Il était utopique de croire que les travaux reconfigurant le centre-ville de Disraeli fassent l’unanimité. Dès le début du chantier, la critique ainsi que le mécontentement n’ont pas tardé à se manifester à l’Hôtel de Ville lors de la dernière assemblée régulière publique du conseil municipal.
Quelques citoyens ont voulu remettre en question la validité du projet, mais le maire a coupé court à toute velléité de débat sur ce sujet au motif que les discussions l’ayant entouré avaient nécessairement eu lieu lors des comités de travail et de consultation qui avaient précédé la réunion finale du 11 avril où une dizaine d’intervenants, réunis sous l’égide de la Chambre de Commerce, s’étaient ralliés au plan préparé par la Société d’horticulture et d’écologie. Il n’y avait alors qu’un pas à franchir pour accuser le processus de consultation.
Le bien-fondé de l’opération cosmétique du centre-ville ne fut toutefois jamais remis en question par ces contribuables. Ce n’est pas tant la résistance appréhendée aux nombreux changements d’habitudes que la définition même du remodelage qui suscite des doutes.
Deux constats se dégagent des réactions. D’abord, selon leurs prétentions, la fluidité de la circulation est sérieusement compromise par la création de la bande médiane qui réduit une surface de rue déjà étroite et occupée par des aires de stationnement en angle desquelles il sera difficile de sortir si on possède un véhicule ou une camionnette de dimension supérieure. Inutile d’envisager la présence confortable de gros véhicules récréatifs ou de promenade, encore moins ceux de transport dits lourds pour des livraisons.
En second lieu, le processus de consultation utilisé dans ce dossier semble, à leurs yeux, s’être limité à quelques membres de la Société d’horticulture et d’écologie ainsi que de la Chambre de Commerce, notamment les commerçants faisant affaire sur la rue Laurier. Or, même certains de ces derniers affichent un désaccord qui ne semble pas s’être exprimé lors des travaux préparatoires. Il eut fallu, selon eux, impliquer la population en général dans l’analyse et la confection de cette opération.
Assiste-t-on à une nouvelle interférence de gérants d’estrade ou s’agit-il effectivement de remarques pertinentes critiquant une consultation insuffisamment élargie ayant permis de retenir un projet dont certains éléments apparaissent à certains incongrus?
Toujours est-il que, ayant en main une résolution confirmant un accord, le conseil municipal a procédé rapidement dans cette affaire avant que la vague touristique estivale déferle. Décidément, rien ne semble facile pour tous ceux et celles qui s’investissent dans l’amélioration du milieu !