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Photo par Charles Audet

C’est mercredi le 2 octobre dernier que l’ensemble de la population de Disraeli fut convié à une séance publique d’information. Le sujet? Rien de moins que l’eau potable. Le maire de Disraeli, M. André Rodrigue, a d’ailleurs qualifié de « chaud depuis plusieurs années » ce dossier qui touche, on s’en doute bien, tous et chacun.

Problématique
La problématique avec l’eau de la municipalité ne date pas d’hier. Les Disraelois ont depuis longtemps constaté une dégradation de cette ressource essentielle, étant périodiquement confrontés à de l’eau noire. La dureté de l’eau municipale et les taches sur le linge sont, de ce fait, des inconvénients présentement connus. La présence de manganèse explique en grande partie cette impureté de l’eau. Un taux de carbone organique trop élevé est également mis en cause par les représentants de la firme d’ingénieur CIMA +. De plus, une mise aux normes des installations de traitement et de distribution de notre eau potable est obligatoirement requise par la nouvelle réglementation gouvernementale. Cette dernière se veut beaucoup plus restrictive envers les municipalités.

UNE copieSolutions possibles et coûts
La mise en place d’une nouvelle usine de filtration est donc essentielle. Cette dernière serait localisée à même le site Saint-François. Par contre, il y a deux solutions de traitement acceptées par le Ministère du Développement Durable, Environnement, Faune et Parcs.

La première nommée solution A consiste en une filtration membranaire. La chaîne de traitement, très bien détaillée lors de la consultation publique, assurerait une eau potable non-colorée. La dureté de l’eau et la présence de manganèse seraient également choses du passé pour les citoyens. Cette solution coûterait, au bas mot, 6,5 millions de dollars. À noter qu’à ce montant serait déduit 2 426 000$ de subventions estimées. Le règlement d’emprunt final de la Ville serait donc d’un peu plus de 4 millions de dollars. Bien que les coûts d’immobilisation et d’opération soient plus élevés, cette solution est préconisée par nos dirigeants municipaux.

La solution B, dite de chloramination, est la solution préconisée par le Ministère des Affaires Municipales (MAMROT). Réglant également la présence nuisible de manganèse, le contribuable devrait, par contre, se résoudre à avoir une eau jaune-orangée ainsi qu’une augmentation du risque d’odeurs inhabituelles. Une fois les subventions déduites du coût initial, le règlement d’emprunt de la Ville est estimé à 1 650 000$. À noter que les frais d’opérations et d’entretiens annuels sont également inférieurs de 8000$ comparativement à l’option précédente. L’avantage premier de cette solution se veut, bien sûr, un coût bien inférieur par rapport à la solution A.

Impacts sur les taxes municipales
C’est au nouveau directeur général de la Ville de Disraeli, M. Guy Laflamme, qu’incombait le mandat d’expliquer l’impact financier des solutions proposées sur les taxes municipales. Le constat estimé est simple : la solution A (327$ par année) coûterait en moyenne le double aux contribuables que la solution B (165$ par année). Le montant de la solution choisie sera additionné au 90$ actuellement en fonction pour le coût d’exploitation. Nos représentants municipaux ont également confirmé qu’une taxation ajustée en fonction de l’utilisation est envisagée pour les commerçants de la municipalité.

Réactions des citoyens
Constatant la nécessité et l’obligation de mettre en place l’usine de filtration, la centaine de citoyens ayant assisté à l’une des rencontres appréhendaient tout de même les coûts associés à cet investissement majeur. Lors de la période de questions, plusieurs interrogations et remarques concernant l’impact de cet investissement, sur le compte de taxes des résidents ont d’ailleurs été débattues. Une interrogation légitime concernant la mise en place de compteur d’eau résidentielle fut, entre autre, avancée par un citoyen. Cette option dite «d’utilisateur payeur» ne semble présentement pas une avenue envisageable.

Pour terminer, les citoyens présents furent invités à voter de façon informelle sur le choix des solutions proposées. Lors des 2 rencontres d’information, le vote à main levée fut très majoritairement en faveur de l’option la plus dispendieuse, soit la solution A. Au nom de la municipalité, M. André Rodrigue confirma que l’opinion des personnes présentes serait, à coup sûr, considérée lors de la décision finale.