Page éditoriale ( édition du 28 octobre 2004 ) :

Commentaire:
Shermag Ouf... !
Jean-Denis Grimard
Toute la communauté a poussé un profond soupir de soulagement à l’annonce de la réouverture de l’usine Shermag de Disraeli laquelle donnait de l’emploi à plus de deux cents travailleurs lors du lock-out survenu le 26 avril dernier. Déjà sérieusement éprouvé par les problèmes découlant de la mise en marché de l’amiante chrysotile et par un autre conflit de travail qui semble vouloir perdurer à Lambton, le monde de l’emploi et l’économie locale auraient difficilement encaissé cette fermeture. La traversée du désert s’annonçait périlleuse. Les affaires baissaient et des mesures de rationnement avaient fait leur apparition dans des familles.

Ce retour au travail à la suite d’un vote serré s’étant déroulé dans une atmosphère tendue est une affaire de bon sens ou de jugement. Dans le cadre d’une négociation, il n’y a pas que les positions qui puissent changer ; il y a également les enjeux et les contextes lesquels ne peuvent être avec précision prévus au début d’un conflit d’une durée de cinq mois que personne ne croyait d’ailleurs possible. Reviser sa position sous un éclairage nouveau est un signe de sagesse et de clairvoyance ; ne pas le faire relève plutôt de l’entêtement ou de l’inconscience. Entre deux maux, il faut choisir le moindre et c’est vraisemblablement ce qu’ont fait les travailleurs en privilégiant le maintien de leur emploi plutôt que le respect intégral du principe de l’ancienneté auquel ils tenaient tant au départ.

Vu de l’extérieur, les deux parties n’ont pas péché par excès de communication. Il est vrai que, dans le cadre d’un conflit de travail, on se retrouve dans la haute stratégie parsemée de demi-vérités, de silences, de soupçons, de procès d’intention, etc, mais il y eut des mois d’attente sans rencontres directes entre la haute direction et les représentants syndicaux. Il y eut des mois sans assemblée générale des syndiqués afin d’informer et d’échanger avec tout le monde de manière univoque, ce qui a le mérite de faire le point, d’éviter les fractionnements et de calmer les inquiétudes. Pour sa part, la compagnie fut avare dans son information tout en demeurant éloignée et finalement inaccessible pour les gens du coin. La compagnie a avoué avoir échoué dans son explication relative à l’impérieux besoin de flexibilité quant à l’affectation sur les lignes de production. Un membre de l’équipe de négociation syndicale affirmait que le langage patronal différait selon qu’il était tenu à la table de négociation ou qu’il s’adressait à la presse.

Par ailleurs, la mondialisation obligera la révision par les travailleurs de certaines clauses de leurs conventions collectives jugées jusqu’alors sacrées et intouchables. Il faudra rechercher un nouvel équilibre dans des concepts mieux adaptés à la nouvelle réalité du monde décloisonné du travail. Il faudra une collaboration quotidienne étroite basée sur la confiance mutuelle entre employés et patrons pour réagir adéquatement aux nouvelles agressions sauvages d’un marché mondial. Dans ce sens, le modèle de Cascades, le seul employeur québécois classé parmi les cent meilleurs de sa catégorie au Canada grâce à son respect des employés et sa politique de partage, pourrait inspirer la culture organisationnelle de Shermag qui en tirerait un grand bénéfice pour restaurer un sentiment d’appartenance et de reconnaissance chez ses employés blessés par son attitude.

Il faut enfin louer l’initiative qui a mené à la formation d’un comité local réunissant le député fédéral, le maire, et des représentants d’associations. Sans avoir été directement déterminant dans le règlement, les quelques démarches tardives effectuées par ses membres auront eu le mérite d’illustrer la dimension sociale du conflit et d’exprimer l’inquiétude du milieu auprès de la direction de Shermag.

Profitons de ce retour dans des conditions difficiles pour rétablir les ponts, construire des liens solides, étroits et respectueux, lesquels seront susceptibles de nous épargner une autre crise dans le futur.




