Il est vrai que les récentes fermetures ou déplacements de commerce observés au centre-ville de Disraeli exhalent une odeur de désuétude difficile de supporter, comme si le milieu se trouvait en déclin. Historiquement, la rue Laurier fut le cœur et le symbole de l’activité socio-économique locale : gare, épiceries, hôtel, quincaillerie, mercerie, meubles, tabagie-librairie, variétés, électronique, boutique de forge, etc, ont animé ce secteur. La relocalisation du IGA dans son nouvel édifice situé sur la route 112 en direction de Saint-Joseph-de-Coleraine s’avère le dernier épisode de cette apparente atrophie ou agonie.
Il faut convenir que ce n’est pas la première fois qu’un milieu, dans le cours de son évolution, vive une variation inquiétante de sa structure économique. Toutefois, bien que souvent lente et douloureuse, ce passage peut également s’avérer fécond. Et si, au contraire, on y voyait plutôt un phénomène de mutation sous l’effet agissant de plusieurs facteurs externes inhérents à la modernité, force est d’admettre que l’avenir demeure ouvert.
J’aime croire que l’économie locale s’adapte tout simplement aux lois du grand marché régional. Le temps où le village devait s’auto-suffire est révolu; les facilités de communications donnent accès à d’autres comptoirs. L’ouverture récente du nouveau super-marché d’alimentation IGA dont le maire s’est dit publiquement très fier lors de son inauguration (voir autre texte) s’avère un bel exemple d’une réaction adaptée aux exigences d’une clientèle mobile et de la compétivité. Après analyse, il serait possible d’expliquer de la même manière d’autres fermetures qui ne sont pas des désertions.
Comme collectivité, il faut cependant rester alerte et lucide dans notre recherche de revitalisation. C’est ce que nous propose le nouveau chantier Rues principales convoqué par la ville. Tout d’abord, faire l’inventaire de notre spécificité en terme de forces attractives dont certaines n’existaient même pas au siècle passé et qu’il nous faut apprivoiser. Ce n’est qu’après que, en véritable concertation, une solide relance peut être envisagée. Fini le temps où la pensée magique (inaction) d’ailleurs inopérante ainsi que les initiatives en silo fondaient nos illusions.
En fait, une formidable occasion de reconversion et/ou de relance se présente. La proximité des grands centres de service aiguillonne la créativité et la recherche des citoyens. C’est une question de temps avant que d’heureuses surprises confondent les sceptiques et réaniment tout le vécu du milieu dont celui selon toute vraisemblance du centre-ville.