La trentaine de paroissiens de Beaulac-Garthby qui se sont déplacés dans la soirée du 19 décembre dernier afin de connaître les résultats de l’appel d’offres public pour l’achat de l’église Saint-Charles-Borromée n’ont pas mis de temps à comprendre que la vente de l’édifice semblait loin des préoccupations de la communauté comptant 959 paroissiens.

Rappelons que le conseil de gestion de la fabrique, après discussion et réflexion, en était venu en août 2018 à la conclusion qu’il devenait impossible de maintenir en bon état le temple en regard de l’état des finances. Des travaux d’entretien coûteux ainsi qu’une contribution volontaire annuelle (CVA) en décroissance rendaient incontournables la fermeture ou la vente de l’édifice.

Assemblée
Présidée par l’abbé et curé Bernard Rouleau, l’assemblée a d’abord appris qu’aucune offre formelle ne fut soumise, si ce n’est la démarche d’un entrepreneur s’étant manifesté puis aussi vite récusé après une visite des lieux lui ayant permis d’évaluer l’ampleur des travaux à faire pour la réalisation de son projet.

D’autre part, l’apparente apathie de la communauté en regard d’un projet d’engagement collectif ainsi que la baisse de la CVA apparaissent comme autant de facteurs prédisposant à une cessation des activités cultuelles dans cette église bâtie en 1897. « Je n’ai jamais pensé fermer une église, mais ça prend un mouvement de communauté pour continuer », de dire le curé. « Et c’est justement ce qu’on n’a pas », ajoute une participante.

« Que fait-on avec ça ? Combien reste-t-il d’argent en caisse ? Prenons soin de garder notre petite liquidité ! Est-ce que la municipalité a été mise au courant de notre décision de vendre ? Y en a qui ne donnent pas de peur que l’argent aille ailleurs… » Voilà autant de réflexions et de questions qui ont ponctué les échanges. Certaines pistes de recherche furent suggérées par l’assistance, telles celles de confier un mandat à un agent immobilier, de reprendre le processus d’appel d’offres ou encore de rencontrer les élus municipaux.

C’est cette dernière proposition qui fut retenue pour le moment par le conseil de gestion, lors d’une réunion le 9 janvier, dans l’espoir de trouver une solution en partenariat avec les élus municipaux comme ce fut le cas dans plusieurs communautés ailleurs en province.

Dans ces deux situations, à Beaulac-Garthby et à Disraeli, on voit bien que le difficile avenir de nos églises, de nos biens patrimoniaux, repose d’abord et avant tout dans les mains des paroissiens.

Voir aussi autre texte: Rebondissement dans le dossier de l’église Sainte-Luce