Page éditoriale (édition du 24 février 2005) :

Commentaire :
L'effet papillon
Gilles Dufresne
C’est seulement en 2014 que deviendra renouvelable l’entente conclue entre la direction de l’usine Shermag de Disraeli et ses travailleurs syndiqués. De mémoire, ce serait là la plus longue durée enregistrée pour une convention collective au Québec. Peut-on croire que la compagnie s’engage à maintenir les emplois, les salaires et les bénéfices des travailleurs pour une durée de dix ans ? Ce serait rêver en couleurs. Cette projection de dix ans dans l’avenir n’est que de la poudre aux yeux dans la perspective de mondialisation de l’industrie à laquelle l’Amérique fait face actuellement, et ce à un rythme qui n’a pas fini de surprendre. C’est par contre la raison principale invoquée par les employeurs pour imposer ces conditions d’emploi. Nos emplois, nos produits, voire tout notre mode de vie sont menacés par la montée galopante de l’industrialisation dans ces pays jadis sous-développés situés aux confins de la terre.

À une certaine époque, des moyens concrets étaient disponibles pour contrôler ces menaces venues d’ailleurs : la conquête, le colonialisme, la conversion des âmes, le virus de la grippe, l’alcool, l’esclavagisme, la guerre sainte, le génocide ont tous eu leurs heures de popularité. Le dernier en date, la guerre dite préventive pour des motifs de sécurité nationale à laquelle on ajoute une pincée d’émancipation des droits de l’Homme, semble avoir épuisé aujourd’hui sa durée de vie utile et pourrait difficilement s’appliquer au problème qui nous préoccupe; il faut trouver autre chose.

C’est alors que Dame Nature nous ouvre une faille par où déverser notre influence sur le développement économique et les politiques nationales de ces pays, soit la catastrophe naturelle du « tsunami » qui a frappé tout le sud-est asiatique ce 26 décembre 2004.

Saviez-vous que la Californie possède un système de détection des séismes qui lui a permis de sauver des centaines de vies depuis son installation. Comment se fait-il que ce système n’ait pas été offert auparavant aux pays susceptibles d’être victimes d’un tsunami. Non, il a fallu attendre que la catastrophe arrive pour profiter alors de toute la médiatisation qu’elle a causé. L’impérialisme adopte des visages subtils.

Le séisme marin de 2004 en Asie du Sud-est (Indes, Vietnam, Indonésie) entrera sûrement dans l’histoire comme la première intervention humanitaire ayant suscité plus de ressources qu’il n’a été possible d’en utiliser. Alors que nous savons tous que plusieurs pays d’Afrique sont régulièrement en proie à la famine, à la déshydratation et à la maladie, et que l’aide humanitaire à ces nations se compte à la goutte avec des budgets de fonds de tiroir, comment comprendre l’engouement subit des généreux donateurs envers ces enviables producteurs de biens matériels que constituent les pays d’Asie en forte croissance. C’est là où l’humanitaire devient de l’infiltration : un bon moyen de prendre pied aux Indes en tant qu’irremplaçables voisins sur cette planète. Sage manœuvre! L’Asie n’utilise peut-être à peine que le dixième de sa capacité de production. Aussi bien dire qu’elle en est encore à son premier battement d’aile dans cette nouvelle donne que nous impose la mondialisation. L’effet n’a pas été long à se faire sentir et il prend la forme d’un tsunami pour nos pays dont le plateau de développement économique est atteint depuis longtemps.



Lettre ouverte :
Sournoise hausse de taxes à Coleraine

Présent lors de la présentation du budget 2005 de la municipalité de Coleraine le 21 décembre dernier, je remarquai qu’il y avait $136 000 de plus qu’en 2004 de prévus au chapitre des revenus provenant de la taxe foncière en même temps que l’on parlait de statu quo au niveau de la taxation, laissant également planer le spectre d’une dévaluation dans le secteur minier suite à la fermeture, pour une période indéterminée de la mine Lac d’Amiante. Avouez qu’il s’agissait d’une situation plutôt paradoxale.

Aussi, je profitai de la période de questions (assez restrictive depuis l’adoption du nouveau règlement à ce sujet) pour m’enquérir d’où provenait cette somme considérable pour me faire répondre que l’évaluation foncière (dépôt du nouveau rôle triennal équilibré 2005-2006-2007) avait subi une substantielle augmentation de plus de 12 000 000$. Donc à 1.11$ du 100$ d’évaluation, le compte y était. J’en profitai alors pour demander si cette hausse était généralisée ou si elle s’adressait à certains secteurs spécifiques, et c’est alors que l’on me répondit que les secteurs de la villégiature et celui des lots boisés étaient les plus touchés sans évidemment vouloir donner plus de précisions.

C’est pourquoi, quelques jours plus tard, je me rendis au bureau municipal pour connaître l’évaluation foncière de notre lot boisé. Une surprise de taille m’y attendait puisque son évaluation qui avait déjà augmenté lors du précédent rôle triennal effectif depuis 2002 (24 800$ à 29 500$) était passée à 47 100$, représentant une augmentation de près de 200$ au chapitre des taxes municipales (environ 30$ de plus pour les services de la S.Q. sont inclus dans ce montant). De plus, il faut ajouter que c’est cette même évaluation foncière qui servira de base aux calculs pour les taxes scolaires (compte que je recevrai en juillet prochain), ce qui, au taux maximal de 0.35$ du 100$ d’évaluation, entraînera une autre hausse importante, cette fois des taxes scolaires (environ 60$).

