Ici, comme ailleurs, le temps des Fêtes a toujours été un temps d’échange, un temps où l’on fait appel à la générosité de tous. Entre les sollicitations du curé et la visite de maison en maison du bedeau dans le Québec d’autrefois, c’est encore la guignolée qui est l’une des quêtes les plus importantes.

Sur ses origines, on ne s’entend pas. Est-ce une vieille coutume française arrivée ici avec les premiers colons ? Ou aurait-elle une origine gauloise, lorsque les druides cueillaient le gui au jour de l’An et criaient en signe de réjouissance « Au gui l’an neuf ! » ? Peu importe, une chose est certaine, c’est qu’au Québec, les premières guignolées ont, vraisemblablement, été organisées par « la » Saint-Vincent-de-Paul. Dès 1861-62, des jeunes passaient la guignolée dans des paroisses québécoises. Au tournant du siècle, des voyageurs de commerce faisaient équipe avec la Société de Saint-Vincent-de-Paul pour sillonner à la brunante les rues de Québec, la veille de Noël ; dans les années 1930, on tenait la guignolée vers le 10 décembre.

Chez nous, pendant les premières semaines du mois de décembre, des hommes et des femmes, membres pour la plupart de la Société de Saint-Vincent-de-Paul et des Chevaliers de Colomb, vont de porte en porte, dans les maisons et les appartements, recueillir des dons pour les plus défavorisés de leur quartier. Presque toutes les maisons de la paroisse sont visitées et, la quête terminée, on divise en lots les produits récoltés avant de les distribuer à ceux qui en ont le plus besoin. Il existe même une chanson de la guignolée : Bonjour le maître et la maîtresse / Et tous les gens de la maison / Nous avons fait une promesse / De v’nir vous voir une fois l’an. Voilà ! C’est ça, le sens de la guignolée !

Cette pratique n’a pas beaucoup changé et, de nos jours, nous recevons, année après année, la visite des « guignoleux ». Alors, lorsque l’on sonnera à votre porte, ouvrez et donnez généreusement ! Mettez du bonheur dans la vie de quelqu’un d’autre.