En cette année internationale de l’eau douce, il faut s’attendre à recevoir beaucoup de messages rappelant l’importance oubliée ou banalisée de cette ressource essentielle à la vie.
Selon certaines sommités, « le plus grave problème que nous allons devoir affronter au XXIe siècle sera celui de l’eau, qu’il s’agisse de sa qualité ou de sa quantité ». Selon les Nations Unies, « 31 pays font actuellement face à des pénuries d’eau; plus d’un milliard de personnes n’ont pas accès à une eau potable ». Des spécialistes prévoient une rareté affolante de l’eau pour les deux tiers de la population mondiale vers les années 2025 si rien n’est fait d’ici là…
« Il n’existe pas d’endroit sur terre où l’humain puisse être à l’abri de la crise de l’eau », pas même le Québec qui possède à lui seul 3% des réserves mondiales en eau douce grâce à un trésor hydrique comptant au-delà d’un demi-million de lacs, plus de 4 500 rivières, sans parler du plus important fleuve en Amérique du Nord qui alimente à lui seul près de 50% de la population (3 millions de personnes dans une centaine de municipalités riveraines). Pour employer une comparaison très pertinente par les temps qui courent, nous serons un nouvel espace Irak convoité…
Il est fini ce temps où l’eau qui coulait de nos robinets était tenue pour acquise et inépuisable. Tout en détenant le droit d’en faire usage, nous devrons également apprendre à en faire un bon usage. Il semble que chaque Québécois utilise en moyenne 400 litres d’eau par jour et, selon le journaliste Louis-Gilles Francoeur, les Québécois arrivent bon deuxième au palmarès mondial des utilisateurs, tout juste derrière les Américains (425 l). La consommation grimpe évidemment en été, de l’ordre de 50%, « à cause de l’arrosage des pelouses, du lavage des voitures et du remplissage des piscines ».
Rôle des municipalités
Suite à la publication de la Politique nationale de l’eau, intitulée L’eau, La vie, L’avenir, « chaque municipalité devra élaborer, d’ici 2007, un plan d’intervention qui comprendra un inventaire de ses réseaux, un diagnostic de leur état… Chaque municipalité devra connaître le coût de l’eau qu’elle traite et qu’elle livre à ses citoyens ». Elles devront par ailleurs « participer à une nouvelle stratégie nationale de conservation de l’eau qui visera, d’ici 10 ans, à réduire de 20% la consommation moyenne d’eau par personne ». Même au Québec, territoire relativement peu populeux mais qui est riche en eau, les réserves baissent; « la capacité de renouvellement de la ressource n’est pas illimitée alors que le volume des eaux usées ne cesse d’augmenter ».
Nous devrons apprendre à économiser l’eau, à réduire nos besoins, à protéger nos écosystèmes.
Dans un document qu’elle distribuait au public lors de la dernière Explosion commerciale, la Ville de Disraeli révèle que la consommation quotidienne moyenne de ses habitants s’élève présentement à 715 litres (158 g), ce qui est très nettement supérieur aux compilations nationales. Les coûts engendrés par ce débit s’élève à 80.74$ par usager et à 217 800$ pour la collectivité. 65% du volume d’eau sert à la chasse d’eau de la toilette, l’arrosage des pelouses, le lavage des autos et le remplissage des piscines, alors que le reste (35%) concourt à l’alimentation, à la lessive et aux divers soins de propreté.
Des chiffres ahurissants qui ne manquent pas de faire réfléchir et qui conduiront, qu’on le veuille ou pas, à des mesures d’économie ou… de rationnement si nécessaire! La tendance à la consommation disciplinée est lourde et irréversible. Il suffit de penser à la Ville de Sherbrooke qui vient tout récemment d’interdire le lavage des entrées de maison et des trottoirs.