| Page éditoriale (édition du 19 octobre 2006) : | |
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Jean-Denis Grimard |
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Relancée au début des années 80, La Chambre de Commerce de Disraeli risque de péricliter à court terme à moins qu’une relève dynamisante ne se manifeste afin de succéder aux membres sortants de son exécutif. Voilà ce qui ressort des propos recueillis auprès de certains membres inquiets dont on ne peut reprocher l’attachement à l’existence ainsi qu’à la mission de l’organisme. C’est dans la soirée du 31 octobre prochain que l’avenir de la Chambre, certains diront plutôt la survie, se jouera alors que les quelque soixante membres se pencheront sur l’état de santé de leur organisation. Il fut déjà un temps où la Chambre excitait la croissance et le partenariat entre les intervenants. Des réalisations plus ou moins récentes en font foi : la Journée trippante, le plateau de la marina, le motel industriel, la fontaine sur le lac, l’animation au centre-ville à l’approche de Noël. Mais les temps présents ne se distinguent pas par la solidarité. La culture des gens d’affaires n’est pas d’abord aux alliances, mais à la concurrence. L’individualité semble primer sur la collectivité, le désengagement sur l’implication, l’indifférence sur l’allégeance, l’inaction sur la mobilisation. Il ne faut pas en outre penser que cette problématique soit particulière à la Chambre de Commerce de Disraeli En plus d’offrir de l’aide à ses membres, la mission d’une Chambre de Commerce est de regrouper les gens d’affaires afin d’assurer une concertation bénéfique et de favoriser la mise en place des conditions de réussite relatives à l’exploitation d’un commerce. Un tel regroupement doit également pouvoir compter sur la participation de tous les citoyens soucieux du développement socio-économique de leur communauté. Voilà un forum où les idées novatrices, les constats, les projets, les carences, quelle que soit leur provenance, devraient trouver audience. L’action d’une Chambre de Commerce s’avérant un indice de la vitalité de son milieu, on est en droit alors de s’interroger sur le dynamisme de la communauté et de toutes ses composantes. Combien ont déploré la fermeture récente d’un magasin de chaussures à Disraeli? Et combien ont fait l’effort de le visiter avant de faire un achat à l’extérieur? Combien parmi nous se soucient d’investir dans leur milieu par le truchement de l’achat local? Et combien de commerçants s’interrogent vraiment sur la qualité de leur étalage et de leur service afin d’assurer la viabilité de leur entreprise? Et combien des leurs sont prêts à faire équipe pour améliorer le volume des affaires et satisfaire le plus possible les consommateurs de la zone? Combien de ces derniers soutiennent la promotion du milieu en siégeant sur les comités organisateurs d’activités rassembleuses telles la Journée trippante, le Tour cycliste, etc. La prise en main de l’avenir du milieu n’incombe pas seulement aux élus… «Il y a relève ou ça ferme», de dire la présidente sortante. La rencontre du 31 octobre se veut une dernière chance de relance. Il faut y espérer un dénouement heureux. «Ça prend un leader», mais aussi une réunion de gens voués à la croissance de leur milieu. |
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Aux agriculteurs du Québec
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Nous sommes cinq producteurs de lait du Bas-St-Laurent, passionnés, soucieux du bien-être de notre famille. Propriétaires d’entreprise de taille moyenne, qui s’interrogent à savoir quelle sera notre place en agriculture dans l’avenir. Tout le monde assiste présentement au déclin du nombre de fermes, sans que personne ne s’active. Beaucoup de gens parlent en notre nom : politiciens, syndicalistes agricoles, fonctionnaires, journalistes, économistes... Ils émettent tous leurs opinions sur les grands enjeux de l’agriculture moderne, ses obstacles, ses défis, ses espoirs. Les agriculteurs devront à leur tour prendre la parole, prendre position et dire ce qu’eux-mêmes veulent pour l’avenir. Mais peut-on parler d’avenir pour les fermes familiales à dimension humaine avec du quota à 30 000$ le kilo, de la terre à 2 000$ l’acre ou des troupeaux de 200 vaches laitières ?
