Par Gaëtane Therrien

Je voue une grande admiration à Fabrice Luchini, acteur d’une rare intelligence de jeu, qui, par ailleurs, est aussi un homme d’une grande culture littéraire. Chaque geste, chaque mouvement facial est étudié, travaillé minutieusement, pour incarner avec un succès remarquable chaque personnage qu’il aborde. Il va sans dire que j’étais ravie de le voir jouer Jean-Michel Rouche dans ce film présenté au Cinéma du lac.

C’est l’histoire d’une enquête littéraire menée d’une façon policière… Comme un polar, parfumé d’humour raffiné et subtil. Dès le début, le Concerto pour clarinette en la majeur de Mozart nous projette dans l’esprit du film. Cette histoire d’escroquerie littéraire, chose qui arrive réellement dans le monde de l’édition, le réalisateur Rémi Besançon l’aborde à bon escient et avec justesse.

Quand Jean-Michel Rouche lit le roman, un manuscrit trouvé dans une bibliothèque bretonne, section ouvrages refusés, il invite à son émission télévisée l’éditrice et la femme du présumé écrivain. Il sent avec son flair aiguisé de critique littéraire que quelque chose ne tourne pas rond. Il fait un esclandre, attaque vivement les deux invitées. Puis, refuse de s’excuser. Résultat inexorable : il se fait licencier illico. Mais, plus encore, il perd sa femme.

Désespéré, l’est-il vraiment ? Non. Convaincu hors de tout doute qu’Henri Pick n’est pas le véritable auteur, il part à la recherche de la vérité. En cours de route, il rencontre Joséphine Pick, la fille du prétendu auteur. Se crée alors une belle amitié complice entre les deux. Camille Cottin est parfaite pour ce rôle, du déni de la tromperie suspectée au partage de l’opinion de Jean-Michel Rouche. Sans répit et avec acharnement, les deux protagonistes réussiront à démasquer les éléments de la supercherie jusqu’au dénouement de l’énigme.

Si ce film n’est pas d’une grande profondeur, il est fort divertissant par sa légèreté amusante.