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L’Humeur des paysages

« Moi, mes souliers ont beaucoup voyagé… », chantait notre aède national. Il y a pour moi beaucoup d’évocations dans l’image que propose Charlie ce mois-ci. Celle qui saute aux yeux étant celle du labeur. Quand, par exemple, on enfile ses bottes de travail pour aller au chantier, au champ, au bureau (elles seront plus fines et sans cap d’acier, mais ce seront les mêmes). Das Boot. Photo par Charlie McKenzie Et…
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L’Humeur des paysages

Ce matin de fin avril, une brume épaisse; des plaques de neige parsemées dans la prairie, dans la forêt; le petit lac, derrière le ruisseau en délire, pas encore calé… Qu’importe! Le printemps est arrivé, on le sait. Et jour après jour, la nature va débourrer à toute vitesse. Les chats, tout de blanc et de doré vêtus, ressemblent à des pantomimes et se déplacent précautionneusement entre les flaques de…
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L’Humeur des paysages

Je comprends pourquoi soufflent souvent de grands vents dans les films d’horreur quand je vois et entends celui de ce matin qui enfle et gronde. Ce qui me fait penser à la joie, qu’on craint parfois de nommer, encore plus de crier sur les toits de peur qu’elle ne s’effrite. Le malheur, lui, toujours tonitruant, ne se gêne pourtant pas. Mais je comprends aussi qu’à la lumière et à la…
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L’Humeur des paysages

Un ami très cher d’autrefois me confiait que lorsqu’il ne savait pas quoi faire, il passait le balai. Comme sa maison n’aurait sans doute pas été retenue pour une annonce de spic and span, je me disais qu’il ne devait pas s’ennuyer souvent. Des mots, des images comme ça nous reviennent à l’esprit comme un vieil album photos qu’on redécouvre en classant des affaires, en faisant du ménage. Toujours nous…
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L’Humeur des paysages

C’est le regard porté sur les êtres et les choses qui en déterminent la poésie. Cette gélinotte unique n’a d’abord été vue que par un seul homme, qui l’a transformée en poésie, et nous l’offre. Regarder mon chéri par la fenêtre passer le souffleur sur son tracteur : ça s’imprime sur ma rétine et devient le filtre des moments éloignés où il disparait de ma vue. La belle Lou à l’accordéon…
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L’Humeur des paysages

Hier la pluie avait dégagé la prairie, on discernait presque l’herbe, et le ruisseau rugissait devant ce printemps importun. Ce matin, la neige, la belle neige blanche et fine recouvre à nouveau la prairie, l’allée, le chemin, tout. L’autre jour à la radio, j’ai écouté un récit de l’anthropologue Serge Bouchard qui parlait de pionniers, des inventeurs de la souffleuse et des chasse-neige. De l’effort de l’homme québécois depuis les…
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L’Humeur des paysages

Résistance. Photo par Charlie McKenzie Comme toujours, avant de commencer à rédiger cette chronique, je m’imprègne de la sensibilité que Charlie me transmet par ses images. Comme souvent, je me tourne vers mon chéri et lui demande sur quoi je vais écrire. On dirait comme ça que je manque un peu d’autonomie, mais en fait, comme vous le savez, j’ai surtout besoin de l’autre en tant qu’« alter ego ». Le mot…
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L’Humeur des paysages

En regardant la magnifique photo de mon ami Charlie, je me dis que les choses ne sont pas toujours ce qu’elles semblent être. Le froid, et avec lui, la neige sont arrivés, puis repartis, puis reviendront, avant de céder à leur tour la place à une autre renaissance, dans le cycle des saisons, le cycle de la vie. J’ai eu trois fois vingt ans, la semaine dernière. Des milliers d’images…
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L’humeur des paysages

Maintenant que j’ai vendu la mèche, vous savez que c’est mon chéri qui me dicte souvent  les sujets de mes chroniques. Ainsi lorsqu’il me demande sur quoi portera celle-ci, je lui réponds tout naturellement : — Ben dis-moi… — Le voyage, renchérit-il, puisque t’arrive de Paris. Photo par Charlie McKenzie Comme toujours sa sagacité me laisse pantoise. Comme toujours, je sais qu’il y a bien plus derrière le miroir de l’évidence. Une âme,…
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L’Humeur des paysages

Photo par Charlie McKenzie Par Dyane Raymond et Charlie McKenzie Souvent je commence à écrire cette chronique sans trop savoir de quoi elle sera composée. Je me laisse d’abord porter par la photo de Charlie, puis pense au généreux banquet chez Nicole et Daniel l’autre samedi, ou demande à mon chéri de me suggérer un thème, qui me répond en général la première chose qui lui passe par la tête.…
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L’Humeur des paysages

Par Dyane Raymond et Charlie McKenzie Ne rien prendre pour acquis. Ainsi pourquoi le plus beau voyage ne se ferait-il pas à bord d’un bateau au milieu de la forêt ? Je ne parle pas seulement de l’imagination qui ouvre les possibles. Je parle du fait que l’instant présent intervient, influence, décide du suivant. On peut penser, prévoir, échafauder des plans d’actions et en bout de ligne, au matin du…
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L’Humeur des paysages

Par Dyane Raymond et Charlie McKenzie Nous nous définissons, entre autres, par nos blessures. Ce sont elles qui façonnent les êtres que nous sommes. Elles qui façonnent la bonté dont nous sommes capables. Elles qui façonnent la retenue, l’élan, le possible et le difficile de nos existences. Je ne suis pas certaine, comme le prétend Nietzsche, que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, j’aime mieux penser…
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