C’est une double surprise que le conseil municipal de la Ville de Disraeli réservait en primeur aux citoyens présents à l’assemblée spéciale du 16 décembre dernier lors de l’adoption du budget pour l’année 2020. Et dès l’ouverture de la séance, pour reprendre les termes du maire Jacques Lessard, « les annonces résultant des décisions prises s’avèrent difficiles et déchirantes ».

Budget 2020
La Ville a adopté un budget équilibré dont les dépenses se chiffrent à 4,52 M$, en hausse de 7,9 % sur celles de l’exercice précédent. Quant à la dette qui connaît un bond de 3,63 M$ pour totaliser 7,75 M$, la part de remboursement assumée par les contribuables sera de 394 600 $. Il semble que ces données s’inscrivent dans la moyenne des municipalités comparables, selon la direction générale. Le rôle général d’évaluation taxable s’élève à 156,43 M$.

Les élus imputent principalement ces augmentations appréciables à la construction de l’usine de traitement des eaux ainsi qu’au déficit annuel récurrent des opérations de l’Aréna 76. On prend soin de nous prévenir que les charges fiscales reliées aux importants travaux de l’eau potable ne sont appliquées qu’à moitié et que le solde aura un impact fiscal sur le budget de 2021.

Le programme triennal d’immobilisations n’est pas moins discret avec sa prévision totalisant un montant de 8,68 M$ pour les trois prochaines années. Il y est prévu notamment la réfection de plusieurs rues et d’infrastructures aux secteurs égout et aqueduc, ainsi que divers travaux de rénovation et de réparation à l’hôtel de ville et au garage municipal. Le conseil précise que certains investissements seront conditionnels à l’obtention de subventions afin de respecter le plus possible la capacité de payer du contribuable.

Ce dernier verra le taux de la taxe (résidence) augmenter de 2,3 % (de 0,82 $ à 0,84 $ par 100 $ d’évaluation), le coût des services aqueduc et égout haussé de 27 $ pour se chiffrer à 365 $ par unité résidentielle et celui des ordures et récupération à 219 $ (+ 16 $). Concrètement, la hausse globale pour le propriétaire d’une résidence dont la valeur est estimée à 100 000 $ sera environ de 100 $. Le secteur commercial voit également sa contribution augmenter dans des proportions semblables. À cela, il faudra prévoir une nouvelle hausse de l’ordre de 150 $ l’an prochain pour le même propriétaire d’une demeure évaluée à 100 000 $.

Aréna 76
Par ailleurs, à la suite de l’analyse des états financiers de l’aréna qui, annuellement, assumait un déficit d’opération de l’ordre de 300 000 $, les élus ont opté majoritairement pour la cessation des activités de glace de l’Aréna 76 en avril prochain. L’annonce n’a pas manqué de soulever des questionnements et des commentaires dans la salle alors que la dissidence de deux conseillers (Charles Audet et Alain Brochu) illustrait la problématique. « A-t-on un plan de match et une vision ? » a questionné pertinemment un contribuable. « Qu’arrivera-t-il de la concentration hockey de la Polyvalente de Disraeli ? » s’interrogent d’autres citoyens.

La mise aux normes du système de refroidissement (passage du fréon à l’ammoniac) au coût approximatif de 2 M$, le déficit annuel récurrent, l’échec de la recherche de soutien financier auprès des municipalités du secteur sud ainsi que l’achalandage jugé faible sont autant de raisons ayant convaincu le conseil d’adopter cette sévère mesure de restrictions budgétaires, explique le maire Lessard. « Le conseil n’est toutefois pas fermé à l’idée de lui donner une nouvelle vocation afin d’offrir de nouveaux services à la population », précise-t-il dans le communiqué de presse de la Ville. À cette fin, la Ville prévoit une consultation publique sur l’avenir du bâtiment au cours de l’année 2020.

La formation d’un comité citoyen (voir autre texte) dans les heures suivant cette annonce soudaine laisse croire que le débat souhaité par les élus se tiendra dans le courant de l’année en espérant parvenir à un consensus qui apparaît, pour l’instant, imaginaire.