relate, dans une édition de la mi-juillet 1960, un événement tragique survenu à Disraeli qui a causé la mort d’une personne et permis à trois jeunes hommes de chez nous de poser un geste héroïque.

Le fait a eu lieu un vendredi soir, sur le pont. Selon le récit du journal, deux personnes, Maurice Comeau et Paul Lacasse, étaient parties de Manchester New Hampshire en avant-midi et devaient se rendre à Saint-Léon-de-Standon en passant par Sherbrooke et en empruntant la route no 1 (aujourd’hui la route 112). À leur arrivée à Disraeli en début de soirée, M. Paul Lacasse, qui était au volant de l’auto, pour des raisons inconnues, bifurqua avant la sortie du pont et percuta la clôture à gauche du chemin, à l’arrière du garage de M. Gérard Prévost. L’auto s’enfonça ensuite dans le lac sous le regard surpris de quelques témoins du drame, qui ont immédiatement décidé de porter secours aux deux occupants de l’auto engloutie par huit pieds d’eau.

Un premier témoin, M. René Laflamme, plongea immédiatement dans le lac, réussit à ouvrir, difficilement, la seule portière non bloquée du véhicule et à en sortir Maurice Comeau, inconscient. Il fut aussitôt relayé par un autre sauveteur, M. Bertrand Lacroix, qui sortit l’homme du lac. Il pratiqua sur lui la respiration artificielle pendant quelques minutes et parvint à le ramener à la vie. Pendant tout ce temps, un troisième sauveteur, M. Yves de Repentigny, plongea deux fois dans la noirceur du lac afin de sortir de la voiture le conducteur encore derrière le volant. Malheureusement, M. Paul Lacasse était mort, noyé. Il avait 36 ans.

C’est l’agent Oliva Roy de la Sûreté provinciale qui fit le rapport des circonstances de l’accident. L’enquête, présidée par le coroner du district, le Dr Fidèle Tremblay de Disraeli, s’est conclue par un verdict de mort accidentelle.