Page éditoriale (édition du 20 septembre 2007) :


L'eau est à «personne»
Gérard Declerck

Il y a quelques jours, comme chacun d’entre-vous, je recevais dans mon courrier un tract qui se présentait sous forme d’interrogation sur l’usage qui serait fait des réserves d’eau douce du Canada et plus particulièrement du Québec. Ce tract, qui rappelait à tous que l’eau est un bien qui n’appartient à personne, demandait aux populations de faire connaître aux élus fédéraux leur avis sur l’éventualité d’un marché portant sur la fourniture  d’eau douce à nos voisins du Sud ou autres.

Bien entendu, je me garderai bien d’ouvrir un débat de politique politicienne sur le sujet. D’abord, je ne dispose pas de tous les instruments d’analyse et ensuite, je n’en vois pas l’intérêt.

Je me dois seulement de rappeler que si l’eau n’est à personne et puisqu’elle est indispensable à tout ce qui vit sur la planète, elle est d’intérêt planétaire, donc à tout le monde. Mais surtout, sans sensiblerie inutile, je voudrai vous raconter une histoire d’eau tout à fait authentique et qui a marqué mon enfance et ma vie.

Nous sommes en Normandie au milieu du mois de juin 1940. Après des mois de « drôle de guerre », l’attaque décisive des Allemands «Blitzkrieg » est déclenchée depuis quelques jours. Quelques bombinettes, pas d’information, mais une avalanche de bruits, de certitudes : Yvetot une ville voisine est rasée par le feu. Des centaines de milliers de personnes, peut-être des millions d’êtres humains et d’animaux poussés par la peur, fuient devant l’inéluctable. Milliers de rescapés de la « dernière », milliers de femmes et d’enfants à pied, sur des charrettes, des brouettes, des remorques à vélo, qui espèrent trouver refuge plus loin, toujours plus loin vers le sud. Milliers d’êtres humains dont beaucoup finiront leur pauvre vie au creux de fossés où elles pousseront leur dernier souffle, tuées par la mitraille ou achevées par l’épuisement, la faim ou la soif. C’est la « Débâcle », l’Exode, en route pour nulle part.

C’est à ce moment, pendant que se déroule ce ruban d’ombres mécaniques, qu’un couple installé au bord de la route  vend 5 frs un verre d’eau de citerne à ces morts vivants. Cinq francs pour un verre d’eau croupie, alors qu’un très bon salaire mensuel en atteint 400. Quelle honte. Êtres humains? Ces opportunistes, ces machines à sous. Êtres humains? Ceux qui, pour le bonheur de la grande faucheuse, après avoir vendu le sang de la vie, se retrouveront plus tard vendant leurs voisins pour quelques liards. Cette histoire n’est qu’une virgule parmi les bouquins traitant de l’eau, rangés sur des kilomètres de rayonnages dans toutes les bibliothèques du monde. Une modeste virgule dans les récits sur la manière dont se sont et se comportent encore les êtres humains face aux ressources en eau sur la planète.

Alors, puisque jusqu’au fin fond de partout, chacun à sa façon s’informe, s’exprime sur les changements climatiques, sur l’effet des « GES », sur la couche à ozone, sur les conséquences catastrophiques de la surconsommation d’énergie etc.…Il faut que le « Personne » à qui appartient  le fluide vital devienne « L‘Humanité » le NOUS. Il faut que le « Nous »  de la fraternité et du partage ne soit plus l’expression d’une succession linéaire du « Moi » sur les affiches de la démagogie pseudo solidaire qui se décline au nombre de mains tendues. Il faut que « Personne » oublie le ressac de la vague égoïste et ses propres besoins pour tendre le verre d’eau à celui qui a soif. Il ne faut pas que l’EAU, comme aujourd’hui le pétrole, devienne un instrument d’asservissement des peuples au profit de ceux que le passé climatique de notre petite boule bleue a privilégiés.

D’ailleurs,  l’eau est un fluide indomptable, dont on ne connaît pas encore tous les mystères dans ses pratiques de localisation, de circulation et de stockage. L’eau est vivante. L’eau n’est pas une masse stagnante comme le pétrole, transformée et stockée depuis des millénaires. L’eau peut disparaître d’un côté pour réapparaître de l’autre. Alors, si aujourd’hui « Personne », c'est-à-dire tout le monde qui a soif, est propriétaire des réserves d’eau du Canada, il serait indispensable pour le Canada de demain que ce même « Personne » reste propriétaire des ressources en eau douce, où qu’elles se trouvent.

Demain. Demain qui peut savoir. Nous savons au moins que, si jusqu’à présent l’être humain a été l’instrument de ce qui ressemble à une auto-destruction, il se doit, aujourd’hui, de tout mettre en œuvre pour que l’image du « Nous » d’hier s’inscrive dans les pires souvenirs de l’humanité.

Alors, aujourd’hui si nous pouvons offrir un verre d’eau à celui qui a soif, faisons-le. « Un bienfait n’est jamais perdu ». Conclusion on peut s’opposer sur la manière et non sur la raison.




