Page éditoriale (édition du 27 janvier 2005) :

Commentaire :
L'harmonie de Disraeli est en soi un cadeau
Jean-Denis Grimard
Plus d’un mois s’est déjà écoulé depuis la soirée de concert offert par l’Harmonie de Disraeli dans le riche environnement sacré de l’église Ste-Luce. Toutefois, le temps ne pourra effacer, dans la mémoire des quelque 450 personnes présentes, le souvenir d’une veillée remarquable laquelle, imprégnée de la rêverie et de la symbolique propres à la fête de Noël, a donné lieu à une prestation remarquable de la part des 32 musiciens de la formation.

Malgré parfois quelques hésitations explicables sans doute par la présence d’un grand auditoire attentif, ces musiciens talentueux, tous amateurs, ont fait preuve d’une unité et d’une puissance qui expliquent sans doute leur engagement dans ce groupe. La satisfaction et la camaraderie qu’ils y ressentent motivent sans doute les nombreuses heures de pratique nécessaires et le respect inconditionnel d’une discipline.

Le programme reflétait d’ailleurs leur plaisir et leur confiance. Qu’il suffise de mentionner qu’il contenait vingt pièces dont l’Ave Maria, le Jesus Joy of man’s desiring de Bach, un extrait du Messie de Haendel, et une finale éclatante avec la suite Casse Noisette. Le tout sous la direction musicale de Louise Marquis et Pierre Roberge, avec comme superbe appui ponctuel un excellent quatuor à voix.

Cette activité bénéfice a amassé la somme de 9 000$ sous la direction de M. Donat Grenier et la présidence d’honneur de M. Gaston Gagnon.

Ce 8e concert de l’Harmonie de Disraeli aura été un cadeau d’humanité, fruit de l’exploit d’une cohésion réalisée par de simples gens de nos communautés transportés par une passion.



Lambton :
Les gens de mémoire
Gérard Declerck

Madeleine GagnonJe viens de faire connaissance avec Mademoiselle Madeleine Gagnon et croyez-moi cette vie consacrée au seul bonheur des autres méritait, et même plus, toute la reconnaissance que lui prodiguent sa famille, ses amis et ses concitoyens des environs et d’ailleurs.

Certes jusqu’il y a peu je la croisais. Petite bonne femme très digne, trottinant d’un pas alerte, emmitouflée dans les bourrasques, la joie de vivre illuminant constamment son visage de personnage décidé, elle vaquait à ses affaires de tous les jours dans son quartier proche de la Fabrique de Lambton.

Je la rencontrais presque chaque jour, je ne pouvais l’ignorer, mais ne la connaissais pas. Comment imaginer ce personnage très digne, discret, partie essentielle de la mémoire locale. Comment l’imaginer ayant vu le jour un certain mardi 20 février 1906. Et pourtant, Madeleine est née au début du siècle dernier, de Méléda Morin et d’Adolphe Gagnon, Architecte/Constructeur d’une multitude d’édifices et, dans la maison que le grand’père a construite à Lambton sur la rue principale, lieu actuel d’implantation du Salon Funéraire Jacques. Elle sera l’aînée d’une famille de douze enfants composée de dix filles et deux garçons.

La famille s’agrandit rapidement et, comme c’est la tradition, Madeleine s’occupe de ses frères et sœurs. En 1928 elle part quelques mois pour Lewistown dans le Maine, où hébergée chez sa grand’mère maternelle, elle fait un stage pour y apprendre le métier de coiffeuse.

De retour dans son village natal, elle y crée son salon de coiffure. Mais le pli est pris. Ainsi en 1930 elle part pour Québec où elle exerce son métier chez un coiffeur franco-espagnol. Elle rejoint sa famille lors du décès de son père en 1943 et pratique à nouveau son métier. Pendant ce temps, elle cherche à améliorer ses contacts et ainsi projette d’apprendre l’anglais. L’argent manque, ce qui la contraint à abandonner son objectif. Jusqu’à ce que sa sœur Colette, installée en Ontario, lui propose, en 1947 un emploi de gouvernante dans la Famille Mazzoléni dont le père est l’adjoint de Sir MacMillan directeur du Conservatoire Royal de Toronto et où il y a deux fillettes Andréa âgée de 9 ans et Clare 15 mois. Vers 1950 la maman des petites décède et Madeleine assume la tâche délicate d’aider les enfants à construire leur vie.

En 1956, elle est de retour à Lambton afin de s’occuper de sa mère qui décédera en 1975 et ensuite prendre en charge des actions bénévoles en faveur des plus démunis, des familles nombreuses et des personnes âgées.

Toujours en 1956 la seconde maison familiale implantée derrière la Caisse est rasée, lors de l’incendie qui ravage l’Hôtel National. Celle-ci est reconstruire en 1959 et occupée par Madeleine jusqu’en 2003, année où elle décide de se reposer en s’installant dans une maison adaptée mais surtout sécurisante. Ce qui fait qu’aujourd’hui, à la veille de ses 99 ans, elle réside à l’Amitié de Saint-Sébastien

Ce qui est remarquable c’est que les relations avec la famille Mazzoléni sont loin d’être rompues, puisque pendant de nombreuses années Madeleine l’accueille au chalet lors des vacances estivales. Et aujourd’hui, près de 40 ans après, Andréa et Clare rendent chaque année visite à celle qui fut leur mère durant toutes ces années.

