Le taux de diplomation en cinq ans dans le réseau public québécois ne s’est pratiquement pas amélioré depuis près d’une décennie, oscillant entre 59 et 65 %. La situation des garçons du réseau public francophone et celle des élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation et d’apprentissage sont particulièrement préoccupantes. Pis encore, d’autres provinces ont fait des pas de géants au cours de cette même décennie, l’Ontario en tête, qui a amélioré sa performance d’environ 15 points de pourcentage.

Comme le démontre l’étude dévoilée aujourd’hui par l’Institut du Québec (IdQ), le retard du Québec en matière de décrochage scolaire ne peut pas uniquement s’expliquer par un manque de financement. Divers indicateurs de comparaison révèlent que même si les dépenses d’éducation ont connu une progression similaire au Québec et en Ontario entre 2004 et 2014, le Québec n’a pas réussi à accroître son taux de diplomation au même rythme que la province voisine.

Malgré les progrès importants réalisés depuis le Rapport Parent, un problème majeur persiste : avec un taux de diplomation au secondaire en cinq ans de 64 % pour le réseau public, le Québec présente la pire performance au niveau canadien, avec un écart de près de 20 points de pourcentage avec l’Ontario, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick.

Bien que les efforts de financement soient similaires au Québec et en Ontario depuis 10 ans, le taux de diplomation a bondi en Ontario alors qu’il stagne encore au Québec. L’argument du manque de financement ne peut donc pas, à lui seul, justifier la faiblesse persistante du taux de diplomation au Québec.

Que faire face à ce constat ? Bien sûr, il est impératif de poursuivre le financement de l’école publique québécoise à un rythme qui couvre l’inflation, la demande démographique et un ajustement additionnel pour atteindre les cibles de diplomation ambitieuses que s’est fixées le gouvernement.

Pour redresser la situation actuelle, l’IdQ propose donc de :

  • Faciliter l’accès aux données colligées par les commissions scolaires et le MEES en autorisant dès que possible l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) ou Statistique Canada à les héberger ;
  • Réduire les délais de publication des données et des indicateurs en créant une base de données facilement accessible au public ;
  • Procéder à une évaluation des programmes d’envergure avant de poursuivre leur déploiement ;
  • Appuyer les décisions sur les résultats probants de la recherche et les pratiques avérées. Pour y arriver, créer sans tarder un Institut d’excellence en éducation ;
  • Étudier et prendre en considération les meilleures pratiques en commençant par celles qui touchent l’enseignant.

Le rapport Les jeunes Québécois décrochent plus qu’ailleurs au Canada, malgré les efforts de financement est disponible sur le site « www.institutduquebec.ca ».

Source : Institut du Québec