Nous, nous refusons de disparaître. Nous refusons que la logique du « grossir à tout prix » soit la seule planche de salut du Québec agricole. Nous refusons de nous éloigner du modèle de la ferme à dimension humaine. Des politiques agricoles solides qui soutiennent les fermes familiales, la valorisation des aliments produits au Québec sur ceux produits à l’étranger, la mise en pratique de stratégies agro-environnementales allant dans le sens du développement durable, une aide à l’esprit d’innovation, à l’entrepreneuriat et à l’occupation du territoire : voilà ce vers quoi l’on doit tendre. N’est-il pas venu le temps de valoriser la transformation locale et la vente de produits régionaux de qualité, par une appellation telle que « familiale équitable Québec », par exemple ? N’est-il pas venu le temps que les agriculteurs puissent se prendre en main, puissent former des coopératives qui n’imitent pas les méga-regroupements industriels ? N’est-il pas venu le temps où l’on donne aux agriculteurs qui le voudraient le droit d’agir avec plus de liberté ? (…) Rendons-nous à l’évidence. Le temps de la réforme est venu. Le temps de relever un nouveau défi, le temps d’assurer la pérennité des fermes familiales à dimension humaine ; le temps de permettre à nos fermes de retrouver leur équilibre, qui ne consiste pas à produire pour le Monde, mais bien à produire pour nourrir son monde, son pays, sa communauté ; et le temps où l’agriculteur doit retrouver son identité, sa place, primordiale, au sein de la société et sur le territoire. Aujourd’hui, nous nous tournons vers nos collègues agriculteurs de tout le territoire québécois. (…) Nous invitons tous ceux et celles qui se sentent concernés à se manifester et à prendre position sur cette question. Le premier geste à poser est de prendre la parole, entre vous d’abord, puis avec vos syndicats locaux et enfin avec votre fédération régionale. Il est temps d’agir. Le Collectif pour la sauvegarde des fermes familiales à dimension humaine : |
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L'humeur des paysages |
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Dyane Raymond
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Le temps de la chasse De retour à la maison, je retrouve ma place préférée devant la fenêtre. La tourterelle est sur son fil, quelques trous bleus éclairent le ciel, la grange a toujours ses allures de cathédrale et la forêt peu à peu (en fait, non, assez rapidement devrais-je dire) se dégarnit de ses feuilles. Elle enveloppe encore le regard, mais très vite, il la traversera de part en part et elle deviendra un filet aux larges mailles à travers lesquelles des chasseurs et des chevreuils joueront à cache-cache, à la vie à la mort. Je n'ai rien contre les chasseurs, remarquez, d'un point de vue alimentaire, c'est très bon le chevreuil et l'orignal, c'est encore meilleur quoique n'en ayant jamais vu en vrai, malgré mes fréquentes marches en forêt, je sais que le seul passage d'une de ces bêtes, devant moi en plein bois, me ferait sûrement le même effet que l'apparition de la Vierge au milieu du champ : je serais pétrifiée par la beauté de cette déité en même temps que reconnaissante envers la Nature de m'offrir à moi, moi seule en cet instant, ces quelques secondes de grâce. Je me suis souvent demandé pourquoi mes rencontres, même de loin, avec les animaux, me remplissent à chaque fois d'une émotion si transperçante? Est-ce à cause de mes origines citadines qui, dans l'enfance par exemple, n'ont offert à ma vue que le chihuahua de la voisine et la perruche de mon amie Lucie? Plus tard, cet apprentissage m'ayant sans doute aidé à développer mon amour des bêtes, j'ai même poussé l'audace jusqu'à apprivoiser quelques chats de ruelle. Aujourd'hui, quand je croise un renard sur le chemin, aperçois un raton laveur pendu à une branche ou surprends un chevreuil dans la clairière, j'ai à chaque fois le sentiment d'une chance inespérée et privilégiée, comme si la Nature, dans sa bonté, me donnait en héritage, une part d’Éden. J'ai conscience que c'est là une vision plutôt romantique des choses et que le renard avec sa belle queue rousse mange aussi les poules, que les ratons sont de vrais saccageurs et que l'ours, si je le rencontrais face à face, me foutrait une peur dont je me souviendrais longtemps. N'empêche. Leur présence possède un pouvoir sacré, me ramène à une chose apparemment simple, mais qui est complexe et exigeante, et qui s'appelle l'amour. Le vieux Mustapha ronronne au soleil trônant sur mes papiers et mes livres comme si de rien n'était; je remets une bûche dans le poêle et sors nettoyer le jardin… avant l’hiver. |
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Votre compte de taxe |
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Comme plusieurs personnes prennent leur retraite et de ce fait ont moins de revenus pour acquitter leur obligation, il est normal que les municipalités s’ajustent et répartissent le compte de taxe en quatre versements et plus. Pour connaître la situation actuelle, j'ai écrit aux municipalités qui ont un site internet et une adresse électronique et, en date de fin de septembre, le résultat est que, sur 888 réponses 169 sont en deux versements, 517 en trois, 166 en quatre, 9 en cinq et 27 en six, ce qui fait que 60% des protocoles de paiement des taxes se font en plus de deux versements et que 515 municipalités qui en stipulent trois n’ont qu’un pas à faire pour être en quatre. Les versements devraient être aux dates suivantes : mars, juin, septembre et novembre. Cela ne prive pas les propriétaires de payer leur compte de taxes en un versement s'ils le désirent. De plus, le taux d’intérêt sur les arrérages ne devrait pas être plus élevé que celui d’une première hypothèque. Pour vos commentaires, écrire à Louis Langevin Courriel: lola@ivic.qc.ca
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Les cyanobactéries ou les algues bleues |
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Gérard Declerck
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Vous avez tous lu les excellents articles dans les journaux régionaux ou provinciaux qui, au cours de plusieurs éditions, ont décrit par le menu le phénomène angoissant qui compromet sérieusement les réserves d’eau potable de l’Estrie. Articles rédigés par des journalistes qui ne se sont pas contentés de traduire succinctement les événements, mais ont mené sans retenue leur enquête avec rigueur et rendu l’information non seulement parfaitement assimilable mais avec l’honnêteté qui caractérise leur métier.
