Une quarantaine de citoyens de Stratford se sont déplacés dans la soirée du 4 avril dernier pour assister à la réunion du conseil municipal et lui faire comprendre leurs réticences face au dossier devenu épineux de construction de caserne pour les pompiers.
Ironie du sort, ce projet de construction de caserne qui traîne depuis quelques années aura enflammé la communauté. Une lettre circulaire, soussignée par deux échevins, Mme Denise Bergeron et M. Normand Hébert, enjoignant les contribuables à venir signer le registre afin d’obliger la tenue d’un référendum sur la question, n’aura en rien apaisé les appréhensions puisque 174 citoyens se sont présentés au bureau municipal alors qu’il n’en fallait que 104. Le contenu de cette missive laisse planer un doute quant à la collégialité des travaux du conseil et la transparence de ce dernier, et questionne l’ampleur de la construction.
Échanges
Toutefois, il ne faut pas être alarmiste quant à l’évolution du dossier si l’on se fie aux propos que se sont échangés les élus municipaux et les électeurs présents. Un consensus s’y est immédiatement dégagé quant à la nécessité de procéder à la construction d’une caserne devant regrouper et abriter les équipements du service qui sont actuellement stockés en trois endroits différents, ce qui a sans doute plu au chef de la brigade des pompiers volontaires, M. Benoît Boisvert. Selon ce dernier, «dans les conditions actuelles, les pompiers ne sont pas intéressés à continuer».
Deux facteurs semblent avoir ulcéré plusieurs contribuables ainsi que quelques conseillers dans la conduite de ce dossier. Il y a d’abord le règlement d’emprunt 997 annonçant un montant maximum de 400 000$ pour la réalisation de l’immeuble devant être érigé non loin du Domaine de la Sobriété, de l’autre côté de la route. En plus de trouver cette somme démesurée, plusieurs craignent un dépassement des coûts. «On signe un chèque en blanc, c’est ça qui choque …. Il s’agit de s’entendre sur un montant… On veut un projet clé en main».
Par ailleurs, on semble méconnaître les mécanismes qui régissent un avis de motion présenté au sein d’un conseil que l’on sait maintenant divisé, tant sur le fond (dimension et coûts) que sur la forme (consultation).
Avenir
Face au signal non équivoque lancé par les gens, le conseil municipal a pris la décision de ne pas aller en référendum sur le projet initial contesté et a adopté un nouvel avis de motion présenté par l’échevin responsable du service des incendies, M. Armand Bolduc, annonçant un nouveau règlement d’emprunt abrogeant le précédent. «Il y aura une soirée d’information là-dessus en présence du conseil et de l’architecte, à l’église», a promis le maire M. Gaétan Côté. «On a le choix d’avoir notre propre service d’incendie de qualité que le gouvernement rendra de toute façon obligatoire, ou on paye ailleurs», a-t-il précisé tout en exprimant son espoir que «la bâtisse se construise le plus vite possible», ce qui aura entre autres comme impact de mettre les propriétaires à l’abri des hausses vertigineuses de primes d’assurance.