Affaires Municipales (édition du 21 avril 2005)

Piste cyclable de Lambton – St-Romain
René Charest

Après plus de deux ans de préparation, le réseau cyclable de la région du lac Saint-François est fier d’annoncer que les travaux de réalisation d’une piste cyclable sillonnant les berges du lac Saint-François vont débuter sous peu. Ce projet qui s’insère dans un ensemble plus grand, soit la réalisation d’une piste cyclable permettant de faire le tour du lac Saint-François à vélo, est l’œuvre d’un comité de citoyens de Lambton et de Saint-Romain qui ont cru dès le départ à ce projet d’envergure.

Depuis 2003, plusieurs partenaires se sont greffés aux projets et ont permis d’amasser les fonds nécessaires pour débuter les travaux. La Caisse Populaire Desjardins du Granit et la municipalité de Lambton ont été les premiers partenaires à croire au projet et à y contribuer financièrement. Des subventions provenant du Pacte Rural – Réseau des Corridors Verts, de la SADC et du ministère des Affaires Municipales, ont aussi permis de grossir les coffres du projet.

Au début du mois de mai prochain, le réseau tiendra une conférence de presse à l’hôtel de ville de la municipalité de Lambton afin de dévoiler le parcours de ce projet et son plan de réalisation. Les travaux devraient débuter à la mi-mai

Mentionnons que ce projet présente beaucoup plus d’avantages que le simple fait de favoriser l’activité vélo. C’est un projet qui aura sans aucun doute des impacts positifs sur l’économie locale, entre autres, en contribuant à l’augmentation de revenus provenant de l’industrie touristique. L’activité vélo est en plein essor présentement au Québec et beaucoup de gens cherchent des endroits pittoresques pour pratiquer leur activité favorite. Ce projet aura certainement des retombées notables pour les gîtes, motels, restaurants, dépanneurs, attraits touristiques et autres commerces des municipalités qui entourent le lac Saint-François.

Mentionnons enfin que l’organisation sera présente au prochain Salon de l’Industrie et du Commerce de Lambton et vous attend pour échanger et recueillir vos commentaires.



Stratford est secoué

Jean-Denis Grimard
Une quarantaine de citoyens de Stratford se sont déplacés dans la soirée du 4 avril dernier pour assister à la réunion du conseil municipal et lui faire comprendre leurs réticences face au dossier devenu épineux de construction de caserne pour les pompiers.

Ironie du sort, ce projet de construction de caserne qui traîne depuis quelques années aura enflammé la communauté. Une lettre circulaire, soussignée par deux échevins, Mme Denise Bergeron et M. Normand Hébert, enjoignant les contribuables à venir signer le registre afin d’obliger la tenue d’un référendum sur la question, n’aura en rien apaisé les appréhensions puisque 174 citoyens se sont présentés au bureau municipal alors qu’il n’en fallait que 104. Le contenu de cette missive laisse planer un doute quant à la collégialité des travaux du conseil et la transparence de ce dernier, et questionne l’ampleur de la construction.

Échanges

Toutefois, il ne faut pas être alarmiste quant à l’évolution du dossier si l’on se fie aux propos que se sont échangés les élus municipaux et les électeurs présents. Un consensus s’y est immédiatement dégagé quant à la nécessité de procéder à la construction d’une caserne devant regrouper et abriter les équipements du service qui sont actuellement stockés en trois endroits différents, ce qui a sans doute plu au chef de la brigade des pompiers volontaires, M. Benoît Boisvert. Selon ce dernier, «dans les conditions actuelles, les pompiers ne sont pas intéressés à continuer».

Deux facteurs semblent avoir ulcéré plusieurs contribuables ainsi que quelques conseillers dans la conduite de ce dossier. Il y a d’abord le règlement d’emprunt 997 annonçant un montant maximum de 400 000$ pour la réalisation de l’immeuble devant être érigé non loin du Domaine de la Sobriété, de l’autre côté de la route. En plus de trouver cette somme démesurée, plusieurs craignent un dépassement des coûts. «On signe un chèque en blanc, c’est ça qui choque …. Il s’agit de s’entendre sur un montant… On veut un projet clé en main».

Par ailleurs, on semble méconnaître les mécanismes qui régissent un avis de motion présenté au sein d’un conseil que l’on sait maintenant divisé, tant sur le fond (dimension et coûts) que sur la forme (consultation).

Avenir

Face au signal non équivoque lancé par les gens, le conseil municipal a pris la décision de ne pas aller en référendum sur le projet initial contesté et a adopté un nouvel avis de motion présenté par l’échevin responsable du service des incendies, M. Armand Bolduc, annonçant un nouveau règlement d’emprunt abrogeant le précédent. «Il y aura une soirée d’information là-dessus en présence du conseil et de l’architecte, à l’église», a promis le maire M. Gaétan Côté. «On a le choix d’avoir notre propre service d’incendie de qualité que le gouvernement rendra de toute façon obligatoire, ou on paye ailleurs», a-t-il précisé tout en exprimant son espoir que «la bâtisse se construise le plus vite possible», ce qui aura entre autres comme impact de mettre les propriétaires à l’abri des hausses vertigineuses de primes d’assurance.

