Disons-le tout de suite, il est plus que temps que Québec se décide à abaisser le niveau maximal d’exposition au bruit pour une période de huit heures de travail. En à peine dix ans, le nombre de lésions liées à la surdité professionnelle reconnues par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST) a été multiplié par quatre, passant de 2300 en 2007 à 8872 en 2017.

Des chiffres qui laissent perplexe, non seulement en matière de santé publique, mais aussi en coûts sociaux. Par exemple, apprend-on, la CNESST a versé, en 2017, 26,6 millions de dollars seulement pour l’achat de prothèses auditives. C’est sans compter les indemnités ou les autres appareils que pourrait nécessiter la condition du travailleur.

Même si le lien de cause à effet entre le taux de décibels permis et l’augmentation des cas de lésions n’est pas prouvé, il est tout de même curieux de constater que Québec est la seule province canadienne à fixer le taux maximal d’exposition au bruit pour huit heures de travail à 90 dB. Ailleurs, ce taux est établi à 85 dB. Et ce n’est pas d’hier qu’on soulève la question.

Déjà en 2015, l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) tirait la sonnette d’alarme en disant qu’il faudrait « abaisser les limites réglementaires d’exposition au bruit de manière similaire aux autres provinces canadiennes et en accord avec les normes internationales », rapportait récemment Pascal Dugas Bourdon dans le Journal de Québec.

Il est donc plus que temps que la CNESST soumette des propositions de modifications à ses règlements et que le Québec s’accorde avec les autres provinces en matière d’exposition au bruit.

Soulignons qu’une exposition au bruit de 90 dB est considérée comme étant la zone dite de risque. Pour simplifier, cela équivaut à passer huit heures avec un moulin à café en marche.

Québec fera-t-il encore longtemps la sourde oreille ?

Source : Comité d’appui aux travailleurs et travailleuses accidentés de la région des Appalaches (CATTARA)