Page éditoriale : (édition du 19 juin 2008)



Politique d’information
La Direction

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Protégez-moi de mon protecteur

Il y a environ 25 ans, le gouvernement du Québec mettait en opération le programme d’assainissement des eaux du Québec ayant pour objectif de traiter les eaux usées municipales et contraindre les milieux industriels et agricoles d’assainir leurs eaux usées. Ce programme a exigé des investissements de l’ordre de 10 milliards. Les systèmes de traitement des eaux préconisés par le gouvernement étaient les usines d’épuration pour les moyennes et grandes municipalités et les étangs aérés et non aérés pour les petites municipalités afin de minimiser la complexité des opérations pour celles-ci. Cependant ce programme a toujours prévu que les municipalités opéreraient ces usines selon les modalités fixées dans les protocoles d’entente signés entre les municipalités et le gouvernement. Pourtant, il semble que le ministère du Développement durable de l'Environnement et des Parcs (MDDEP) autorise les municipalités, dont six adjacentes au Grand-Lac-Saint-François, à vidanger des concentrations d’eaux polluées dans le lac, par les exutoires des étangs aérés et non aérés et cela à chaque printemps, en même temps que la période de frai du doré.

Le Grand-Lac-Saint-François, est le troisième plus grand lac au sud du fleuve Saint-Laurent et est la source de la rivière Saint-François. Il est important de comprendre que cette eau de mauvaise qualité poursuit sa route en traversant 26 municipalités avant de se jeter dans le fleuve. Voici la liste des municipalités traversées par l'eau de la rivière Saint-François et ce qu'elle contient: Disraeli, Paroisse de Disraeli, Beaulac-Garthby, Weedon, Dudswell, Wesbury, East Angus, Ascot Corner, Sherbrooke, Saint-François-Xavier-de-Brompton, Val-Joli, Windsor, Melbourne, Cleveland, Ulverton, L'Avenir, Saint-Félix-de-Kingsey, Drummondville, Saint-Lucien, Saint-Cyrille-de-Wendover, Saint-Majorique-de-Grantham, Saint-Pie-de-Guire, Saint-Elphège, Saint-François-du-Lac, Odanak, Pierreville et enfin le fleuve Saint-Laurent. Voici la première agression que subit le Grand-Lac-Saint-François et je continue avec une deuxième.

La deuxième agression dont est victime le lac est le marnage. Le marnage est le résultat de la vidange des eaux du lac afin officiellement d'éviter les inondations en aval. Dans la région immédiate du Grand-Lac-Saint-François se retrouvent les lacs Mégantic et Aylmer. Ces deux lacs reçoivent les mêmes précipitations de neige et de pluie et cependant ils subissent un marnage variant entre 1 à 2 mètres alors que le Grand-Lac-Saint-François subit un marnage hivernal répété variant entre 5 à 8 mètres. Même si les experts du  ministère des Ressources naturelles et de la Faune expliquent que cette façon de procéder est dommageable pour la faune et la flore du lac, cette façon de faire perdure. Il faut prendre note que le MDDEP avait un contrat de fourniture d'eau avec Hydro-Sherbrooke et que ce contrat a pris fin en 2003, c'est-à-dire, il y a 5 ans et ce contrat n'est toujours pas renouvelé. Le ministère respecte donc l'ancien contrat jusqu'à nouvel ordre avec les effets néfastes connus.

Grâce à une caractérisation ichtyologique du Grand-Lac-Saint-François et l'état de la population de dorés jaunes, nous avons appris que certaines classes d'âge du doré étaient inexistantes et que ces classes d`âge manquantes correspondent aux années ou le Service hydrique n'avait pas réussi à remonter suffisamment le niveau des eaux  pour permettre le frai au printemps. Depuis quelques années, le Service hydrique s'assure toutefois de remonter le niveau du lac au printemps durant la période critique de frai du doré. L'effet combiné du marnage excessif et de la vidange des eaux usées des municipalités, a pour conséquence une baisse drastique de la population de dorés. La protection du poisson relevant du gouvernement fédéral, nous avons demandé, il y a 4 ans, à Pêches et Océans Canada d'intervenir dans ce dossier. Nous avons reçu comme réponse qu'il se penchait sur le dossier.

Or, 4 ans plus tard, soit le 31 janvier 2008, et toujours sans réponse, nous avons relancé la question et avons enfin obtenu une réponse le 27 mai 2008 par courriel. Il semble que l'année de construction du barrage mettrait le MDDEP à l'abri de la Loi sur la protection de l'habitat du poisson. La réponse devra cependant être analysée plus attentivement, mais si ceux qui ont le devoir de protéger les habitats de poissons ne le font pas, qui le fera et pourquoi attendre 4 ans avant de répondre?

En résumé, nous voulons que le MDDEP délègue lors de notre prochaine rencontre annuelle, le 27 juillet prochain, des représentants afin de nous informer de leur politique et actions concernant le suivi des systèmes de traitement des eaux usées municipales notamment pour les municipalités riveraines du Grand-Lac-Saint-François et de leur plan de gestion du niveau des eaux du lac. Le MDDEP a comme rôle de conserver et protéger la qualité des eaux du lac et a le devoir de nous informer de ses programmes et de ses interventions. Actuellement, il autorise ou tolère des pratiques qui accélèrent le vieillissement et la détérioration du Grand-Lac-Saint-François. Ceci est d'autant plus surprenant que 50% des rives du lac sont à l'intérieur du Parc national de Frontenac et que le MDDEP est le ministère responsable de la gestion des parcs. Le MDDEP veut augmenter la superficie du territoire au Québec protégé par des parcs, mais semble incapable de protéger le Parc national de Frontenac contre les agissements de ses propres services.

