À la conférence de l'ARLA, une foule nombreuse avide de mieux comprendre les problèmes du lac Aylmer
À la conférence de l’ARLA, une foule nombreuse avide de mieux comprendre les problèmes du lac Aylmer. Photo par Yves Lirette

Le 28 août dernier, par un beau dimanche matin, ils étaient nombreux à s’être levés tôt. Ils voulaient entendre des spécialistes parler de la santé des lacs, ils voulaient comprendre ce qui ne va pas avec le lac Aylmer. Anxieux de l’eutrophisation, de la détérioration avancée de ce magnifique plan d’eau, ils voulaient surtout entendre parler de solutions. La présence des élus municipaux, plus que discrète, aurait été appréciée.

« La qualité d’un lac ne dépend que de la qualité de l’eau qui y arrive. »  Voilà, c’est dit. Les experts sont formels, « … le lac, c’est les tributaires naturels (rivières et ruisseaux) et artificiels (fossés agricoles, routiers), le lac c’est tout le bassin versant, car toute l’eau qui y tombe se retrouve dans le lac. ». Alors, le problème c’est la mise à nue des sols qui provoque l’érosion, draine la terre dans le lac, ensable les frayères, apporte des nutriments aux plantes aquatiques qui prolifèrent, et finalement étouffe le lac.

 La solution à cette plaie : la végétation! Il faut revégétaliser les bandes riveraines, planter arbres, arbustes et végétaux indigènes. Ce sont eux qui retiennent les sols, filtrent les polluants et apportent fraîcheur au lac.

 À ce diagnostic sans appel, il faut ajouter la pollution provenant des fosses septiques non conformes, l’épandage excessif d’engrais de source domestique ou agricole et surtout les fameuses surverses, ces déversements d’égouts directement dans les cours d’eau lors de pluies abondantes. La solution à ces plaies : des élus qui se concertent pour agir, qui font respecter les lois et règlements.

En 40 ans on a détruit nos écosystèmes de telle sorte qu’aujourd’hui, on ne peut même plus boire l’eau de nos lacs, comme par le passé. Il faut faire autrement et être moins envahissant. Il faut changer de mentalité, cesser de penser : « … c’est pas propre je vais asphalter; c’est plein de toutes sortes d’arbres et de plantes, amène la scie; un beau gazon bien coupé jusqu’au lac, y’ a rien de mieux pour l’entretien; une digue de roches pour ma rive et mon quai, ça, ça me plaît. »

En fait la solution se résume en quelques mots : déclarer la guerre à l’érosion des sols et à la surutilisation des phosphates, puis protéger la végétation existante, revégétaliser les bandes riveraines. C’est l’affaire de tous, riverains comme citadins, industriels comme gestionnaires, car nous avons tous les deux pieds sur le sol du bassin versant du lac Aylmer, du lac Saint-François, du lac de l’Est, du lac Elgin, du lac Breeches…

Ouverte à tous, cette conférence extraordinaire était organisée par l’Association des Riverains du Lac Aylmer (ARLA). Tenue au Cabaret des arts et présidée par M. Daniel Poirier, elle aura captivé plus de 70 auditeurs à l’écoute des experts M. Jean-Claude Thibault, géomorphologue et M. Jean-François Girard, avocat et biologiste.