Nombreuses sont les municipalités qui ont publié leur budget 2012 dans la Presse provinciale laquelle a aussi souligné l’impact des augmentations de certains impôts indirects. La période est donc propice pour tracer d’abord quelques lignes sur ce qui n’y figure pas et viendra aussi obérer les budgets familiaux déjà largement sollicités.
Dans les trois cas cités, ma référence est La Tribune. Ainsi dans son édition du 10 décembre, on peut y lire un article dont le titre « Hydro Québec justifie sa demande de hausse de tarifs » ressemble à priori au déjà vu annuel alors que les justifications des augmentations souhaitées pour 2012 et les suivantes surprennent le lecteur. En effet, on y retrouve le très technique impact négatif sur le budget de la Société d’État par l’application des normes comptables internationales (IFRS). Mais la meilleure est la mise en cause des financements des « Énergies renouvelables » comme les parcs d’éoliennes, qui entraîneront des investissements importants dans le transport, mais surtout « Il en coûtera pas moins de 132 M$ à Hydro pour acheter la nouvelle production issue de ces projets »…
Ce qui peut nous rappeler les augmentations de tarifs pour baisse sensible de consommation après qu’Hydro, par moult procédés médiatiques, avait incité les consommateurs à réduire la dite consommation. Mais là, notre secteur est d’autant plus concerné par la nouvelle demande que, dans la région du Granit, 16 municipalités sur 20 participent à hauteur de 30 % dans un projet éolien intégré dans le Parc de Saint-Robert-Bellarmin (voir Le Cantonnier de décembre 2010), soit 8.5 M$. Un investissement qui devrait produire entre 14 et 20 M$ de bénéfices nets sur 20 ans… Donc, sachant que ces bénéfices sont le résultat de la vente du KW produit à un tarif proche du double du prix actuel, on pouvait se demander comment le distributeur pouvait financer le différentiel; maintenant nous le savons. Bien entendu, par ce fait, nous savons aussi que la contribution du consommateur, qu’il soit citoyen du territoire concerné ou non, assurera la totalité de la masse bénéficiaire qui servira : soit à atténuer les charges engendrées par les conséquences de la traditionnelle évaluation redondante, soit à éponger les dettes entraînées par les investissements réalisés ou ceux imposés par les besoins de développements économiques régionaux ou locaux.
Ensuite, et cette fois dans l’édition du 16 décembre, Charles Côté dans son article « Québec cible l’industrie pétrolière » cite Pierre Arcand ministre du MDDEP lequel engage la Province dans une procédure fiscale destinée à s’inscrire dans les accords de KYOTO qui, rappelons-le, contraignent les producteurs de GES à acheter des droits de polluer. Toutes les industries émettrices sont bien entendu concernées, mais l’impact de ces procédures devrait, dès 2015, toucher particulièrement les distributeurs d’hydrocarbures qui devront acheter des crédits. Alors devinez qui au bout de la chaine va faire les frais de ces mesures. Ben oui, tous ceux et celles qui, loin des centres urbains, ne disposant pas ou peu de transports collectifs, n’ont qu’un moyen d’atteindre leur lieu de travail, les soins de santé etc.… : l’automobile qu’elle soit récente ou ancienne.
Pour, non pas conclure, mais confirmer ce dont chacun d’entre nous pouvait se douter, je me permets de citer les premières lignes d’une déclaration en interview ( 21 déc) du maire de Thetford M. Luc Berthold: « L’impôt foncier ne suffit plus, nous sommes au bout de notre capacité d’agir avec les moyens dont nous disposons ». Dès lors, connaissant seulement le coefficient de l’endettement individuel des contribuables, qu’en est-il des moyens dont les municipalités pourraient disposer ?