2013-10-24-31s-rene_rousseau2013Les Journées de la Culture qui se sont déroulées en fin de septembre ont notamment permis à de nombreux visiteurs de s’introduire dans l’univers passé des barbiers lesquels détenaient, il n’y a pas si longtemps, une importance accrue en face de besoins divers.

Un kiosque installé dans la salle du centre communautaire J.N.Plante tentait de recréer un salon de barbier d’époque avec son comptoir garni de produits et instruments tels des rasoirs électriques et à lame, des parfums, des blaireaux, ciseaux, miroir, etc, ainsi que la fameuse chaise qui trônait au centre de la pièce plus ou moins exiguë et dans laquelle plusieurs clients s’abandonnaient aux bons soins du barbier quand ce n’était pas de Morphée.

Des photos fournies par la Société historique de Disraeli rappelaient le passage de trois barbiers d’époque (Odilon Giguère, Émile Létourneau, et Honoré Lévesque) tout en faisant resurgir de nombreux souvenirs parmi les visiteurs.

René Rousseau
En prime, il était possible de converser avec M. René Rousseau, ancien barbier à la retraite depuis 2010.

Né en 1940 à Disraeli, René que plusieurs ont connu sous le vocable de Ti-Père s’est inscrit en 1959 à l’école de barbier Moreau sise à Montréal. Une fois le cours intensif d’une durée de 6 mois complété, René a débuté comme apprenti au salon de Germain Marcotte de Disraeli lequel est aujourd’hui opéré par son fils Daniel.

En 1967, René s’installe à son compte dans le local laissé vacant par Honoré Lévesque (à l’intersection Laurier et Champlain). Il y recevra sa clientèle jusqu’en 1973 avant de déménager sur l’autre côté de la rue Laurier. Il y restera jusqu’en l’an 2000. Enfin, il reviendra dans la grande maison paternelle où il installera dans un coin de la cuisine sa chaise dont il se servira jusqu’en 2010.

Se disant en bonne santé et épargné des mauvais coups (vol ou violence) tout au long de sa carrière, René désire remercier sa fidèle clientèle qui incluait un important groupe de vacanciers durant les chauds mois d’été. « Ça a été plaisant; ce fut une belle expérience », a-t-il confié tout en précisant qu’il aimait mieux couper les cheveux que de faire des rasages. « Je n’ai aucun regret ».

Bien que de nature effacée et discrète, Ti-Père Rousseau aura imprimé sa marque dans le village. Incidemment, il vient de vendre sa chaise…