Page éditoriale (édition du 25 janvier 2007) :


Une autre page de notre histoire
Alain M. Bergeron

Depuis quelques jours nous avons tourné une autre page de calendrier sur notre histoire. Sans bouleversement majeur, l'année qui vient de prendre fin nous aura à tout le moins permis de mieux conscientiser l'ampleur des répercussions découlant de notre passivité collective vis à vis de l'incroyable défi qui s'ouvre devant nous, soit de préserver pour nos générations futures, une terre saine, une eau pure, et un air plus léger.

Depuis près de 10 ans, au fil de mes actions quotidiennes, je m'applique de façon continue à dépenser temps et argent afin de sensibiliser les gens à l'urgence de la situation concernant le péril qui nous guette sur nos inactions concernant les graves problèmes envi- ronnementaux.

Bien que je ne sois nullement un spécialiste en la matière, il m'apparaît évident que si nous continuons ce laisser-aller, on se retrouvera dans un proche avenir avec une situation alarmante.

La propagation de maladies se développe actuellement autant chez les animaux que chez les êtres humains et il nous reste que peu de temps pour se réajuster concrètement.

L'une des solutions que je vous suggère, hommes et femmes politiques, serait de diviser une fois pour toutes nos comtés et nos MRC en fonction des bassins versants et non en fonction d'objectifs partisans comme cela été le cas depuis trop longtemps. Ces nou- velles structures administratives créées permettront une plus grande efficacité sur les actions à prendre et de plus favoriseront la concertation des différents regroupements économique, politique et social afin de nous assurer un développement plus durable. Une telle action doit se prendre uniquement pour le bien commun.

À partir de là, cette simplification nous donnera plus de moyens et de ressources afin d'entreprendre d'autres actions concrètes et efficaces.

Pourriez-vous prendre cette simple mesure rapidement pour le bien de vos enfants ?




Nouveaux membres
Encore deux nouveaux membres pour le journal Le Cantonnier, Réal Lortitch et Bernadette Beaulieu tous deux de Disraeli ont joint nos 748 membres 2006.




Gagnante du mois

Marie-Line LabbéMarie-Line Labbé est l'heureuse gagnante du mois de janvier 2007 parmi les membres du journal Le Cantonnier. Elle se mérite un certificat cadeau de 20 $ au restaurant Le Trieste de Disraeli dont la réputation n'est plus à faire et dont l'espace convient très bien pour des réservations de partys.

Félicitations et bon repas !




Nos terres aussi crient ... Au secours !

Considérant l'urgence d'éveiller notre sensibilité collec- tive afin de se donner rapidement les moyens nécessaires pour cultiver un environnement plus sain, je me permets de vous transmettre ce texte fort pertinent de Duguay. Bien que je sois persuadé que nous devons, dans un pre- mier temps, soigner nos terres afin d'améliorer la situation actuelle des choses, ce texte reflète bien dans quel marasme nous nous enlisons.

Nos sols n'agissant plus comme agents naturels de filtration dû à l'épandage concentré du lisier de porc et à l'application répétée d'engrais chimiques en plus de les avoir compactés par des machineries agricoles de plus en plus lourdes, il est urgent de se donner des moyens concrets afin de corriger cet état de fait.

L'ensemble des agriculteurs vous confirmerons que l'eau ne pénétrant plus aussi adéquatement dans les sols, tous ces éléments nocifs sont drainés comme jamais dans nos cours d'eau entraînant ainsi son asphyxie. Les pores de la terre, comme les nôtres, ont besoin de respirer... Il me semble que le simple bon sens soit suffisant pour se convaincre que nous devrions rapidement prendre des mesures radicales afin de redresser cette situation alarmante. Nous avons le privilège dans la région d'Adstock d'être à l'origine de trois bassins d'eau importants du Québec et je crois qu'il est de notre devoir de se donner les moyens qui s'imposent afin de corriger cette situation.

On peut bien dépenser des fortunes afin d'assainir nos eaux, mais ne croyez vous pas qu'il serait bien de régler, cette fois, le problème à la source?

Alain M. Bergeron, Thetford Mines (418) 333-3009


Une simple réflexion à l'égard de nos génération futures...

L'essence de la vie

Inestimable don du ciel, l'eau est l'essence de la vie, le principe vital qui rend possible la vie sur Terre. Et ce, à un point tel, que si l'homme veut conquérir l'univers, émigrer en d'autres lieux habitables dans la Voie lactée, il devra y trouver de l'eau. C'est en cherchant les causes premières ou les essences de tout ce qui est que Thalès de Milet qu'on dit le père de la philosophie, trouva que l'essence du monde matériel, c'est l'eau.

C'est donc en 624 av. J. C. qu'un être humain déclara que l'eau est essentielle à la vie. Bien sûr, tout le monde le savait déjà. Mais ce que l'histoire a retenu c'est que c'était la première fois que quelqu'un philosophait sur l'eau. Chose curieuse, Thalès de Milet découvrit que si l'eau est l'essence de la vie matérielle, la pensée est l'essence de la vie spirituelle. La pensée définit l'homo sa- piens et rend possible la culture et l'histoire.