Alors merci Madeleine, merci de vous être confiée, merci de partager avec les lecteurs du Cantonnier tous ces souvenirs, merci de votre mémoire. Veuillez accepter de tous, les vœux les plus sincères pour vos 99 ans. Sachez que nous serons à vos côtés pour fêter avec vous ce siècle de sacrifices et de bonheurs partagés que vous avez traversé avec simplicité, courage et une vigueur exceptionnelle.



Le Cantonnier :
Le gagnant du mois
Le membre gagnant du mois de janvier 2005 est M. Christian « Moon » Goulet qui devra se déplacer pour aller acheter pour une valeur de 20 $ chez Cyr TV Électronique situé au centre ville de Disraeli sur la rue Laurier. Vous y trouverez des appareils électroniques en tous genres et accessoires. Félicitations !



Lettre :
Réponse à la lettre "Incroyable"
Suite à la lecture d'une lettre ouverte parue dans votre quotidien, j'aimerais rectifier certaines informations transmises par M. José Sadoine.

Dans la lettre de l’édition du 25 novembre 2004, l’auteur faisait allusion à des montants d’argent dont bénéficieraient les réfugiés parrainés par le gouvernement canadien. J’aimerais rectifier certaines allégations car les inexactitudes qui y sont relevées faussent l’image et la perception que nous avons vis-à-vis des personnes réfugiées au Québec. Il est important de promouvoir la connaissance et la compréhension du droit international humanitaire (DIH). On peut ainsi créer un environnement qui est favorable à son application. Plus le DIH constitue un mode de vie, plus il devient facile de convaincre les gens d’agir humainement en tout lieu et dans toutes les situations. » explique le Comité International de la Croix Rouge (CICR)

Le réfugié est celui qui, souvent à cause de conflits armés dans son pays, fait une demande de résidence permanente auprès de l’ambassade canadienne car sa vie est menacée dans son pays d’origine. Ces gens arrivent au Canada sans rien d’autre que leur vie dans leur bagages. Il est faux de prétendre que les personnes réfugiées ont accès à des montants d’argent plus élevés que nos concitoyens de souche. De plus, il est important selon moi de souligner que tout réfugié parrainé par le gouvernement canadien reçoit un PRÊT REMBOURSABLE (et non un don!) sans intérêt pour les trois premières années de résidence qui couvre les frais d’avion et de transport du pays d’origine jusqu’au Canada. Dès l’arrivée du réfugié en sol canadien, ce dernier doit entreprendre le remboursement de sa dette. Le seul facteur facilitant est que le remboursement de la dette est exempt d’intérêt pour une période maximale de 3 ans. Après ce délai, le gouvernement canadien charge les intérêts en vigueur au pays.

Je trouve déplorable que l’on véhicule de telles faussetés sans avoir pris un moment pour se renseigner adéquatement auprès de autorités compétentes en la matière. De plus, que l’on utilise la clientèle réfugiée comme cible me peine énormément car le parcours de ces gens force mon admiration, souvenez-vous que bien peu d’entre nous seraient capable de traverser ce processus si douloureux!!!

En outre, selon l’Institut Économique de Montréal (IEDM) « une autre question importante concerne la prétendue dépendance des immigrants à l’égard des programmes d’assistance sociale. Beaucoup de gens ont le sentiment que les immigrants se prévalent de ces programmes davantage que les Canadiens d’origine. Les statistiques indiquent pourtant que seulement 12,5% des immigrants arrivés au pays entre 1981 et 1986 ont touché de telles prestations sociales, comparativement à 13,8% des Canadiens d’origine. Parmi ceux qui sont arrivés au Canada entre 1976 et 1980, 6,7% touchaient des prestations d’assistance sociale. Il semble bien que plus ils demeurent longtemps au Canada, moins les immigrants sollicitent cette assistance. Ces statistiques démentent donc les idées reçues. Seule une faible fraction des immigrants touche des prestations d’assistance sociale, et cette fraction n’est certainement pas plus grande que parmi les Canadiens d’origine. »

Au contraire, nous devons considérer l’immigration comme une source de revenu très rentable pour le pays si l’on considère qu’une famille d’immigrants indépendants composée de 2 adultes, 2 enfants doivent acquitter des frais de 840$ pour le volet provincial et de 3350$ pour le volet fédéral et ce, seulement pour l’étude de leur dossier. De plus, ces mêmes personnes indépendantes ne sont pas admissibles à l’aide de dernier recours pendant une période maximale de 3 mois en plus d’être soumis à un délai de carence de 3 mois pour les soins de santé! Il m’apparaît paradoxal de lire une lettre comme celle acheminée par monsieur Sadoine compte-tenu des enjeux démographiques majeurs auxquelles nous aurons à faire face dans les années à venir! Je vous invite monsieur Sadoine à faire une petite recherche auprès du Ministère des Relations avec les Citoyens et de l’Immigration (MRCI) ou encore de Citoyenneté et Immigration Canada (CIC) pour savoir quelles sont les retombées économiques rattachées à l’immigration. Vous risquez d’avoir d’agréables surprises qui je l’espère, vous feront changer d’idée sur ce qu’est l’immigration tant au Québec qu’au Canada.

En terminant, je souhaite que la prochaine fois, les gens auront le réflexe de bien se renseigner avant de publier de telles inexactitudes.

Guylaine Dodier, Directrice
Service d’Accueil des Nouveaux Arrivants région Lac-Mégantic
Lac-Mégantic (Québec)
sana@axion.ca