Alors que le ministre des Finances dévoilait son dernier budget avant les élections, le milieu communautaire reste sur sa faim. « Si le ministre Leitao admet volontiers que le financement des organismes communautaires doit être prioritaire, son budget donne un tout autre son de cloche », affirme Caroline Toupin, coordonnatrice du Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA). Pendant que l’État se prive volontairement de ses revenus par des baisses d’impôts, les investissements pour le communautaire ne totalisent que 22,5 millions $ pour 2018-2019. Si une bonne partie de ces sommes avaient déjà été annoncées l’automne dernier pour soutenir, notamment, les organismes en défense collective des droits (2,2 M$) et les corporations de développement communautaire (0,8 M$), 17 M$ semble être des montants additionnels destinés aux organismes en santé et services sociaux. Cette somme représente moins de 5 % des besoins réels des 4000 organismes d’action communautaire autonome (475 millions $). Plusieurs secteurs sont toujours laissés pour compte (environnement, loisir, médias communautaires, habitation, solidarité internationale, etc.) alors qu’ils subissent, comme tout le monde, une augmentation marquée de leurs dépenses.

« Les trois années de compression budgétaire font encore très mal aux populations marginalisées et aux organismes communautaires », souligne Claudelle Cyr, présidente du RQACA. « Les compressions ont beaucoup fragilisé la population et il y a des conséquences réelles sur le respect de leurs droits et sur les inégalités sociales », déplore-t-elle. Les demandes de soutien dans les organismes communautaires ont explosé au cours des dernières années alors que le financement n’a jamais suivi cette hausse.

Source : Caroline Toupin