De notre part, nous demandons l'aide de tous, afin de sauver le Grand-Lac-Saint-François. Soyons vigilants et assurons-nous, comme citoyens responsables, que nous faisons tous les efforts pour protéger notre lac et que le gouvernement et les municipalités remplissent leurs responsabilités. Notre association agit en ce sens afin de sensibiliser la population et de suivre pas à pas les autorités gouvernementales responsables de la qualité de notre lac. Nous nous prétendons civilisés et nous nous servons de nos plans d'eau comme d'une poubelle…...Que diront nos descendants?

Paul Audet, président
Association des riverains du Grand-Lac-Saint-François




Québécois, je suis un immigré accommodé

Gérard Declerck

Tout ce qui, pendant des mois, s’est cogité, supposé, dit, écrit, débattu me concerne. Je suis un immigré et  si je ne suis pas  classable dans l’une des minorités visibles, je le suis dans les audibles.

Mon épouse et moi avons,  il y a dix ans, choisi de quitter notre pays la France où nous sommes nés et avons été baptisés il y a 77 ans, et mariés il y en a 58. Pays où nous avons vécu les pires moments durant la guerre et les meilleurs depuis la naissance, en 1971, de notre fille unique. Notre fille s’est mariée. Et en 1997, peu après la naissance de Philippine, notre première petite fille, son époux, pour des raisons professionnelles, a  choisi de tout quitter pour venir au Québec, nanti d’un contrat.

C’était ce qu’ils considéraient être leur avenir et nous n’avions pas le droit de nous immiscer dans leur choix bien qu’en même temps, nous ne pouvions imaginer finir nos jours loin de notre fille et de sa famille (4 enfants aujourd’hui).

Nous étions à la retraite. Quelques mois plus tard, nous avons tout quitté. Quitté : notre Pays, nos familles, nos amis de toujours, les copains, les relations, les habitudes, notre propriété, notre vie de tous les jours, notre vie sociale, professionnelle, politique, culturelle. Quitté cette vie que nous menions conjointement depuis des décennies. Cette existence vécue comme un miracle à laquelle, depuis 1944,  nous devions tout.

Pour ma part, que se soit pour des raisons professionnelles ou pour l’aventure, j’ai roulé ma bosse un peu partout sur notre petite boule bleue. Mais là, il fallait tout quitter pour l’inconnu certes, mais pour le « CANADA », le pays de  la « Charte des Droits et Libertés », le pays des grands espaces libres où l’on parle le Français..

Depuis, nous avons appris trois choses essentielles : 1- Même si, depuis 2003, nous sommes Canadiens, nous devons avant tout être Québécois. 2- Il faut nous rappeler qu’en 1749, dans « L’esprit des Lois »,  Montesquieu parlant de la Démocratie avait raison lorsqu’il affirmait que « La liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent ». Il avait raison car, mis à part le climat, les mouches et les contingences purement gastronomiques,  c’est la Liberté de profiter pleinement de la nature et le Droit au libre choix qui nous manquent le plus. Ce qui démontre que les lois de ce côté de l’Atlantique sont, comme ailleurs, le reflet de l’histoire. Mais immigrants, nous  devons nous adapter et payer le prix de nos choix pour devenir Québécois à part entière.  Ceci pourrait faire l’objet d’un échange amical dans le cadre d’une Commission « bénévole » et constructive. 3- La Province du QUÉBEC qui, quelques soient les obédiences partisanes, mène un combat acharné pour la survie de la langue française au milieu de 300 millions d’anglophones tout en restant soumise aux règles anglo-saxonnes dans bon nombre d’institutions : parlement, justice, conseils municipaux  etc…etc.

Tout ceci mériterait aussi un long, très long débat, mais chacun doit se rappeler que c’est la manière de vivre qui inspire la pensée et non l’inverse….Cela dit, il est absolument évident qu’au Québec comme ailleurs, c’est à l’immigrant de s’adapter non seulement aux lois du pays d’accueil, mais aussi aux traditions, convictions ancestrales et habitudes de vie des populations qui l’accueillent, et non le contraire.

Certes pour les immigrants, la vie n’est pas facile et l’ostracisme toujours pesant. Alors pour un chrétien élevé dans le Darwinisme et convaincu d’agnosticisme qui se refuse à porter en sautoir un point d’interrogation,  il reste à souhaiter que les conclusions de la Commission Bouchard-Taylor n’amèneront pas les décideurs à remplacer toutes les croyances par une seule : le Laïcisme. Quoiqu’il en soit, et heureusement pour tous les immigrés qui ont choisi la Nouvelle-France il y a les Québécoises et les Québécois.

Ainsi ma famille et moi vous remercions pour ce cadeau inestimable que vous nous avez offert en nous aidant à parcourir le long chemin qui mène les déracinés à reprendre vie dans ce monde nouveau qui est avant tout le vôtre.

MERCI




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