Commentaire :
Colloque international sur les maisons familiales rurales
Gérard Declerck
La création des MFR de Saint-Romain et de Lac-Mégantic a suscité beaucoup d’intérêts, non seulement dans les autres régions de la province, mais plus encore sur l’ensemble du Canada.

En effet partout dans le monde, la ruralité affirme son dynamisme et surtout sa volonté de devenir le point de passage obligatoire de l’économie mondiale. La ruralité n’est plus l’image représentée par l’«Angelus de Millet»; elle est celle par laquelle s’instaurera la paix universelle.

Non seulement par les liens de fraternité qui relient ses composantes et les peuples qui en dépendent, mais par une meilleure adéquation entre les moyens de production et les besoins qui à terme tendront à l’équilibre nutritionnel indispensable à la survie et au bien-être des populations de notre belle planète.

Le monde rural a souffert et souffre encore du manque de coordination dans la planification des objectifs. Heureusement la volonté, la pugnacité et les moyens de communication d’aujourd’hui ont permis à des passionnés, voire des visionnaires, comme les créateurs de MFR Québec, d’introduire en Amérique du Nord le concept imaginé en 1935 et crée 1937 en France à Lauzun, et aujourd’hui développé à près de six cents exemplaires dans le monde dont au Québec les MFR de Saint-Romain et de Lac-Mégantic et des projets nombreux tant dans la province que sur le territoire canadien.

Il faut rappeler qu’à l’origine, les maisons familiales rurales avaient pour but d’assurer la pérennité des exploitations agricoles, en intégrant les successeurs dans un cycle de formation basée sur l’alternance. Aujourd’hui, si le processus est identique, les objectifs se diversifient tout en restant ancrés dans la valorisation du patrimoine rural. La vocation d’une MFR s’inscrit donc dans une voie de complémentarité au système traditionnel d’éducation en offrant, en plus de sa proximité, une seconde chance aux décrocheurs plus attirés par la pratique en alternance que par l’enseignement magistral de réussir autrement.

Le colloque international de Lac-Mégantic, regroupant une soixantaine de spécialistes québécois et français ainsi que de nombreux participants du Québec, de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick, apporte une réponse positive à la création d’un réseau de MFR en Amérique du Nord. Mais surtout, il démontre une synergie évidente et une volonté de symbiose permettant aux générations montantes d’échanger et de concevoir l’avenir des campagnes, où qu’elles se trouvent dans le monde.



Lettre ouverte :
Les comptoirs familiaux et friperies
J’ai souvent été chez vous pour habiller mes enfants quand ils étaient petits. Aujourd’hui, nous donnons nos vêtements pour aider notre prochain, mais vous les revendez à des prix non raisonnables. Vous devriez mettre vos articles à partir de 0,10 cents à 1,50 $. Maintenant, on magasine chez-vous et avec 20 $, on en ressort avec seulement 2 vêtements. Dans notre temps, en rentrant chez vous, vous nous donniez un gros sac de poubelle vert rempli de vêtements pour 10 $. On pouvait alors habiller quatre à cinq enfants.

Le but de ma lettre est de dire mon mécontentement face à vos prix. Arrêter de dire :
« Aidez- nous en nous donnant des articles (ex. : sofa, linge, vaisselle, etc.) pour aider les pauvres»
quand vous les revendez trop cher. Les magasins à 1 $, c’est du neuf.

Maintenant, à la place d’envoyer mes objets, je les donne sans avoir un sou en retour.

Quand les comptoirs familiaux ont trop de linge, ils l’envoient aux friperies. J’ai travaillé dans des comptoirs familiaux et des friperies pendant un an.

Christine Young
Nicole Perron
Coleraine


 
Village global
À l'aube de son 6.4 milliardième habitant, atteint le jeudi 7 octobre 2004, le monde est désormais un village global. Si ce monde était un village composé de 100 habitants, il y aurait : 59 asiatiques, 14 africains, 14 américains,13 européens.

