Il n’est pas question ici de répéter ce que vous savez probablement déjà sur la commercialisation légale du cannabis au Québec. La publicité gouvernementale est claire. Il s’agit plutôt ici d’apporter quelques éléments d’information et de réflexion sur le sujet.

Le vendeur
C’est bien que le « pot » soit vendu par une société d’État plutôt que par des entreprises privées. Ainsi, la priorité sera davantage mise sur la santé plutôt que sur les profits. En effet, la Société québécoise du cannabis (SQDC) a comme mission de protéger la santé des consommateurs. D’ailleurs, les profits devraient être réinvestis dans un fonds de recherche et de prévention sur la marijuana, ce qui sera fort utile, car on en connaît encore très peu sur cette plante.

De plus, la façon de vendre se veut éducative. Il y aura un gardien de sécurité à l’entrée pour s’assurer qu’aucun mineur n’entre dans la succursale, mais aussi une zone d’information où des conseillers feront de l’éducation sur le cannabis. C’est seulement par la suite que le client accédera à la zone des produits derrière le comptoir. On est loin du « pusher » de la rue !

Concernant la publicité, elle ne doit comporter que du texte. Il est interdit de montrer le produit. Voilà qui explique la forme de l’actuelle campagne publicitaire sur le sujet, faite par le gouvernement.

Le consommateur
Signalons d’abord qu’il est interdit, de façon générale, de fumer là où il est interdit de fumer du tabac et qu’il est interdit de cultiver du cannabis chez soi. Le consommateur ne pourra posséder sur lui que 150 g au maximum.

Les connaissances actuelles nous disent que la consommation de cannabis peut :

  • compromettre l’aptitude à conduire de façon sécuritaire ou à faire fonctionner de l’équipement, car le cannabis ralentit le temps de réaction, réduit la capacité d’attention et nuit à la coordination. Voilà pourquoi consommer du cannabis et conduire peut entraîner un accident de la route, des blessures graves, voire la mort. On ne conduit pas gelé.
  • rendre plus difficiles les apprentissages puisque le cannabis agit sur la mémoire et sur la capacité à prendre des décisions. Ça peut donc réduire sa capacité à bien accomplir son travail ou ses études. Pas au travail ou à l’école.
  • affecter l’humeur et les sentiments. Le cannabis peut générer de l’anxiété ou un sentiment de panique.
  • affecter la santé mentale. Le cannabis peut déclencher un épisode psychotique (ne pas savoir distinguer ce qui est réel de ce qui ne l’est pas), entraîner la paranoïa, provoquer des pensées incohérentes et, dans certains cas, des hallucinations.
  • endommager les poumons et rendre la respiration difficile à cause des nombreuses substances nocives dans la fumée, tout comme la cigarette.
  • provoquer une dépendance physique ou une accoutumance.

Les recherches montrent que le cerveau n’est pas entièrement développé avant l’âge de 25 ans environ. Cela s’explique par le fait que le THC, la substance présente dans le cannabis qui provoque la sensation d’euphorie (« high »), agit sur le même mécanisme biologique responsable du développement du cerveau. Alors, les jeunes sont particulièrement vulnérables aux effets du cannabis.

Plus la teneur en THC du cannabis est élevée, plus la personne qui en consomme est susceptible d’en subir les effets néfastes.

La durée des effets du cannabis dépend tant de la façon dont le cannabis a été consommé (fumé, inhalé, ingéré) que de la quantité consommée, mais ceux-ci peuvent se prolonger jusqu’au moins six (6) heures et au-delà après la consommation. Si vous consommez du cannabis sous forme d’aliment ou de liquide, les effets peuvent apparaître de trente minutes à deux heures après la consommation et durer jusqu’à vingt-quatre heures.

Effets sur la santé pendant la grossesse et l’allaitement
Tout comme pour le tabac et l’alcool, durant la grossesse, les substances présentes dans le cannabis sont transportées par la circulation sanguine de la mère jusqu’au fœtus. Après la naissance, elles sont transmises au nourrisson par le lait maternel et peuvent entraîner pour celui-ci des problèmes de santé.

Usages thérapeutiques du cannabis
Santé Canada met à la disposition des professionnels de la santé et des patients autorisés des renseignements sur l’usage du cannabis et des cannabinoïdes à des fins médicales.

Une question demeure : si on considère les coûts en santé avec le tabac et l’alcool, l’État fera-t-il vraiment ses frais avec la légalisation du cannabis ? Le marché noir sera-t-il éliminé ? Le crime organisé sera-t-il contré ? La police aura-t-elle les outils pour assurer la sécurité de la population ? Et l’argent ou les profits générés seront-ils utilisés pour la santé de la population ?

Source: Magazine L’actualité et Santé Canada