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Olivier Higgins et Mélanie Carrier, réalisateurs du documentaire Québékoisie

Ils sont des milliers d’oubliés et de déracinés. Certains les traitent encore de « Sauvages » qui ne sont bons qu’à recevoir un chèque et qui ont toujours tout cuit dans le bec. L’histoire abrégée raconte que les peuples issus de l’Europe ont découvert l’Amérique et qu’ils l’ont façonnée, voire inventée. Après tout, avant, il n’y avait que la nature et ses habitants, des peuples amérindiens aux noms et aux mœurs étranges. Leur histoire à eux, on ne l’a jamais écrite avec un grand H.

2014-03-27-affiche_quebekoisieLe documentaire Québékoisie, qui a été présenté par le Cinéma du Lac de Disraeli, nous raconte l’histoire autrement. Sans jamais être moralisateur, le film remet littéralement en question le mythe des peuples fondateurs et nous questionne sur notre identité. Nous y apprenons d’ailleurs que de 50 % à 70 % des Québécois sont métissés et ont un ancêtre autochtone (et vice versa). En suivant la quête des deux documentaristes (Mélanie Carrier et Olivier Higgins), on prend conscience que le métissage culturel, lui, est presque totalement absent de notre réalité. Que connaissons-nous de ces peuples qui vivent si près de nous ? Les traditions, les valeurs et la culture des premières nations se meurent peu à peu. Heureusement, des individus passionnés prennent des initiatives pour mettre en lumière la richesse de la culture de ces peuples. La question autochtone est complexe, mais pas sans issue. Voilà ce qui est ressorti des échanges avec les deux réalisateurs du documentaire, qui étaient à Disraeli le 23 février lors de la projection de leur film. Avec une certaine ouverture d’esprit, on peut arriver à réaliser que nous sommes tous unis à la même terre et qu’il serait sage de la partager avec plus de respect. La résilience des premières nations passera sûrement par la reconnaissance du fait qu’elles font partie de « nous ». Le documentaire Québékoisie nous fait comprendre avec intelligence qu’après avoir presque anéanti les premières nations, il serait grand temps de les valoriser et de les appuyer dans leur quête d’autonomie. Un grand merci au Cinéma du Lac de nous avoir fait découvrir ce documentaire et de nous avoir permis de rencontrer des réalisateurs inspirants.