Visiblement préparé pour faire face à la musique, le maire de la Ville de Disraeli a tenté, dans un long exposé qui prenait parfois l’allure d'un plaidoyer en faveur du développement durable, de calmer les inquiétudes et la grogne de certains citoyens qui s’étaient rendus à l’assemblée régulière du conseil au sujet du futur programme de cueillette sélective des déchets. «Ça fait un an que le conseil a enclenché une réflexion pour améliorer la qualité de vie des citoyens», d’affirmer M. Jolicoeur qui a énuméré une série de décisions en ce sens : dépotoir pour la neige, investissement dans le traitement de l’eau potable, récupération des huiles et résidus domestiques dangereux, cueillette des feuilles et des herbes de pelouse. Maintenant, affirme-t-il, il faut s’attaquer aux pratiques de disposition des déchets. S’appuyant sur l’exemple de certaines autres municipalités avant-gardistes, il dira «qu’on ne fait pas n’importe quoi n’importe quand».
Fonctionnement
Progressivement, les citoyens seront appelés à disposer de leurs déchets de manière sélective. À cette fin, chaque usager devra se procurer idéalement trois bacs roulants dont les couleurs différentes annonceront leur contenu : le vert, obligatoire dès avril 2003, pour les déchets; le bleu, au départ facultatif, pour la récupération; le brun, également facultatif au départ, pour les herbes et feuilles.
Évidemment, des frais d’acquisition dont le paiement sera étalé sur quelques années seront facturés aux contribuables, mais, aux yeux des membres du conseil, l’économie engendrée sera de beaucoup supérieure à ces coûts immédiats même si le maire n’a pu en chiffrer l’impact. « On fait ça pour sauver de l’argent ». À l’échéance prévue pour 2005 du présent contrat de cueillette des ordures avec la firme Tora, une nouvelle cédule rendra le ramassage moins fréquent et des pénalités seront infligées aux délinquants qui ne respecteront pas le guide de sélection des déchets.
Toujours selon le maire qui se faisait le porte-parole d’un conseil unanime quant à la conduite de ce dossier, il faut absolument, d’une part, prolonger la durée de vie du site d’enfouissement régional par une réduction des volumes de détritus qui y sont acheminés, et se préoccuper d’autre part de la protection de l’environnement. «Disraeli est le plus gros utilisateur du site… Tranquillement, on conscientise la population à prendre soin de son site d’enfouissement».
À une question d’un citoyen relativement à la position des 13 autres municipalités qui utilisent le même site d’enfouissement, le maire a précisé qu’elles seront convoquées prochainement à une rencontre où on les invitera fortement à s’aligner rapidement sur la même politique.
Il n’est pas certain que ces explications auront su effacer l’opposition des contribuables à cette décision s’appliquant également à tous, engendrant des coûts et posant un problème de rangement domestique.