Malraux disait : « Le XXI siècle sera spirituel ou bien il ne sera pas »

Mais les premières années du troisième millénaire sont visiblement matérialistes. Les transnationales carburent au profit au détriment des plus petits. Cette course effrénée vers l'uniformisation, la conquête et l'avoir au détriment de l'être, de la liberté et de la différence est ce qu'on a appelé le « choc des civilisations ». Ce choc se répercute jusque dans les conceptions fondamentales de la nature et de la culture.

Devenue la plus inestimable de nos richesses naturelles, l'eau douce est aussi un bien culturel dont la gestion responsable concerne la co-évolution des formes vivantes et des habitats, voire la survie de l'humanité. Comme les rapports de l'homme avec la nature ont des implications socio-politiques et économiques, la durabilité de notre environnement commence par une écologie de l'esprit. Et comme les scientifiques nous prédisent que le premier siècle du troisième millénaire devra être définitivement écologique, sans quoi, il n'y aura plus d'humanité, il nous faut, en tant que citoyen, repenser notre rapport à l'eau, repenser les rapports que notre culture et notre économie entretiennent avec la nature.

À travers l'histoire des cultures, trois conceptions majeures de la nature s'affrontent. D'une part, le tenant d'un libéralisme économique à outrance considère la nature comme une ressource, et la ressource comme une marchandise. C'est pourquoi ils veulent à tout prix la domi- ner, l'exploiter, la transformer en autant de produits possibles. L'exploiteur industriel qui regarde une splendide chute d'eau, un banc de poissons ou une forêt, pense combien il faudra dépenser pour en faire un produit de consommation rentable. Il ne regardera pas à la dépense s'il peut s'enrichir à partir de ces ressources naturelles, de ces richesses naturelles. Donc le conquérant se sent séparé de la nature. C'est ce qui explique son comportement avide. Mais, ne faut-il pas faire émerger de l'économie un nouvel humanisme qui donnera un sens à la vie. Car c'est à cause d'eux, les conquistadors de l'or bleu et de l'or vert, que l'espèce la plus menacée sur Terre, c'est l'espèce humaine.

D'autre part, le citoyen sensible a le net sentiment qu'il fait partie de la nature, que la Terre ne lui appartient pas, mais qu'il appartient à la Terre. C'est pourquoi il respecte la nature et s'efforce d'être en harmonie avec tout ce qui vit sur Terre. C'est le cœur palpitant qu'il s'approche d'une fleur, d'un arbre, d'un oiseau. Lorsqu'il arrive près de la chute, il se tait pour écouter la plénitude de sa voix. Il se tait pour boire en son âme la force vitale de sa beauté ineffable. Le simple fait d'être en présence de cette force de la nature le remplit de joie et de paix. Jouir de la beauté de la nature contribue à la santé physique, mentale et culturelle d'un peuple. La dimension symbolique et esthétique de l'eau devrait être considérée comme un palliatif majeur au stress qui dévore les sociétés.Qu'est-ce qui est le plus logique : un citoyen qui ingère des tranquillisants pour gérer son stress bien assis devant le petit écran et regardant un film sur la nature sauvage, ou bien un citoyen qui respire l'air pur en marchant quelques kilomètres pour aller la contempler. Faut-il attendre qu'il ne reste plus une seule chute vierge, une seule forêt vierge au Québec, pour comprendre enfin qu'elles n'ont pas de prix? La sauvegarde d'une chute, d'une forêt, ne vaut-elle pas le sacrifice de quelques emplois? Ne faut-il pas économiser le futur de la nature? Il n'est pas nécessaire d'être un artiste pour jouir des beautés de la nature, en reconnaître et en défendre la valeur. Il suffit d'être un citoyen sensible à son environnement.

La durabilité de notre environnement commence par une écologie de l'esprit. N'oublions pas que les termes écologie et économie ont la même étymologie : le terme eikos qui signifie habitat, maison. L'écologie, c'est le discours et la science qui président à la gouvernance de son habitat. Comme l'écologie consiste dans l'intégration de plusieurs sciences qui étudient les interactions des êtres vivants et de leur environnement, protéger une rivière, une forêt, un oiseau, un poisson, une berge, c'est protéger un écosystème, c'est protéger la vie. Et comme le disait le philosophe Jacques Dufresne, porteur d'eau à EAU SECOURS! et qui parle beaucoup d'écologie sur son site l'Agora : L'éthique est l'esthétique de l'âme, tandis que l'esthétique est l'éthique de l'environnement. Il existe encore un troisième type de rencontre avec la nature. C'est celle du parfait romantique qui la considère comme une force extérieure, une force sacrée qu'il faut vénérer, voire adorer. Ce troisième type, prétextant que seul est naturel ce qui n'est pas encore dénaturé par l'homme, peut facilement tomber dans l'écoterrorisme et vouloir faire sauter tous les méchants profiteurs qui profanent la nature nourricière. Ces trois différentes perceptions des rapports entre la nature et la culture concernent directement l'éthique sociale, la dignité humaine et la démocratie. L'eau transcende les affaires et la politique. L'enjeu du Sommet de Johannesburg était de taille :

« Mettre le secteur privé au service de la protection de l'environnement.»

Source : Raôul Duguay, mars 2004
Recherche : Alain M.Bergeron