coup_chapeauIl a consacré sa vie à parler aux jeunes, à échanger, à discuter avec eux. Il voulait bien sûr enseigner à ses élèves, mais il désirait surtout leur apprendre l’écoute et le dialogue, des outils essentiels pour bien vivre. Prof de religion, de catéchèse ou de sciences religieuses selon les époques, Jean-Denis aura consacré 33 ans de sa vie à la jeunesse de la région. Quand on y pense, c’est autour de 10 000 élèves qu’il aura contribué à ouvrir au monde, à qui il aura proposé des valeurs humaines et spirituelles qui les guideront toute leur vie. Encore aujourd’hui il croise d’anciens élèves. Ils n’ont pas oublié cette classe « en cercle » pour favoriser la discussion. Devenus des femmes et des hommes actifs, ils se rappellent ces belles heures d’échanges et de questionnement sur le sens des choses et de la vie : le prof en est heureux :

Ceux qu’il a guidés en ces jours passés,
À qui il a beaucoup donné,
Font naître en retour un sentiment
D’immense accomplissement.

Jean-Denis Grimard
Il arrive ou il quitte le Cantonnier? Chose certaine, Jean-Denis Grimard a toujours le Cantonnier en tête! Crédit photo: Yves Lirette

Jean-Denis Grimard est un Disraélois de toujours, marié à Lise Bouliane il y aura bientôt cinquante ans. De cette solide union sont nés trois enfants. Féru de sport, d’abord de hockey mais aussi de badminton, notre homme gratte aussi la guitare et pratique le chant. Sa polyvalence ne s’arrêtera pas là car il aura même fait partie d’un petit groupe de sculpteurs sur bois, « Les gosseux », où son imagination façonnera des personnages de toutes sortes. Ce solide gaillard au couchant de la soixantaine a pris sa retraite en 1999.

C’est à Sherbrooke qu’il a fait ses études de théologie jusqu’à la maîtrise en sciences humaines des religions. En 1966, il enseigne une année à Sherbrooke, puis revient dans son patelin où il travaille à l’école Sainte-Luce, à l’époque une école secondaire. Pendant ce temps la construction de la polyvalente va bon train depuis 1967, si bien qu’en 1969, Jean-Denis y entre pour une longue carrière. Époque de grands bouleversements dans le monde en général et en particulier dans celui de l’éducation, il fallait beaucoup de créativité, de ténacité et d’endurance pour exercer la profession d’enseignant. Surtout pour enseigner la « religion » à des jeunes plus ou moins motivés!

Alors, d’où lui vient sa vocation? Il nous dira qu’il a été élevé dans un milieu très pieux, qu’il a été servant de messe et choriste et que tout cela élève l’âme. Mais il est certain que l’influence et l’exemple des frères Maristes auront été majeurs.

À peine retraité, Jean-Denis s’implique dans un groupe récemment formé pour identifier des pistes de revitalisation : la région peine et régresse. L’idée d’un journal régional émerge : il donnerait une voix aux gens leur permettant de se mobiliser et de se prendre en main. Quelqu’un dira : « On est au bout de tout et au début de rien, il faut s’organiser! » Jean-Denis a déjà été courriériste à La Tribune : cette idée l’interpelle et l’enthousiasme. D’autant plus que le Courrier Frontenac est peu présent dans la région. Alors il monte un dossier avec un comité et le support de l’Association des médias écrits et communautaires (AMECQ), si bien que la première édition d’un nouveau journal de 12 pages voit le jour en avril 2000. C’est un travail à temps plein, le soir et les fins de semaine, qui attend la petite équipe de sept à huit fondateurs bénévoles.

Aujourd’hui une soixantaine de bénévoles s’activent pour donner la parole aux gens d’ici et Jean-Denis est fier de cette réalisation collective. Il s’est donné en entier pour Le Cantonnier, il a frôlé le burn-out. Le journal fête maintenant ses 15 ans d’implication régionale, il entre dans plus de 6 000 foyers et entreprises et rejoint près de 12 000 personnes. C’est un fleuron de l’action bénévole. Avec une relève engagée, Jean-Denis souhaite une longue vie au Cantonnier.

Avec ses deux carrières, celle à l’école et celle au Cantonnier, Jean-Denis Grimard aura beaucoup donné à sa communauté, près de cinquante ans de vie active; il aura beaucoup reçu aussi. La région en porte la marque, les hommes en portent le souvenir vivant : coup de chapeau à un homme d’un engagement exceptionnel!