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Mme Evelyne Toulouse

Quel plaisir que de relancer cette rubrique destinée à recueillir un maximum de souvenirs auprès des bâtisseurs de l’histoire de nos hameaux et villages.

Alors cette fois, quel honneur d’être face à face avec Mme Evelyne TOULOUSE, tante par alliance de Luc GRONDIN et l’une des doyennes de LAMBTON alors que fille de parents fermiers, Napoléon Toulouse et Marie Thibodeau est née à Beauceville en1916, dixième d’une fratrie de treize enfants sept garçons et six filles et dotée d’une vigueur et d’une mémoire peu communes.

En 1920 la famille s’établie à Saint Victor où, peu après et jusqu’en 1930, elle fréquente l’école de Rang située sur la route108 qui accueille filles et garçons, pour en 1931 être admise chez les Soeurs Servantes du Sacré-Coeur-de-Marie, où après deux ans, donc à 17 ans, elle obtient un diplôme d’éducatrice qui l’autorise à enseigner au premier niveau mixte et multiple.

Dans les jours qui ont suivi, sa mère maitrisant un attelage d’une « rubber tire » chargée de foin, d’avoine et d’eau pour permettre au cheval de se sustenter au cours de ce long voyage, part de LAMBTON où elle est hébergée par son fils Wilfrid pour rejoindre sa fille à Saint-Victor afin de l’amené à LAMBTON pour lui faire rencontrer M. Édouard BOLDUC, commissaire scolaire afin de valider son diplôme, et obtenir ainsi un emploi d’institutrice à l’école du rang 2 au salaire confortable de 50 centimes par jour..

Deux années s’écoulent et le 8 mai 1935, Évelyne convole en justes noces avec Orpha BOLDUC, fils du commissaire qui avec son épouse Lauréa TARDIF hébergent à la ferme le jeune couple pendant douze années au cours desquelles il offre au monde cinq enfants dont leur fille Louiselle, en avril 1936 mariée en 1955 et leur fils Réjean en Mars 1938 marié en 1957. Les trois autres bébés n’ayant malheureusement pas survécus…

En 1939, la guerre est déclarée et la conscription est mise en oeuvre. Ainsi son époux Orpha en même temps que son ami Orpha GONTHIER, doivent impérativement se présenter au bureau de recrutement de Valcartier. Mais, bonheur : l’un et l’autre étant fils d’agriculteurs sont dispensés. Et sans perdre de temps s’empressent de rejoindre leurs familles qui, sans aucun doute, sont soulagées et heureuses.

En 1947 après les douze années passées chez les beaux parents, le jeune couple et ses enfants exploitent, jusqu’en 1965, la ferme familiale du Rang 2 située face à la Ferme de Donald LAPOINTE. Ensuite et jusqu’en 1971, ils se retrouvent sur une ferme située sur la 108 à la sortie est de Lambton. Après quoi ils viennent résider chez son frère Wilfrid, dans le village à proximité de la COOP jusqu’en 1978 année au cours de laquelle est décédé son époux. Se retrouvant seule elle reste chez son frère qui décèdera en 1980,

Peu après, elle loue à M. Raoul TURCOTTE, un appartement au deuxième étage d’une maison située, proche de la boulangerie, sur la rue Principale. Pour y accéder elle doit emprunter un escalier en colimaçon, qui, plusieurs fois par jour, l’a contrainte à entretenir sa forme physique dont elle bénéficie des effets et en est encore un modèle aujourd’hui.

Seule mais confortablement installée, elle consacre l’essentiel de son temps à partager son plaisir de vivre, en offrant sans limite, à tous ceux et celles qui, amateurs de bonne chair sont conviés à venir déguster des plats copieux et savoureux.

En même temps elle s’est mise à protéger ses amis et congénères, des froids vifs des hivers sans pitié du Québec, en tricotant aux aiguilles et sur métier, tous modèles de vêtements, caleçons, camisoles, combinaisons, pantoufles, gants et mitaines. Plaisirs du partage et abnégation qu’elle continue à développer auprès de ses voisins et voisines depuis 2012, après qu’elle eut quitté son appartement et « surtout son escalier », pour s’installer à la ROSE D’OR depuis 2012, où elle contribue activement à la vie collective de l’établissement pour en cultivant sa mémoire et sa culture….

Alors, Madame TOULOUSE merci de votre accueil et de votre plaisir de vivre qui, sans aucun doute est communicatif et j’en suis très fier d’en avoir été témoin….

SOYEZ CONVAINCUE, MADAME, QUE SI MES ANCÊTRES NE SE MONTRENT PAS IMPATIENTS ET SI VOUS EN ÊTES D’ACCORD, JE SERAI AUPRÈS DE VOUS LE 21 AOÛT 2016

Gérard Declerck
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