Le 10 juillet 1962, tout le village de Disraeli est en émoi à la suite de la disparition d’une jeune fille de 15 ans : Lise Mercier. Le journal Le Progrès de Thetford, dans son édition hebdomadaire, nous rapporte le triste événement : le lundi 9 juillet 1962, Lise Mercier, demeurant sur la rue Saint-Jean avec sa mère Béatrice Marchand (son père, Gérard Mercier, décédé accidentellement en 1955) quitte la maison en début d’avant-midi pour faire une randonnée à bicyclette. Elle n’aurait pas été revue après. Selon les résultats de l’enquête, elle aurait descendu la rue pour aller à la salle de quilles des Chevaliers de Colomb (aujourd’hui rue Guertin), à proximité de la résidence de M. Marius Ouellet (La Chanterelle), perdu le contrôle de sa bicyclette et frappé le muret de ciment en bordure du lac. Dans sa chute, elle se serait frappé la tête sur des pierres et serait tombée dans le lac, sans que personne en soit témoin.

Vers 10 h 30, un jeune garçon du nom de Damic Kralj (le fils d’une famille de réfugiés yougoslaves, nouvellement arrivée à Disraeli) aurait remarqué la bicyclette sur le bord de la rive. L’ayant aperçue au même endroit à l’heure du souper, il décida de l’apporter chez lui afin de la réparer et de la remettre au chef de police Laurent Côté, le lendemain matin.

Ce n’est que vers 19 h, lundi soir, que la mère alerta les autorités policières de l’absence prolongée de sa fille. Lorsque le jeune Damic rapporta la bicyclette au chef de police dès 7 h, mardi matin, l’hypothèse de la noyade devint alors apparente. Les fouilles débutèrent aussitôt sur le lac à l’aide de grappins. Les recherches n’ayant rien donné, les autorités civiles décidèrent de faire appel aux membres du Club de plongée sous-marine de Thetford-Mines. À 13 h 10, les plongeurs Rosaire Yergeau et Damien Laflamme firent leur première plongée. Moins de vingt minutes plus tard, M. Yergeau repérait le corps de la disparue sous douze pieds d’eau à une quinzaine de pieds du rivage. Son compagnon M. Laflamme vint lui prêter main-forte et c’est ce dernier qui ramena le corps de la jeune fille sur la terre ferme devant une foule de curieux venant de partout. L’enquête, dirigée par la Sûreté du Québec de Sherbrooke, conclut à la mort de la jeune Lise Mercier par noyade. Les funérailles eurent lieu le13 juillet à Disraeli.

La foule de curieux, sur les bords du lac, au moment où le corps de la jeune fille était repêché par deux hommes-grenouilles de Thetford-Mines.