Depuis quelques années, de grands fabricants de pesticides étendent leur champ d’activité à la production de semences transgéniques. Le but : produire des semences dotées de caractéristiques recherchées par l’industrie agroalimentaire afin de maximiser les profits.
Cependant, tous ces chambardements de l’agriculture ne sont pas sans conséquences. C’est en 1995 que les cultures transgéniques ont été autorisées au Canada et depuis, les variétés naturelles se voient de plus en plus menacées par l’envahissement des plantes génétiquement modifiées qui met en péril la biodiversité, pourtant fondamentale à l’équilibre de la vie.
L’Association des biologistes du Québec confirme que les techniques actuelles de transfert de gènes sont parfois sujettes à erreur. Cela signifie que des effets de mutation différents de ceux recherchés pourraient apparaître. Par exemple, en voulant améliorer une propriété nutritive d’un aliment, on pourrait plutôt obtenir une propriété allergène ou cancérigène.
Présentement, on se sert de la consommation à grande échelle des OGM, cachés dans la plupart des aliments que nous mangeons, pour en évaluer les effets. En d’autres termes, on utilise la population comme cobaye dans une expérience dont on ne saurait prévoir l’issue. Qu’arriverait-il si l’on découvrait une propriété nocive dans un OGM déjà présent dans l’environnement? On en interdirait désormais l’utilisation, mais que pourrait-on faire de ceux qui sont déjà dispersés à tout vent? On sait aujourd’hui que l’on retrouve du pollen de plantes tropicales jusqu’en Antarctique. À la suite d’une mutation accidentelle, il pourrait s’ensuivre une propagation de plantes indésirables, voire même dangereuses, sur l’ensemble de la planète.
Nul ne peut affirmer avec certitude que les cultures transgéniques et leur prolifération ne pose aucun problème tant pour l’environnement que pour la sécurité alimentaire et la santé des populations du monde entier. Dans ce contexte, il est inconcevable qu’aucun contrôle n’ait été établi à ce jour pour encadrer cette nouvelle industrie. Il est à mon avis primordial que nos gouvernements assument leurs responsabilités en la matière et que des institutions publiques indépendantes soient enfin créées pour assurer une réglementation et un contrôle adéquats dans ce domaine.
La science a toujours occupé une grande place dans l’évolution de l’humanité et on se doit de continuer à promouvoir son développement. Mais lorsque ses responsabilités sont occultées à des strictes fins économiques ou pour accroître les profits d’une multinationale au détriment de l’écosystème terrestre et de la santé humaine, nous devons réagir vivement puisque notre avenir et celui de nos enfants en dépend directement. À une époque où elle accomplit des pas de géants, la science doit conserver et même affermir son sens éthique dans tous les domaines, y compris celui de la biotechnologie.
Christan Baillargeon - St-Romain