Selon Statistique Canada, les pertes d’emplois fracassent la barre des 3 millions depuis le mois de mars. En y ajoutant le nombre de Canadiens ayant travaillé des heures très réduites, c’est 5,5 millions de personnes qui sont atteintes par les effets de la COVID-19. Depuis février, l’emploi a chuté de 16 %, un record comparé à la récession de 1981-1982 qui avait entraîné une baisse 5 % au cours d’une période d’environ 17 mois. Cette situation a porté le taux de chômage à 13,0 % au Canada : si l’on avait tenu compte des personnes sans emploi qui ne répondent pas à la définition stricte de « chômeurs », ce taux serait plutôt de 17,8 % !

Le Québec aussi a enregistré une baisse d’emplois magistrale, portant son taux de chômage à 17,0 %, du jamais vu. Avec le déconfinement et le retour en emploi de milliers de travailleurs, on peut s’attendre à un dégonflement de ces chiffres en juin, mais, le retour à ce qui pourrait ressembler à une situation normale, ça n’est pas pour bientôt. Trop d’entreprises vont être emportées et les secteurs du tourisme, de la culture et de la restauration peineront à émerger.

Oublions quelques instants les chiffres et statistiques, car ils ont perdu leurs repères, disions-nous le mois dernier. L’enquête de Statistique Canada est faite pour refléter un marché du travail normal, bien connu, vous savez « l’offre et la demande, les investissements, l’inflation, la création d’emplois… ». Elle ne rend pas compte d’un arrêt volontaire de l’économie, d’un combat contre un virus mortel, de la lutte contre l’inconnu. Heureusement, nous, les personnes qui vivent cette drôle d’époque, avons pu compter sur les gouvernements qui ont compensé les effets de la mise en quarantaine de l’activité économique par des mesures et programmes de soutien. Devant nous, il faut déjà construire et reconstruire. Et tous, nous devons mettre la main à la pâte, en commençant par l’achat local, seul garant de la sécurité économique.