Par Sylvie Veilleux

D’ici 2023, les abords du Lac Elgin subiront des coupes forestières sélectives importantes si le nouveau Plan d’aménagement forestier intégré opérationnel (PAFIO) de l’Estrie est adopté sans modification. Le Conseil municipal de Stratford, l’Association pour la Protection du lac Elgin (APLE) et des citoyens demandent des garanties aux autorités responsables afin de préserver le lac Elgin dont la vocation récréotouristique dépasse largement notre région.

Ce message a été entendu par M. Jean-Paul Gendron, président de la Table de gestion intégrée des ressources et du territoire (TGIRT) et les représentants du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs dont M. Francis Chabot, lors de leur passage à Stratford le 2 mars dernier. Une trentaine de personnes participaient à la rencontre publique de consultation sur le PAFIO.

L’APLE a déposé un mémoire rédigé en collaboration avec l’organisme RAPPEL. Malgré que les municipalités n’aient aucune juridiction sur la forêt publique, le Conseil municipal de Stratford a adopté une résolution qui demande de s’assurer que les opérations forestières qui seront prescrites sur les terres publiques entourant le lac Elgin n’entraînent aucune érosion ni apport de sédiments ou autres sources de contaminants vers le lac ou ses affluents.

Le Conseil souhaite aussi que la planification finale des travaux soit faite avec le souci de limiter le plus possible leurs impacts sur les paysages entourant le lac Elgin. Il veut également que soit prise en considération la volonté de la municipalité et de la MRC de protéger deux zones de conservation en bordure du lac Elgin, telles qu’elles sont indiquées au schéma d’aménagement de la MRC du Granit. Finalement, toutes les personnes présentes réclament que les travaux forestiers fassent, à chacune des étapes, l’objet d’une surveillance étroite.

Dans le cas des abords du Lac Elgin, 900 hectares sont visés par les coupes forestières à venir, dont une partie dans le bassin versant du lac. Des coupes dites de jardinage sont prévues pour assurer les soins culturaux nécessaires aux arbres en croissance et à l’établissement de semis de manière à atteindre ou à maintenir une structure équilibrée. Une coupe de régénération sur une surface réduite est aussi planifiée ce qui signifie qu’on enlèvera tous les arbres adultes pour permettre aux jeunes pousses de croître et protéger le sol forestier.

Le but de ces coupes vise la récolte de matière ligneuse et l’aménagement des forêts publiques. Lors de cette consultation, les représentants de la TGIRT et du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs ont mentionné que l’abattage des arbres morts a un effet réducteur de la présence de  CO2 dans l’atmosphère.  En effet, un arbre mort libère du CO2 au lieu de l’absorber.

Ces consultations publiques sur les opérations forestières prévues en Estrie, pour la période 2018-2023, se sont tenues du 12 février au 8 mars 2018. Deux consultations ont eu lieu, une à La Patrie et l’autre à Stratford. Rappelons que les forêts publiques de l’Estrie couvrent 80 000 hectares. De cette superficie sont soustraits les trois parcs nationaux (Orford, mont Mégantic et Frontenac), les réserves écologiques Samuel Brisson et Gosford, la Forêt habitée Gosford et des érablières sous gestion acéricole. Ce qui ramène les aires sujettes à l’aménagement forestier à 37 500 hectares. Le Québec comprend 28 215 000 hectares de forêts publiques sous régime d’aménagement forestier.

Suite aux consultations, la TGIRT pourrait faire des recommandations de modifications au PAFIO avant que soient émises les prescriptions réelles. La suite à venir.

Collaboration : Gaétan Côté.

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