Quelle réorganisation nous demande la COVID-19 ! Ce confinement nous oblige à revoir nos façons de voir et nos façons de faire.

Le respect des consignes sanitaires
En général, les règles sanitaires pour contrer la propagation de la COVID-19 ne causent pas trop de problèmes au quotidien. Là où c’est plus compliqué, c’est de rester chez soi. C’est particulièrement difficile pour les mamans monoparentales. Habituées à sortir avec les enfants, elles doivent revoir leurs pratiques. Du jour au lendemain, elles vivent une perte d’autonomie et doivent demander de l’aide à un service de commissions. C’est là que les émotions embarquent. Même si certaines familles apprécient de se faire aider pendant qu’elles passent du temps à la maison avec leurs enfants, plusieurs mères sont inquiètes de ne pas retrouver leur travail, de ne plus recevoir l’aide financière de l’ex-conjoint ou de devoir garder les enfants, seules, sans partage de temps, ayant ainsi à charge toutes les dépenses.

Pour les familles avec les deux parents à la maison ou un parent qui travaille, c’est différent. Il y a partage des tâches. Aller faire les courses peut devenir un moment de calme sans les cris, les pleurs ou les conflits entre ou avec les enfants. On peut jaser un peu, à distance, avec les gens qu’on rencontre. Plusieurs sont quand même inquiets à cause de la perte de revenu. Lorsque les deux parents travaillent, les enfants vont au service de garde d’urgence. Il y a alors l’inquiétude de contaminer la famille. De retour à la maison, les consignes sanitaires sont scrupuleusement respectées. C’est le lavage intensif de tout et de tous. « Les heures de travail sont énormes et on dirait qu’on voit encore moins la famille ». Dans tous les cas, les projets de vacances, lorsqu’il y en a, sont remis en question, tant pour des raisons sanitaires que financières.

Les gestes de solidarité
C’est le point le plus positif de cette pandémie. Cuisiner ensemble, avec les enfants, partager davantage les tâches ménagères, s’entraider entre enfants dans les apprentissages scolaires, aider la maman avec le biberon et les couches du nouveau-né, voilà autant d’exemples de la solidarité qui s’est développée dans beaucoup de familles.

Il y a aussi des gestes de solidarité entre voisins : faire les courses pour une personne âgée ou la maman d’un nouveau-né, faire des transferts d’argent par messagerie texte, effectuer des travaux extérieurs pour aider des personnes âgées seules. Tous précisent l’attention portée à la désinfection et à l’application des mesures de protection.

Mais il arrive aussi, malheureusement, que certains dérangent les autres par le bruit, sans trop se soucier des voisins dans les autres appartements.

La créativité pour maintenir une qualité de vie
Je pense que c’est récent, le souci de maintenir la qualité de vie. Au début, c’était un peu comme des vacances. Et pour certains, le confinement n’est pas trop problématique. Mais cette contrainte a tout de même affecté la qualité de vie. Chacun vit cela différemment. Les gens s’adaptent. Prendre son café ou faire un 5@7 en ligne avec des amis, faire ses courses en ligne et faire livrer, faire plus d’exercice, prendre davantage de temps avec ses enfants pour jouer ou faire des activités éducatives fournies par l’école, découvrir des sites sur Internet, cuisiner davantage sont des « façons de faire autrement » pour maintenir une bonne qualité de vie. La vie éducative est elle aussi devenue virtuelle. Plusieurs se promettent de conserver ces bonnes nouvelles habitudes. Il arrive même que le travail soit devenu moins stressant comme si la vie, en général, était moins rushante.

Pour maintenir une bonne qualité de vie, il y a aussi l’inscription à l’aide alimentaire et les contacts avec les organismes communautaires qui aident, écoutent et recommandent à des ressources possibles. Voilà de nouvelles démarches pour certains.

Ce que cette situation inhabituelle a permis de découvrir
En général, les familles ont découvert la vie de famille. C’est rigolo, mais c’est ça ! Ça leur a permis de mettre de l’eau dans leur vin pour que l’entente soit présente au sein de la famille. Les familles semblent revenir à des valeurs d’entraide, d’écoute, de respect et à l’appréciation de chaque membre de la famille, d’autres sont heureuses de ne pas être malades, de ne pas avoir à aller à l’hôpital et d’avoir toujours du travail.

Par contre, la chaleur humaine manque en dehors de la famille. Oh ! comme c’est agréable, un câlin ! Les amis manquent. On a hâte de retrouver la vie sociale. C’est une question de survie psychologique. En plus, certaines familles sont en appartement et n’ont qu’un balcon pour jouer dehors. Alors, c’est important de faire de l’exercice pour éviter les « chu à boute ».

Le monde virtuel
À quel point nous avons des informations, c’est fou ! Par contre, certaines familles n’ont pas accès à l’Internet. Dans ces cas, les appels téléphoniques peuvent dépanner. On peut aussi passer par un organisme pour obtenir un document imprimé.

MERCI
Merci à tous les parents qui ont si aimablement partagé avec moi leur façon de vivre cette pandémie.