Nous avons beaucoup entendu, en 2018, la chanson de Christophe Maé qui porte ce titre. Voilà une question que bien des gens se posent. Si on en croit certaines publicités, le bonheur se trouve dans un voyage à réaliser ou dans une résidence pour aînés ou encore dans un remède miracle ou un produit à acheter. Mais selon vous, il est où le bonheur ?

C’est cette question qu’a voulu explorer Pierre Côté, concepteur de l’indice du bonheur des villes du Québec qui sonde les Québécois depuis une douzaine d’années. C’est ainsi qu’en décembre 2018 le Journal de Montréal nous révélait les résultats du sondage « L’indice de bonheur Léger » (IBL).

À partir des réponses au sondage (1 000 répondants, 30 questions), l’auteur Pierre Côté a dégagé neuf éléments qui peuvent être une source de satisfaction dans la vie. Il précise que cet « indice » n’a pas la prétention de définir ce qu’est le bonheur mais qu’il faut plutôt y voir une « […] conversation qui permette d’amorcer un début de réflexion… ». Voici ces neuf éléments :

La réussite, vue sous l’angle de vivre la vie que l’on souhaitait vivre. « Avoir une passion est un facteur de bonheur », affirme Robert Vallerand, chercheur en psychologie sociale.

L’amour, qui est un des plus importants facteurs d’influence du bonheur, selon Pierre Côté.

La reconnaissance, parce qu’elle agit directement sur l’estime de soi.

La santé. « Quand la santé va, tout va », dit le proverbe. D’ailleurs, c’est ce que l’on se souhaite le plus dans le temps des Fêtes, n’est-ce pas ?

La satisfaction au travail. Le travail occupe dans les faits une grande partie de notre vie.

L’argent. Il ne fait pas le bonheur, mais y contribue, souligne Pierre Côté. La précarité financière est certainement source d’anxiété.

Le respect. Celui des gens qui nous entourent professionnellement ou personnellement.

L’amitié, qui constitue une sorte de rempart contre la solitude et les mauvais coups de la vie.

Le sentiment de liberté, qui influence notre impression de bonheur.

Pour le Dalaï-Lama, c’est l’état d’esprit, plus que les événements extérieurs, qui détermine le bonheur (« L’art du bonheur », 1999). Il exprime l’idée que la sensation d’être heureux ou malheureux dépend de notre perception de la situation et de notre capacité à nous satisfaire de ce que nous avons. Ainsi, on peut exercer l’esprit au bonheur en changeant notre perception de la situation difficile qu’on vit pour une vision plus avantageuse des choses. Mais comment voir avantageusement les choses quand ça fait mal ?

Le psychiatre Howard Cutter, coauteur de « L’art du bonheur », affirme que de nombreuses études et expériences scientifiques ont démontré que la « posture mentale » influe sur l’aptitude à percevoir et à endurer la douleur. Selon lui, la douleur physique, qui est un processus physiologique, est différente de la souffrance, qui est une réaction mentale et affective à la douleur. Cela rappelle ce que le psychiatre juif Victor Frankl, emprisonné par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale, déclara un jour : « L’homme est prêt à toutes les souffrances, tant qu’il peut y déceler un sens. »

Les comportements mentaux responsables d’un esprit malheureux ont mis du temps à s’imposer. Alors, « […] instaurer les habitudes neuves du bonheur ne prend pas moins de temps », dit le Dalaï-Lama. C’est un long cheminement.

Il faut comprendre que les émotions et les attitudes négatives nuisent à la quête du bonheur et que les états d’esprit optimistes peuvent agir comme antidotes à nos pensées négatives. On y arrive « […] en cultivant des forces telles que l’amour, la compassion, la tolérance et l’indulgence, qui agissent comme antidotes, et grâce à des pratiques de méditation ».

Fait fascinant, cela « […] va de pair avec la démonstration, récemment apportée par la science, que l’on peut modifier la structure et la fonction du cerveau en entretenant de nouvelles pensées ; alors, c’est toute l’idée d’atteindre le bonheur par l’exercice de l’esprit qui prend corps », nous dit Howard Cutter.

Pour aider à adopter une attitude de bonheur, le Dalaï-Lama propose de cultiver la pensée que voici : « Il est plus raisonnable de dépenser son énergie à se concentrer sur une solution qu’à se faire du souci. À l’inverse, s’il n’y a pas d’issue, pas de solution, aucune possibilité de rien résoudre, cela ne sert non plus à rien de se faire du souci, puisque de toute façon vous n’y pouvez rien. »

Rien n’étant permanent, le bonheur est un cheminement à travers de bons moments qu’il faut prendre le temps d’apprécier parce qu’ils ne durent pas et de mauvais moments à accepter sachant qu’ils passeront aussi comme les bons.

En bout de piste, le bonheur de chacun appartient à chacun.