Finalement, si l’évaluation foncière se veut le reflet de la valeur réelle (valeur marchande) , l’on ne devrait que s’en réjouir en tant que propriétaire, mais là ou le bât blesse, c’est que, à mots couverts, l’on profite de cette hausse pour renflouer les coffres de la corporation sans apporter aucune amélioration aux services reçus, même que,dans le cas du secteur de Vimy Ridge, l’on tarde à prendre la décision de réparer la toiture du Chalet des Sports, décidant plutôt de le fermer…temporairement j’espère… sous prétexte qu’on n’a pas les argents nécessaires.

En définitive, même si l’on prétend que l’évaluation de la richesse foncière n’est pas du ressort de la municipalité mais de celui de la M RC, il faut par contre mentionner que c’est la municipalité qui a le privilège d’établir le taux d’imposition et que,comme dans le cas présent, en laissant le taux inchangé, elle se trouve à profiter de la situation d’une façon éhontée.

Merci de m’avoir lu,
Gilles Gosselin, contribuable



Le Cantonnier :
La gagnante du mois

Véronique Grimard

Dans le cadre du tirage du mois parmi les 482 membres du journal communautaire Le Cantonnier, le hasard a désigné Mme Véronique Grimard comme gagnante d’un certificat au montant de 20$ gracieuseté du restaurant Pizzaville de Disraeli réputé pour son excellente cuisine variée dont des mets grecs et italiens. Félicitations !



Lettre ouverte :
Prise de conscience de l'eau à Vimy Ridge
En décembre 2004, les résidents de Vimy Ridge ont appris que le Comité Industriel et commercial de Coleraine avait en marche un projet de captage d’eau souterraine et une implantation d’une usine d’eau, et cela même à Vimy Ridge pour fin commerciale, projet à l’étude depuis 2 ans.

Suite à cette prise de conscience, un comité de vigilance s’est formé pour prendre connaissance du dossier. On sait que, durant la période estivale, un manque d’eau occasionnel et fréquent incommode plusieurs citoyens à Vimy Ridge. De ce côté, il y aurait place à l’amélioration de l’actuel système vital à la survie des gens qui y vivent.

Un comité a été formé sous le nom de Comité pour la protection de l’eau potable, composé de sept membres et de cinq personnes-ressources. Depuis, plusieurs réunions d’information et d’études de dossiers de part et d’autre concernant cette dite usine. Le nouveau règlement 2003 du Ministère de l’Environnement a des règles et des normes très strictes et sécuritaires en matière de captage d’eau (Aquifer). On sait très bien que l’opération mécanique de ce type d’usine est très robotisée, donc requiert une main d’œuvre très peu nombreuse et hautement qualifiée en haute technologie.

Après des rencontres avec la communauté, beaucoup de questions restèrent sans réponse. Une interrogation constante et parfois très insécurisante pour un avenir assez rapproché concernant notre nappe phréatique. On apprend que ce type d’usine s’avère un commerce destiné non pas au Québec, non pas au Canada, mais au marché africain, asiatique et autres… À ce type d’interrogation, combien de milliers de gallons prendraient-ils par jour ? Est-ce que le captage d’eau assècherait le bassin actuel, nos puits et l’eau des municipalités environnantes ?

(…) Plusieurs citoyens optent pour un slogan sécurisant « si l’eau est bonne pour eux, elle doit être bonne pour nous ». Pourquoi ne pas améliorer le système en place pour une meilleure jouissance de la vie ? Le Comité pour la protection d’eau potable de Vimy Ridge et les citoyens résidents sont CONTRE le projet et cela très majoritairement.

À noter : qu’aucun assentiment contre le CDICC de notre Municipalité de Coleraine.

Joelle Rancourt et Normand Beaulieu
Vimy Ridge.



Lettre ouverte :
Loi sur la protection du Territoire agricole
Tout d’abord, je félicite M. Steven Laprise, maire de St-Jacques-Le-Majeur et j’abonde dans le même sens. Ce fut une loi mal faite, pas réfléchie, avec des fonctionnaires peu intéressés et avec aucun pouvoir.

Nous, nous sommes allés défendre notre cause, auprès du tribunal de la protection du Territoire agricole, pour un morceau de terrain un peu plus grand qu’un emplacement, un terrain zoné vert sur une terre de roches pas cultivable, sur lequel terrain il y aurait eu possibilité de bâtir une maison. Vous voulez connaître leur réponse : «Nous comprenons votre point de vue, mais la loi ne nous permet pas de l’accepter ; la seule chose que vous avez à faire est de vous adresser à votre député(e) que vous avez élu(e). Si toutes les personnes intéressées et les municipalités faisaient pression auprès de leur député(e) pour qu’ils amènent le gouvernement à un amendement de cette loi, alors nous pourrions rendre notre jugement en fonction de la nouvelle loi, sinon nous ne pouvons rien faire, c’est la loi!».

Comment un gouvernement peut-il justifier les salaires payés à autant de fonctionnaires qui n’ont aucun pouvoir de décision ? Tout ce qu’ils ont comme pouvoir est de dire après X démarches, c’est non, nous ne pouvons rien faire, c’est la LOI. Alors, qu’est-ce qu’ils font là ? Mais monsieur ou madame Tout le monde, comme d’habitude, en paie les frais par ses impôts.

Avec un amendement à cette loi, ce serait nécessaire de laisser la possibilité de discussion pour chaque cas selon le bon sens et la logique. Actuellement, nous n’avons aucune liberté d’expression et de décision ; c’est donc une dictature.

Monique Veilleux, 5755, route 263,
Lambton (QC) G0M 1H0