Devant près de 65 représentants des municipalités partenaires et de la communauté artistique et culturelle, le 18 octobre dernier au Cabaret des arts de Disraeli, le jeune maire de Saint-Camille (MRC des Sources), monsieur Philippe Pagé, a présenté les éléments marquants du chemin parcouru par sa municipalité pour devenir un pôle culturel reconnu et une communauté qui se développe dans l’enthousiasme. Cette conférence était organisée par le Réseau culture secteur sud de la MRC des Appalaches dans le cadre de l’événement de réseautage annuel qui en était à sa 5e édition.

Qui aurait cru au début des années 1980 que Saint-Camille, qui voyait sa population passée de 1100 personnes de jadis réduite à 440 âmes, allait rebondir à la suite de l’achat du magasin général, devenu Le P’tit Bonheur, et à la pizza qu’on déciderait d’y cuisiner en 1988 ? Peu à peu, ce café-bistro a attiré une diversité de citoyennes et citoyens qui ont commencé à échanger, à se connaître et à mieux se comprendre. Selon M. Pagé, « Le P’tit Bonheur a permis de bâtir des habiletés collectives et de créer du commun. Le P’tit Bonheur est devenu le foyer de l’effervescence de Saint-Camille. »

Capables de se parler et de se faire confiance, les citoyennes et citoyens ont remporté une première victoire contre la fermeture du bureau de poste et obtenu plus tard Internet haute vitesse. La communauté a appris à transformer en opportunités les crises provoquées par les problèmes rencontrés dans plusieurs petites municipalités rurales. « Mieux vaut prendre le changement par la main avant qu’il ne nous prenne par la gorge, disait Winston Churchill », a mentionné M. Pagé.

Le P’tit Bonheur s’est développé. Il est devenu un diffuseur culturel reconnu par le ministère québécois de la Culture et des Communications avec sa salle de spectacle. Il s’est financé à 80 %. Des expositions ont été organisées, un café s’y est installé. Le P’tit Bonheur a fait également sa marque à l’étranger avec son Festival de masques, son Académie de musique ancienne et son jumelage avec la commune de Faux-La-Montagne en France.

Au fil des succès, la population de Saint-Camille s’est développé une identité positive et une fierté. Des projets innovants ont vu le jour en agroalimentaire, dont le projet des fermettes du rang 13, en 2004. Celui-ci a attiré une vingtaine de jeunes familles à 5 km du cœur villageois. La population a cru pour atteindre 550 personnes aujourd’hui. L’école et les services de proximité ont été consolidés, la valeur foncière augmentée et la dynamique communautaire enrichie.

Les capacités collectives et l’inventivité des acteurs créatifs ont aussi été mises à profit, en 2006, pour faire face aux difficultés financières de la fabrique et la nécessité d’y faire des travaux importants de rénovation. Huit ans plus tard, en 2014, un centre multifonctionnel voyait le jour, subventionné à 65 % par le ministère des Affaires municipales de l’époque, par la Municipalité de Saint-Camille et par des sources de financement privées. Grâce à ce lieu, la population dispose maintenant de nouveaux locaux pour les activités communautaires et de culte, d’une salle d’une grande capacité d’accueil, d’équipements technologiques de communication très modernes qui permettent la diffusion et la pratique d’activités culturelles professionnelles : spectacles, tournages, la Web diffusion et des activités de téléprésence tarifées. Une autre source de fierté des Camilloises et Camillois.

« L’amélioration de l’offre de produits et de services culturels, une spécificité reconnue de Saint-Camille, attire des gens et des événements qui nous ressemblent. Il faut développer ses spécificités, créer des cercles vertueux et démarcher des opportunités. La culture est un levier de développement des municipalités », a conclu le maire Pagé.

Source : Charles Samson