Je n’ai donc pas l’intention d’en rajouter, mais simplement je voudrais connaître par le menu la synthèse des résultats d’analyses, incluant les limons, faites depuis les dix dernières années sur, dans et autour du bassin qui intéresse la zone de distribution de notre journal. Soit : dans les lacs les plus importants comme les plus modestes et dans l’ensemble de leurs tributaires. En effet, tous nous nourrissons une certaine inquiétude à l’égard de l’eau domestique comme de l’eau à l’usage de professions touchant de près ou de loin à l’alimentation humaine ou animale, et ceci quel que soit le procédé de distribution. Si depuis longtemps, grâce à la pugnacité et à l’efficacité des associations de riverains épaulées par les médias, chacun sait que les eaux de surface sont « douteuses », aujourd’hui l’ensemble des populations de la province et de l’Estrie sait dans quel état se trouvent nombre de réserves d’eau douce. De même nous connaissons les risques que font courir les cyanobactéries à tout ce qui vit à proximité des eaux infestées. Nous connaissons donc les conséquences. Mais malgré la vox populi et quelques approches courageuses de ces associations et médias, connaît-on les origines de cette explosion de contamination? Certes tout un chacun évoque les excès de nitrate/phosphate et/ou la diminution du taux d’oxygène dissous (eutrophisation ou dystrophisation). Certains mettent en cause le développement exponentiel, souvent anarchique, de l’habitat permanent sur les berges et ses conséquences sur la gestion des eaux usées, mais curieusement, plusieurs lacs très fréquentés du secteur ne sont pas atteints. D’autres pointent du doigt l’agriculture et en particulier l’élevage intensif et le volume sans cesse grandissant de déjections animales dont il faut bien se débarrasser. Alors est-ce l’un, est-ce l’autre, est-ce un peu ou largement les deux? Est-ce, comme dans de nombreux cas de pollutions insidieuses, le phénomène cumulatif, incluant les rejets d’effluents issus des bassins de décantation? Est-ce la résultante de la pollution atmosphérique dont chacun peut distinguer les odeurs? Est-ce l’amplitude de la variation des UV ou de l’altération de la masse de CO² résultant des GES ou du déficit de la photosynthèse? Est-ce tout ça? Sinon laquelle, et pourquoi maintenant? Dans tous les cas, l’ensemble des structures, qu’elles soient gouvernementales, municipales, privées ou autres, que le problème relève de la Santé, de l’Agriculture, de l’Environnement ou autres, les populations concernées ont besoin de réponses et ceci sans délai. Depuis le temps que le phénomène est suivi, il doit bien y avoir quelque part de quoi nourrir la VÉRITÉ et par conséquent LA SOLUTION. Un personnage, grand professionnel et influent m’a dit un jour : « Dans le domaine de la santé, l’éthique impose qu’à partir du moment où l’on connaît les risques et leur origine, on n’a pas le droit de se taire et par conséquent l’ensemble des populations concernées ou non doit être informé sans délai ». Alors comme dans tout domaine de santé publique, voire de survie des espèces, l’espoir est insuffisant. Ghislain, Sylvie, Caroline, Julie, Véronique, Denis, Kélyann, Anne-Sophie et Lesly (La famille Jacques) |
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