On entend de plus en plus M. Laurent Pellerin, président de l’UPA, et les autres défenseurs de l’agriculture industrielle exiger un nouveau contrat social. Les raisons qui motivent ces gens à crier si haut si fort sont nombreuses mais tournent toutes autour d’une seule chose, l’argent: un revenu agricole qu’ils disent à la baisse, des taxes municipales de plus en plus élevées, des exigences agroenvironnementales toujours plus onéreuses et contraignantes, des lois qui restreignent la capacité des fermes à grossir et se développer, etc. Ironiquement, dans ce discours, on évacue complètement les animaux et les plantes, pourtant la base de l’agriculture.
Concernant la soi disant crise du revenu agricole que subissent les agriculteurs industriels, il semble que l’UPA, qui comme monopole syndical a jusqu’à ce jour contrôlé l’information donnée aux gens de la presse, ne nous dise pas tout et pas exactement. Surtout si l’on en juge avec l’information que la Coalition citoyenne et l’Union paysanne, entre autres, mettent désormais à la disposition des médias et de tous les citoyens(nes).
La pratique de l’agriculture industrielle réclame continuellement des surfaces de plus en plus grandes pour faire, à moindre coût, un produit bas de gamme et épandre les déjections animales. Et maintenant, les agriculteurs productivistes trouvent que le montant des taxes municipales à assumer est trop élevé. Pourtant, cette année, ce montant est remboursé à 85 % par l’ensemble des citoyens(nes) du Québec. Ces agriculteurs veulent encore d’autres avantages fiscaux. C’est comme si un propriétaire de PME demandait au gouvernement une exemption de taxes pour l’agrandissement rendu nécessaire du local dans lequel il manufacture son produit.
On exige de plus en plus de mesures agroenvironnementales de la part des agriculteurs industriels (haies brise vent, bilan phosphore, PAEF, sauvegarde des berges, etc. Toutes des mesures subventionnées encore une fois par l’ensemble des citoyens(nes) et l’on doit régir la grosseur des entreprises agricoles. Il est étonnant que l’on soit maintenant contraint à exiger des producteurs agricoles à grande échelle qu’ils respectent les lois de la nature! Elle n’est pas encore si loin l’époque où le fermier était le garant d’une écologie saine. Notons qu’on le nommait fermier et non producteur agricole. Il faut nécessairement faire le rapprochement. Ce sont maintenant les urbains qui se soucient de l’avenir du monde.
M. Pellerin et autres ténors de l’agrobusiness, le nouveau contrat social que vous réclamez commence à peine à se mettre en place. Ce nouveau contrat social devra inclure tous les gens, toutes les instances touchés de près ou de loin par l’agriculture et l’environnement, c’est-à-dire l’ensemble de la population. Le nouveau contrat social que vous réclamez doit se faire sur la place publique. Non pas, comme cela s’est fait lors des 50 dernières années, en catimini dans les officines du gouvernement. Les temps ont beaucoup changés depuis. Il vous faut maintenant penser que vous faites partie de la société et que vous ne vivez plus en marge, dans le ghetto que vous vous êtes créé.
Guy Boissé, 4 février 2005