À l’origine, il y a eu migration des Européens venus coloniser les peuples autochtones du continent américain. À l’époque, la traversée de l’océan par bateau prenait de six à huit semaines, sans la certitude d’y parvenir vivant. Les naufrages et les infections étaient nombreux. Les gens risquaient ce voyage dans l’espoir de vivre dans un monde meilleur, car les guerres en Europe rendaient la vie pénible. Dès le départ, le Québec a donc été perçu comme une terre de survie et de liberté.

Au milieu du 19e siècle, une épidémie de choléra en Irlande cause une grande famine et entraîne un millier d’Irlandais à risquer leur vie par mer pour atteindre cette terre de survie qu’est le Québec. Pendant cette vaste vague d’immigration, les bateaux doivent faire escale à Grosse-Île pour une quarantaine, afin d’éviter que l’épidémie ne se répande. Plusieurs y meurent sans mettre pied sur le continent tant espéré.

Principale communauté d’immigration jusqu’en 1900, les Irlandais sont anglophones, mais catholiques comme les Canadiens français, affinité qui permet un certain compagnonnage. Ces immigrés trouvent emploi dans les grands chantiers de l’époque, chemin de fer et construction de ponts.

Avec l’industrialisation au 20e siècle, le Québec reçoit des immigrants de Pologne, d’Ukraine, de Finlande et de Chine. Ils viennent pour travailler dans les mines qui sont en plein essor à ce moment. Le Québec accueille aussi la communauté juive qui s’établit surtout à Montréal et qui s’investit dans le commerce.

Mais il n’y a pas que du travail dans les mines. Il y a aussi un grand besoin de main-d’œuvre pour la construction et l’entretien des chemins de fer, des locomotives et des wagons. Ce sont des Italiens qui arrivent alors au Québec en grand nombre. Le salaire ici est cinq fois plus élevé qu’en Italie à cette époque.

Après la Deuxième Guerre mondiale, le Québec accueille de plus en plus d’immigrants, choisis par la Fédération canadienne. Le ministère de l’Immigration voit le jour en 1968, mais ce n’est que dix ans plus tard que l’État québécois obtient le pouvoir de choisir lui-même une partie de ses immigrants.

C’est après les années 1960 que l’on parle de « réfugiés » comme catégorie à part chez les immigrés à la suite de grands cataclysmes. Des Haïtiens, des Vietnamiens, des Roumains, des Chinois et puis bien d’autres viennent s’établir au Québec, toujours dans l’espoir d’un monde meilleur pour eux et leurs enfants.

L’histoire du Québec est celle d’un grand métissage dans un espoir commun d’une terre de survie et de liberté.

Source : Télé-Québec

Jacques Beaudet
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