Il y aurait également 51 femmes, et 49 hommes. On compterait 50 enfants de moins de 15 ans. 20 personnes (uniquement des hommes), possèderaient 80% du village et de ses richesses. 1 femme seulement possèderait sa propre terre. Entre 5 et 6 femmes auraient subi un viol. 42 personnes ne boiraient jamais d'eau potable.

50 personnes vivraient au sein même du petit village, 50 autres seraient éparpillées aux alentours. 33 habitants vivraient une situation de conflit armé, dont 23 seraient des femmes. 5 enfants travailleraient dans des conditions d'esclavage et 1 petite fille serait employée de maison sans être rémunérée.

60 personnes sauraient lire, écrire et compter. 40 seraient des hommes. 50 habitants pourraient avoir accès aux soins de santé. 8 personnes auraient accès à un ordinateur, dont 6 connectés à un réseau de type internet. 1 personne serait considérée comme riche, c'est à dire possédant plus de richesses que nécessaire pour assouvir ses propres besoins et ceux de sa famille. Elle possèderait à elle seule 50% du village et de ses richesses.

La bibliothèque du village ne serait accessible qu'à 24 personnes, aux autres, elle serait interdite. L'électricité serait coupée environ 50% du temps, faute de moyens. 30 personnes gaspilleraient 90% des ressources naturelles et énergétiques du village.

Les chiffres peuvent ainsi s'étaler sur des pages et des pages. Ils permettent parfois de remettre en perspective chacun de nous sur notre planète, et de mesurer ce que nous sommes, nous les humains. Pour en savoir plus, consultez PopulationData.net




Lettre ouverte :
Fermeture de Shermag
Bonjour à tous,

Je me présente, Guy Naulleau, administrateur de compagnie à la retraite.

Sujet: Fermeture de SHERMAG.

Solution :

a) Association des 250 employés

b) Évaluation de l'usine

c) Levée de fonds individuelle

d) Constitution d'une compagnie regroupant tous les employés volontaires

e) Élection du président directeur général

f) Constitution de l'exécutif

g) Constitution des structures ( approvisionnement, production, marketing, ..................distribution etc.)

h) Achat de l'usine SHERMAG

Tous les employés associés étant propriétaires de l'usine, répudient le syndicat. Cette initiative peut éviter la misère pour les employés et leur donner l'opportunité de développer leurs talents au sein de leur propre entreprise. Ils auront la fierté d'évoluer du rang d'ouvrier à celui de patron.

J'ai la conviction qu'il n'y a pas de limite aux ambitions des gens de bonne volonté. Je me ferai un plaisir d'aider bénévolement à la constitution de cette belle société.


Cordialement
Guy Naulleau, St-Fortunat



Le Cantonnier :
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lecantonnier.com entre bonnes mains !

Réal Jacques Valérien Dusseault

La qualité de la publication du journal Le Cantonnier repose sur celle de ses nombreux bénévoles. Il en est ainsi pour la mise à jour mensuelle du site web lecantonnier.com. laquelle est effectuée avec une régularité et une excellence réconfortantes par un formidable duo composé de MM Réal Jacques et Valérien Dusseault. Et ça ne traîne pas…Le fait que quatre-vingt-deux abonnés reçoivent automatiquement un avis de mise à jour par courriel illustre le beau travail qu'ils y effectuent. Félicitations à l'équipe ! Consultez le site lecantonnier.com



Le Cantonnier :
Gagnant du mois

Ghislain Bernier


Voici donc notre gagnant du mois d'octobre, M. Ghislain Bernier de Disraeli, qui se mérite un certificat cadeau d'une valeur de 20 $ à la Tabagie Karo située sur la rue Laurier à Disraeli. On y trouve de tout : que ce soit de la papeterie, articles scolaires, bibelots, livres, articles de bricolage, cartes de fêtes, billets de loterie, journaux... Félicitations M. Bernier.

.......................................................................................Photo : Danielle Noël



Recherche de photos historiques

La Société historique de Disraeli

est à la recherche de photos et documents

portant sur l’histoire de Disraeli et ses environs.

Les photos et textes seront retournés.

Tél. : 418-449-2688