Pour certains, écrire devient rapidement une expérience cauchemardesque tant les difficultés sont multiples tandis que, pour d’autres, l’exercice de l’écriture procure une sensation de bonheur exceptionnelle qu’il faut retrouver ou prolonger.
C’est manifestement le cas de M. André Jacques qui vient de publier un deuxième roman policier aux éditions Québec Amérique et titré La Commanderie. Sa première œuvre ayant pour nom Les Lions rampants fut publiée en 2000 avec un tirage de 1500 copies, ce qui se révèle comme excellent eu égard au petit marché québécois.
M. Jacques est natif de Beaulac-Garthby. Après avoir complété son cours classique au Séminaire de Sherbrooke, il obtient une licence en lettres de l’Université Laval. L’année suivante, il devient maître en lettres à l’Université française d’Aix-en-Provence. Puis il débute sa carrière d’enseignant au CEGEP de Thetford, évidemment en français, arts et lettres. En 1974, il fera sa scolarité de doctorat à Paris, puis reviendra à Thetford pour enseigner jusqu’au moment de sa retraite en 2003.
« Ma mère lisait beaucoup et, dans le contexte de l’époque, la lecture était une récompense », avoue l’auteur qui dévore encore en moyenne un bon livre par semaine. « J’ai vraiment fait ce que j’avais envie de faire » ajoute-t-il. « Je n’ai jamais regretté ». C’est d’ailleurs ce qui motive la dédicace de son dernier volume aux quelque sept mille jeunes qu’il a enrichis de son savoir et qui l’ont inversement renforcé dans sa passion. « L’univers des lettres au niveau collégial est intéressant ».
« Écrire est un exercice profondément emballant, à la fois excitant et épuisant… Tu pisses l’adrénaline », dit l’écrivain qui s’interdit alors de rédiger le soir afin de pouvoir dormir. « Il faut créer un monde, un décor, des personnages et une intrigue », le tout dans une structure ou un plan. Ses propos indiquent que la réalisation d’une œuvre littéraire tel un roman exige une méthode de travail, une discipline, de l’acharnement, énormément de recherche, et beaucoup d’imagination.
En réponse à une question, M. Jacques avoue que l’œuvre d’Émile Zola ainsi que celle de Victor Hugo l’ont beaucoup influencé. Dans les auteurs récents, il déclare sa prédilection pour Éco et Barcelot entre autres tout en signalant au passage la beauté de l’œuvre de Gabrielle Roy. Présentement, il lit de front quatre bouquins dont un de l’écossais Rankin et l’autre du québécois Pelletier.
Dans La Commanderie, on reconnaît quelques personnages du premier roman policier dont le central, l’antiquaire Alexandre Jobin, officier retraité des services de renseignement de l’armée canadienne. Embauché par une vieille et riche héritière afin d’évaluer des toiles, l’ex-militaire sera malgré lui investi d’une seconde mission périlleuse consistant à retrouver la trace outre-mer de la petite-fille de la richissime commanditaire. Selon son auteur, la qualité de ce polar réside dans son action intelligente et rythmée, dynamique, et très cinématographique par les nombreuses images présentées au lecteur. Selon des lecteurs qui ont parcouru La Commanderie, c’est un bon livre de détente qui, une fois entrepris, ne lasse d’être terminé tant la curiosité suscitée par le développement du l’intrigue est aiguisée.
M. Jacques révèle enfin qu’un troisième roman est déjà à l’état d’ébauche. Il impliquera à nouveau l’énigmatique figure de l’antiquaire Alexandre Jobin aux prises avec une filière chinoise et certaines subtilités dangereuses que cette culture peut receler dans des affaires louches… Considérant l’accueil croissant réservé à ses œuvres, il est permis à André Jacques d’espérer un nouveau succès.