Concernant le pont de la rivière Sauvage

Réponse à madame Nicole Gracia

Bonjour à tous les lecteurs du journal

Je suis camionneur de métier et j’emprunte ce pont à tous les jours. J’invite cette dame à s’informer auprès des autorités sur la signification de cette pancarte à l’entrée du pont. Celle-ci signifie que tout camion dépassant sa limite permise par la loi ne peut emprunter ce pont.  Pour tout autre camion avec la bonne charge, il n’est pas interdit de l’emprunter. Puis-je vous rappeler qu’il y a quelques années, le gouvernement a rénové le pont justement pour permettre aux camions de continuer à l’emprunter.  Cette route est un transit pour tout véhicule lourd. Donc, je vous propose de bien vous informer avant d’accuser les camions. Je crois, qu’aujourd’hui, les camions sont accusés à tort et à travers par des gens qu ne connaissent rien à ce domaine.

Espérant que ce message a pu vous éclairer.

Claude Jr Richard
Résident de St-Romain




L'humeur des paysages
Dyane Raymond

L’autre jour, devant la mine accablée d’un enseignant qui déplorait l’exode des jeunes vers les grands centres urbains, j’ai pensé à mon voisin Luc, comédien, musicien, bûcheron, bâtisseur, ébéniste, et j’en passe... Aussi un conteur formidable dont je ne me lasse pas, quelque vingt ans plus tard, d’entendre les histoires et les anecdotes. Je suis convaincue qu’un homme animé d’une si généreuse passion saurait bien transmettre une part de sa joie aux enfants et aux adolescents, engoncés dans leur horizon trop court.

Être ouvert à l’ailleurs, à l’inconnu, à ce qui nous est étranger, de près ou de loin, se rendre au bout du monde pour comprendre, peut-être, une ou deux petites vérités que nous portons en nous et qui ne se révèlent souvent que dans les circonstances particulières des déplacements, est souvent plus que nécessaire, je dirais vital. Mais je veux capter aussi la beauté extraordinairement ordinaire de l’ici ; la poser sur le fil du vent et qu’elle se balance dans le geste banal du quotidien.

Ça me ramène à mon ami Luc et au pouvoir fantastique et puissant de l’imaginaire. Sa maison ressemble à une datcha russe, la belle Lou avec qui il partage sa vie est un ange de lumière et de bonté, et la convivialité qu’ils installent autour d’eux, quelque chose de rare, un poème qui s’écrit à chaque repas dans le rire, la gravité, l’ivresse, la paix avant tout, ce qui est une incroyable preuve d’amour et de confiance dans l’humain.

Hier soir en rentrant de chez eux, où j’étais invitée à souper, la nuit était criblée d’étoiles; je me sentais immense dans l’immensité en même temps que poussière dans la lointaine lumière. L’odeur de la moufette autour de la maison m’a ramenée les pieds sur terre. Le vieux chat Mustapha dormait sur la galerie, la petite minouche sauvageonne collée dans sa fourrure. J’avais un message de mon amoureux sur le répondeur. Tout était parfait.

Ce matin, la pluie joue avec le soleil; les roselins, chardonnerets, tourterelles s’activent autour des mangeoires.

Salut à Auclair du rang 8. Un autre fabuleux personnage, dont je vous parlerai un de ces jours.




Lettre ouverte

Bonjour Madame, Monsieur,  

 J’aimerais vous informer de la problématique qui affecte la qualité de l’environnement pour l’ensemble des citoyens de la MRC de l’Amiante, du Granit et de l’érable. J’aimerais que votre organisme prenne position et écrive à monsieur Laurent Lessard et à madame Lyne Beauchamp pour demander la présence du MDDEP dans la région.

On exige beaucoup d’effort des citoyens riverains des lacs, mais ces efforts n’auront pas les résultats escomptés si le MDDEP n’a pas de présence efficace d’inspecteurs.  Sans inspecteurs dans la région nous ne sommes plus en mesure de s’assurer que les municipalités, ainsi que les entreprises agricoles et industrielles respectent les lois et règlements en vigueurs.

Vu le contexte actuel j’ai de la difficulté à comprendre comment on peut couper des postes au MDDEP.  

Les résultats ne seront sûrement pas mieux en fermant le point de service du MDDEP à Thetford Mines. Juste dans notre région il y a trois sites d’enfouissement en fermeture qui nécessiteront la surveillance du MDDEP. Avec les inspecteurs à Saint Marie de Beauce, une industrie ou une entreprise agricole a le temps de détruire énormément l’environnement avant que le personnel de Sainte-Marie soit sur place. Il y a vraiment de quoi s’inquiéter !

Vu le contexte actuel, des actions citoyennes sont plus que nécessaires. Les efforts pour améliorer la qualité de nos eaux doivent être une affaire de tous et chacun ! En fermant le point de service et en diminuant les inspections environnementales c’est comme si on donnait une passe droit pour polluer à certain acteur du milieu. 

J’espère que vous ajouterez votre voix à la mienne pour dénoncer cette problématique. Seul une action citoyenne forte permettra de faire reculer le MDDEP afin de rétablir un service nécessaire au bon développement de nos régions.

Nicolas Rodrigue
418-427-2310



Gagnant du mois



Le tirage de septembre a favorisé le membre Denis Bisson qui s’est ainsi mérité un panier cadeau contenant une variété de marinades maison savamment concoctées, selon la tradition de nos aïeules, par Mme Danielle Noël. Félicitations !


Photo : Danielle Noël


Membres du Cantonnier 2007
Suite du mois d'août 2007

Toupin, Michelle ; St-Basile




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