Aux 17 missionnaires qui ont desservi la paroisse Saint-Olivier de Garthby entre 1848 et 1882 ont succédé 12 curés. Dans cette troisième partie de la chronique sur l’histoire de la paroisse Saint-Charles-Borromée, on retrouve les prêtres qui ont exercé entre 1882 et 1892.

Le curé Clément Dubé, 1882-1886, fait finir l’intérieur du presbytère par M. T. Jacques (on parle des anciens bâtiments). Un bazar organisé amasse la somme nécessaire pour payer ce dernier, soit 325 $. Le 13 mars 1883, il écrit à l’évêque de Sherbrooke pour lui demander l’autorisation de construire un couvent. La réponse est négative, on ne veut pas endetter la paroisse. Le 8 novembre 1884, après avoir fait construire un petit clocher sur la chapelle, il fait bénir par l’abbé Laplante, curé de Saint-Fortunat-de-Wolfestown, une cloche de 510 livres. Les parrains et marraines de ce bourdon sont : David Grenier et Scolastique Lepage, Thomas Jacques et Amaryllis Croteau, Cléophas Jacques et Julie Charland, Onésime Trottier et Casildé Brière, Joseph Lapointe et Célina Morin, Antoine Lafleur et Clarisse Laroche, Samuel Royer et Cécilia Buron, Pierre Vachon et Agnèse Gosselin, J. Picard et Élisabeth Lafortune, Théophile Boulanger et Élise Samson, Charles Simpson et Mary McCall. La petite cloche donnée par M. Béliveau fut déplacée sur l’école du village. Les 22 et 23 octobre 1884, avec l’autorisation du juge E. T.  Brooks, les restes des deux anciens cimetières sont exhumés et transportés dans leur nouvel endroit de repos, soit sur un terrain donné par Roche et Boulanger, le lot 63, rang III Nord.

Les 1er, 2 et 3 juillet 1885, Mgr Racine est en visite paroissiale et en profite pour encourager la population à entreprendre les démarches nécessaires afin d’ériger la mission Saint-Olivier en paroisse canonique civile.

En 1886, c’est l’arrivée de l’abbé Joseph Louis Marie Lévesque (1886-1882) qui jouit d’un grand talent d’organisateur. Bazars, collectes, bonnes œuvres se succèdent. Les profits servent à la réparation de l’église et à l’agrandissement du presbytère. Il procède également à l’achat d’un harmonium, fait creuser un puits que l’on dit très dispendieux, se procure des ornements d’église, des vases sacrés, des statues, des tableaux et des bouquets de toutes sortes. Le 30 juin 1887, l’érection canonique de la mission Saint-Olivier est officielle et les premiers marguilliers sont élus le 29 décembre 1889, dont Tomas Jacques, marguillier responsable, Joseph Lapointe et François Tessier.   Les 8, 9 et 10 juillet 1888, 168 confirmés reçoivent le sacrement des mains de Mgr Antoine Racine. Puis s’amène l’abbé Joseph Arthur Hercule Gignac, qui veillera sur la nouvelle paroisse de 1888 à 1892. À son tour, il fait réparer le presbytère par M. Eusèbe Mercier au coût de 226,66 $. Il est aussi responsable de l’annexion d’une partie du canton de Stratford à la paroisse de Garthby pour des fins religieuses. Le décret est émis, dans ce dossier, le 1er octobre 1889. Le 2 novembre 1889, il y a plantation d’une quarantaine de pins au cimetière. Sous sa gouverne, 3 écoles (125 enfants) voient le jour. Toutes ces réalisations, même si le curé Gignac les a menées d’une main de maître, ont été possibles grâce à la générosité des compagnies Clarke, Roche, Léonard & Morin et leurs représentants.

Sources : Notes historiques d’Édouard Grenier, Souvenirs épars sur la berge d’un lac, Répertoire des naissances, mariages, annotations marginales et sépultures, Canton de Garthby.