Nous avons tous été, sinon concernés, du moins informés des causes et des effets officiels sublimant le « Printemps arabe ». Imprégnés par l’histoire populaire de nos pays occidentaux, nous voulions tellement y croire. Croire à la démocratisation et aux libertés de ces peuples colonisés depuis le 9e siècle. Tellement persuadés, qu’après avoir soutenu la Tunisie et l’Égypte, nous avons, pour la Libye, applaudi l’intervention de l’OTAN initiée par les USA et menée ensuite par les Anglais, le Canada, la France et l’Italie….
Oui, nous avons applaudi l’élimination des « dictateurs » sans se poser la question rituelle dans tout conflit ou révolte : « À qui profite le crime »…En effet, dans tous les cas, le peuple est en première ligne et derrière, tout au fond d’un nouveau pouvoir idéalisé, il y a les initiateurs qui, tels les Romains plaisant aux dieux hurlent le rituel. « Armons-nous et partez ! ».
En parlant d’armes, qui fournissait les armes et les munitions, qui et comment finançait? Nous sommes-nous seulement posé les questions, à savoir pourquoi, après avoir chassé ses dominants et obtenu leur « Liberté », près de 300 000 jeunes Tunisiens ont fui vers l’Europe et surtout comment ces jeunes sans ressource ont pu payer 1 500 Euros (2 000 $) à leurs passeurs?
Non, nous étions convaincus que, après avoir pris le pouvoir, la démocratie ferait le reste dans ces pays bordant la Méditerranée. Que ces peuples enfin libres feraient connaissance avec la libre pensée et obtiendraient ou conserveraient l’égalité des sexes, comme c’était le cas en Tunisie depuis Bourguiba…
Seulement voilà ! Seraient-ce des démocraties résultant d’une unité spirituelle séculaire ou de celles dans lesquelles le peuple crée sa société? Ou bien encore des démocraties populaires mettant en place un pouvoir intégriste encadré par une pensée dogmatique, comme ce fut le cas en 1933 lorsque le peuple allemand inspiré par la révolution bolchevique de 1917 ayant pris naissance chez eux via Marx et Lénine, fut berné par la création d’un socialisme national salvateur, dont on connait la suite.
Alors, peut-être découvrirons-nous dans les prochains mois ou années les vraies raisons ainsi que le poids des conséquences de ces saisons mouvementées, pour ces peuples et pour l’Europe ….?
Netchaïev a écrit : « N’est pas révolutionnaire qui a pitié de quelque chose dans ce monde. »