Afin de conserver adéquatement les richesses écologiques de leurs territoires, les parcs ont mis en place un programme de suivi des indicateurs environnementaux (PSIE) qui fait office de bilan de santé. Par ce suivi d’indicateurs environnementaux, le programme vise à comprendre ce qui se passe sur le terrain afin d’identifier des points de vigilance et d’intervenir rapidement lors d’une dégradation.

Le parc national de Frontenac dévoile les résultats de l’évolution de son bilan de santé entre 2013 et 2017 : l’état de santé global du parc est jugé très bon !

Faits saillants
Les indicateurs sur l’eau et le milieu aquatique sont en amélioration et semblent refléter les efforts déployés pour améliorer la qualité de l’eau et les écosystèmes du Grand lac Saint-François. Deux points de vigilance demeurent : l’apport de nutriments et de matières en suspension par la rivière aux Bluets et la présence d’espèces exotiques envahissantes. Des actions sont en place pour prévenir et contrôler certaines de ces espèces nuisibles, dont le roseau commun.

Portraits des indicateurs
Le suivi de la qualité de l’eau des rivières est réalisé en utilisant un indice de qualité bactériologique et physico-chimique (IQBP) qui comprend six mesures : le phosphore total, les coliformes fécaux, l’azote ammoniacal, les nitrites et les nitrates, la chlorophylle « A » totale et la matière en suspension. On observe une situation stable ou en amélioration pour la qualité de l’eau, attribuable, en partie, à l’implantation de mesures de protection initiées par le Regroupement pour la protection du Grand lac Saint-François : mise à niveau des fosses septiques et des champs d’épuration des municipalités riveraines, végétalisation des bandes riveraines.

Le suivi de l’état de la faune benthique, soit les invertébrés qui vivent au fond de l’eau, permet de connaître l’état de santé des cours d’eau. Le dernier résultat de 2016 suggère que les rivières aux Rats musqués, Felton et Sauvage sont en bonne santé.

Les anoures sont des espèces bio-indicatrices de l’état de santé des milieux humides puisqu’elles font partie des premières à disparaître lorsque les conditions de l’habitat se dégradent. Malgré une certaine stabilité, on observe une diminution des occurrences de grenouille verte. Les résultats de cet indicateur comportent habituellement des variations importantes liées aux conditions météorologiques.

Les espèces exotiques envahissantes sont identifiées comme l’une des principales causes de l’effritement de la biodiversité. On observe une diminution de la dimension des colonies et du nombre de tiges de roseau commun dans la baie aux Rats musqués. Cette amélioration est liée aux projets de contrôle mis en place.

L’eutrophisation correspond à l’enrichissement graduel d’un lac en matières nutritives, passant d’un état oligotrophe (lac dont l’eau est plus transparente, mieux oxygéné) vers un état eutrophe (lac avec davantage d’algues et de plantes aquatiques, moins oxygéné). Il s’agit d’un processus évolutif naturel qui peut être accéléré par un apport de nutriments (ex. : fosses septiques, écoulement urbain, rejet d’eaux usées industrielles, agriculture, etc.) acheminé par l’eau en provenance du bassin versant du lac. Malgré une certaine stabilité dans la période récente, le Grand lac Saint-François montre des signes de vieillissement depuis le début du suivi en 2009.

Source : Éric Lessard