Fidèles à la tradition établie depuis novembre 2001, l’année 2004 faisant exception , les élus de la municipalité de St-Joseph-de-Coleraine ont encore une fois choisi la solution probablement la plus facile, i.e. puiser dans les goussets des contribuables afin de présenter un budget équilibré pour l’année 2006.
Ainsi, avec l’envoi des comptes de taxes dans la semaine du 1er février dernier, les contribuables des secteurs urbains ont eu la désagréable surprise de voir leurs taxes de services augmenter d’un peu plus de 10% passant de $457 à $505 par unité résidentielle, tout cela jumelé à une hausse de 2 cents du 100$ d’évaluation au niveau de la taxe foncière générale. De plus,il faut mentionner que la valeur foncière générale s’est appréciée de près de 1 million de dollars même après la diminution consentie à la compagnie minière LAB en 2005, épée de Damoclès qui avait servi d’excuse pour ne pas diminuer le taux l’an dernier.
Pour ce qui est des motifs allégués pour justifier ces hausses, l’on mentionne qu’une augmentation de 13$ était nécessaire pour le service des ordures afin de rencontrer les coûts réels, que 20$ supplémentaires étaient requis au chapitre de l’assainissement des eaux pour réaliser en 2006 des travaux de traitement des boues septiques, et que 14$ de plus étaient nécessaires pour on ne sait trop quoi au niveau des égouts. Quant aux 2 cents de plus par 100$ d’évaluation, il s’agirait d’un cadeau plutôt empoisonné provenant du 25% requis de la part de la municipalité pour profiter du 100 000$ de compensation provenant de la taxe sur l’essence où, nous a-t-on dit, la municipalité était obligée de réaliser des travaux équivalant à ces montants en y ajoutant sa propre part de 25%. Comme il semble qu’on ne pouvait trouver l’argent nécessaire à l’intérieur du budget, on a décidé de le « pomper » encore à la même source, soit au niveau de la richesse foncière comme si, à l’instar du pétrole, il s’agissait d’une ressource que l’on estime inépuisable…
Ainsi, sans vouloir à tout prix dénigrer, ce qui peut sembler facile dans les circonstances, il faut bien se rendre à l’évidence qu’un tel état de choses résulte possiblement d’un manque de planification de même que d’un laxisme généralisé au niveau de la gestion des services municipaux à Coleraine.
Finalement, ce qui est encore plus inquiétant, c’est le désengagement des contribuables à l’égard de leur propre administration municipale comme le démontre l’endémique taux de participation (moins de 20%) à l’élection partielle du 12 février dernier, élection qui, soit dit en passant, aurait pu être évitée si on s’en était préoccupés au bon moment au mois de novembre 2005. Ironiquement, au train où vont les choses, ne va-t-on pas réussir à créer une nouvelle catégorie d’emplois à Coleraine, celle de travailleur d’élection, car il s’est tenu une élection à tous les ans sauf en 2002.Cela contribuerait- il également à expliquer le cynisme des gens à l’égard de la démocratie municipale? Poser la question… c’est y répondre.
Merci de m’avoir lu.
Gilles Gosselin, contribuable