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Photo : Jean-Denis Grimard

Les citoyens présents ont pu assister à une prise de position publique de chacun de leurs élus avec lesquels ils ont par la suite pu échanger sans emportement excessif.




États financiers municipaux
Jean-Denis Grimard


À ce stade de l’année, les municipalités procèdent à l’adoption de leurs états financiers vérifiés pour l’année 2004. En cette année électorale, les résultats financiers peuvent avoir une influence sur l’humeur de certains électeurs. Voici des résultats en provenance de quelques corporations.

À Stratford, le dépôt du document fait état d’un surplus de 102 700$ pour le dernier exercice financier. Le surplus accumulé de la corporation se chiffre à 307 000$ dont une fraction de 205 500$ non affectée et la différence réservée à des prochains travaux de raccordements au secteur des aqueducs/égoûts/épuration.

À Disraeli, les états financiers révèlent également un surplus budgétaire de l’ordre de 198 770$ et un surplus accumulé se chiffrant à 478 016$. Pour une troisième année consécutive, la municipalité clôt ses opérations avec un excédent de revenus. L’occasion était trop belle pour le maire qui en a profité pour lancer une flèche à ses détracteurs l’accusant d’une mauvaise administration des affaires publiques.

Lambton ne fait pas exception avec des états financiers vérifiés faisant état d’un surplus de 124 731$ après avoir affecté une somme de 22 893$ en provenance du surplus accumulé. La dette à long terme de cette municipalité se chiffre à 771 985$.

À Beaulac-Garthby, les états financiers concluent à un surplus avant affectation de l’ordre de 53 455$ et à surplus de l’exercice après affectation au montant de 101 760$. Le maire M. Jean Binette explique qu’une économie locale active, plusieurs transactions ainsi qu’une hausse de la valeur foncière, ont favorisé l’excédent des revenus.

À Saint-Joseph-de-Coleraine, les états financiers déclarent également un excédent de l’ordre de 119 261$. Le surplus accumulé de la corporation totalise 172 284 $, soit environ 8 % du budget annuel. Toutefois, au bureau de la mairie, on indique que la municipalité devra être très conservatrice dans l’utilisation de ce surplus qui pourrait servir à combler une baisse importante des revenus survenue en début d’année 2005 et occasionnée par une réévaluation des propriétés minières du territoire, soit environ 150 000 $ (en taxe foncière et taxe d’affaires au moment d’écrire ces lignes).



Coupable

Jean-Denis Grimard

Le directeur général des élections du Québec, Me Marcel Blanchet, informe que Mme Francyne Gagné, secrétaire-trésorière de la municipalité de Disraeli, s’est reconnue coupable d’une infraction à la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités lors de l’audition qui a eu lieu le 14 mars dernier. En conséquence, cette dernière s’est vue imposer une amende de 250$ telle que prévue à l’article 644.1 de cette même loi.

On se rappellera que les événements à la source de cette affaire remontent au 1er mars 2004, jour de la signature d’un registre entourant un prochain règlement d’emprunt de 342 000$ de la part de la Ville afin de procéder à l’achat d’un camion-sableur et d’un tracteur articulé. Or, l’enquête a démontré que la secrétaire-trésorière qui agissait comme présidente d’élection a fait de la publicité manifestant son opposition à la tenue d’un scrutin référendaire, contrevenant ainsi à l’article 550 de la Loi sur les élections et les référendums municipaux qui stipule que «nul ne peut utiliser un signe manifestant son appui ou son opposition à la tenue d’un scrutin référendaire ou à une réponse affirmative ou négative à la question qui serait posée lors d’un tel scrutin, ni faire quelque autre forme de publicité au même effet». Dans les faits, Mme Gagné faisait passer individuellement les électeurs dans son bureau avant qu’ils puissent signer dans le registre, ce qui a soulevé l’ire de certains citoyens dont un qui a logé une plainte auprès du bureau du directeur général des élections. On connaît la suite.

En réponse à une question du Cantonnier, M. Clément Falardeau, agent d’information au bureau du Directeur général des élections, a révélé que, même s’il fut rendu par un juge de la Cour du Québec, chambre criminelle et pénale, ce verdict n’entraîne pas de dossier judiciaire et ne disqualifie d’aucune manière la contrevenante dans l’exercice de ses fonctions habituelles puisque la faute commise concerne la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités et non le code civil. En d’autres mots, la faute commise et sa conséquence sont du même ordre qu’un automobiliste sanctionné pour excès de vitesse ou pour un arrêt obligatoire non effectué.