Depuis longtemps, le mois de septembre rime avec rentrée scolaire et, à Disraeli, c’est en 1883 que commence cette tradition. Mais les débuts de l’enseignement remontent plus loin dans notre histoire collective.

C’est aux mères de famille que revient la charge d’enseigner à leurs rejetons au début de la Nouvelle-France. À l’automne 1635, une première école élémentaire voit le jour à Québec grâce aux Jésuites, suivis des Ursulines qui créent une école pour jeunes filles. Dans les décennies suivantes, une trentaine de petites écoles ouvrent. Tous les écoliers y apprennent à lire, à écrire et à compter, et les filles y reçoivent des cours d’arts ménagers. Aucun cours d’histoire ou de géographie n’est donné, la religion occupant la plus grande partie de l’horaire. Les études sont de deux ans pour les garçons et de quelques années supplémentaires pour les filles.

Idola Grenier, première institutrice au Breeches, pose avec ses élèves en 1910. Photo gracieuseté Société Historique de Disraeli

En 1763, la Conquête anglaise vient compromettre les acquis en éducation. Plusieurs écoles ferment et il faut attendre que le Séminaire de Québec délaisse la formation exclusive des prêtres pour accueillir des enfants, comblant ainsi le manque d’écoles. La population divisée entre Français et Anglais suscite une confrontation pour les ressources financières, et ce sont les conquérants qui ont la part du lion.

En 1801, la loi scolaire, sous la gouverne de l’Institution royale, façonne l’éducation au Québec. Une bataille de juridiction voit le jour et, à la suite des pressions du clergé catholique, le Parlement du Bas-Canada adopte la Loi des écoles de fabrique, destinée aux franco-catholiques. Dorénavant, ce sont les curés et les marguilliers qui assurent la gestion des écoles, ce qui est bénéfique pour les francophones, qui verront s’ériger 48 écoles dites de fabrique en quelques années.

La faiblesse de l’éducation est la formation des maîtres, inadéquate, à laquelle s’ajoute un faible revenu pour les enseignants. En 1836, les écoles normales, qui formeront les futurs instituteurs, voient le jour à Québec et à Montréal. De 1867 à 1945, le système scolaire catholique se développe dans un méli-mélo généralisé, où écoles publiques et privées voient le jour côte à côte. Les écoles publiques n’offrent généralement qu’un accès restreint aux études supérieures, alors que les collèges classiques privés leur ouvrent la voie.

De 1946 à 1975, c’est l’époque des réformes et elles seront nombreuses : le cours secondaire sera de cinq ans avec des choix de cours différents pour les filles et les garçons. Puis, le Rapport Parent ouvrira la porte aux collèges d’enseignement avec les cégeps et les polyvalentes, qui naîtront sur tout le territoire du Québec. La réforme encadre le calendrier scolaire, la durée des cours, les prérequis d’un niveau à l’autre, bref, le système scolaire du Québec s’organise. De nouveaux programmes sont mis en place et les objectifs d’apprentissage sont clairement définis. La formation des maîtres se raffine, et l’enseignement, jusqu’alors assuré par les communautés religieuses, subit une laïcisation complète. L’université se fait accessible à tous avec la création de l’Université du Québec qui se décline sur l’ensemble du territoire. La télévision éducative voit le jour, c’est Radio-Québec, devenue Télé-Québec. Viendra aussi la Télé-Université, permettant une formation universitaire à distance. Le Québec devient compétitif sur la scène internationale et accueille des étudiants en provenance de l’étranger.

Notre système d’éducation ne cesse de progresser, de se bonifier. La langue devient un enjeu majeur, sujet à débats. Notre milieu scolaire se veut communautaire et responsable, s’adaptant aux changements sociaux, aux défis de la mondialisation et de l’immigration. Aujourd’hui, bien que les réformes se poursuivent, Disraeli, Stratford, Lambton, tout comme les autres municipalités du territoire, bénéficient d’un enseignement accessible, diversifié et de qualité.

À nous d’en profiter et de l’apprécier !