Depuis plusieurs années, à Stratford comme ailleurs dans la province de Québec, l’évaluation foncière des propriétés riveraines a augmenté constamment à cause de la forte demande qui fait augmenter les prix des propriétés. Les municipalités ajustent alors le taux de taxation par $100 d’évaluation (millin) afin de combler leur budget annuel.
Cette année, le nouveau rôle d’évaluation de Stratford a augmenté d’une moyenne de 45 % (165.3 millions vs 113.8) ce qui n’est pas ordinaire. Le millin était auparavant de 94¢ mais le conseil a décidé majoritairement (4 vs 3) de le garder au même niveau. Cette décision augmente les revenus de la municipalité de plus de 30 % ! A cause d’un nouveau système d’évaluation de la M.R.C. du Granit, cette inflation galopante frappe plus durement les riverains des lacs et les propriétaires de «terres à bois » que les citoyens du village. Si les évaluations foncières étaient restées les mêmes, il aurait fallu augmenter le millin à environ $1,22 pour obtenir le même résultat ! Je ne crois pas qu’une telle option aurait été prévilégiée par le Conseil et pourtant, c’est ce qui se produit dans les faits pour un grand nombre de citoyens.
Même si les comparaisons sont souvent odieuses, considérons ce qui a été fait dans deux municipalités semblables à Stratford et situées sur les rives du lac Mégantic : Frontenac et Piopolis. A Frontenac, l’évaluation foncière a augmenté en moyenne de 34 % (155 millions vs 116) et le millin a été diminué de 15.8 % (95¢ à 82¢). A Piopolis, l’évaluation foncière a augmenté en moyenne de 47 % (69.7 millions vs 47.4) et le millin a été abaissé de 16.8 % (90¢ à 77¢). Un effort a donc été fait par ces municipalités pour diminuer l’impact de la hausse des évaluations et malgré cela, comme on peut le lire dans le journal l’Echo de Frontenac, la grogne est forte à Mégantic au sujet des taxes foncières. Que dire de Stratford où le millin est resté le même….
On donne comme explications que le nouveau rôle d’évaluation a été connu tard dans l’année 2007 alors que le budget 2008 était déjà en élaboration, que le service des incendies exigera de grandes dépenses, que les administrations précédentes ont négligé des secteurs comme la réfection et le pavage de routes secondaires etc. Il demeure toutefois qu’une hausse des taxes foncières d’une telle amplitude mérite et doit être détaillée par écrit et expliquée lors d’une réunion spéciale pour les citoyens.
A la réunion du conseil du 3 mars, en réponse à ma demande, on a promis de présenter d’ici 3 ou 4 mois un plan détaillé des dépenses à venir dans les prochaines années. En réponse à une autre question, on a aussi mentionné qu’il était possible que le millin soit ajusté lors du prochain budget suite aux représentations des citoyens.
Les citoyens ont droit de savoir où vont leurs taxes et aussi d’avoir leur mot à dire quant à l’étalement des dépenses. Paris ne s’est pas bâti en un jour…Nous espérons que le Conseil se penchera sérieusement sur la question en 2008 et donnera les explications nécessaires assez rapidement. Le dossier est à suivre.
Luc Michel, riverain du lac Aylmer