PrintSi vous êtes passés sur la rue St-François récemment, vous avez certainement remarqué que la vieille partie de l’usine Shermag, était dans un tel état de décrépitude que les propriétaires de la bâtisse ont dû procéder rapidement à sa démolition.

Salle Vachon 1939
Salle Vachon en 1939

L’histoire de l’usine remonte en 1939, année où les autorités locales décidèrent de construire une salle municipale pour accommoder la population du village. La construction de l’édifice fut confiée à M. Albert Côté, un entrepreneur bien connu de Disraeli. Le conseil fit appel au député provincial du comté de Wolfe, M. Henri Vachon pour l’aider à financer sa construction. Celui-ci, s’étant servi de son influence auprès du premier-ministre Maurice Duplessis, a obtenu du gouvernement provincial une subvention équivalent à la totalité du prix de la bâtisse. C’est la raison qui explique pourquoi on a donné le nom de « Salle Vachon » à la nouvelle salle, qui était appelée au départ « Salle St-François »

En 1944, une offre d’achat de la salle par un industriel venant de Victoriaville, M. Émile Gosselin, fut soumise au conseil municipal. M. Gosselin voulait en faire une manufacture de meubles. Par voie de référendum, les propriétaires de Disraeli furent appelés à se prononcer sur l’avenir de leur salle. Le résultat fut le suivant : pour la vente 197 votants, contre 8 votants. La salle Vachon devint donc une usine de meubles appelée « Le Meuble de Disraeli Ltée – Disraeli Furniture Ltd.» En 1950, la famille Beaudoin acheta l’usine qu’elle revendit, deux ans plus tard, à Marius Ouellet, un homme d’affaires de Daveluyville. Le nouveau propriétaire nomma sa manufacture « Meubles Marius Ouellet Ltée. ». L’usine fut alors agrandie, modernisée et connut un rayonnement national. Elle devint, par la suite, propriété étrangère « Les Meubles Radisson » pour enfin être achetée, en 1982, par la Compagnie Shermag qui lui ouvrit tout le marché nord-américain. A une certaine époque, la compagnie donna de l’emploi à plus de 250 personnes. C’était de loin le plus important employeur du secteur.

Le 1er mai 2007, lorsque l’usine Shermag ferma définitivement ses portes, ce fut la fin de la suprématie du bois dans l’économie de Disraeli. Pour la première fois, en plus de cent ans, le bois n’était plus l’élément de base de l’industrie locale.

Sept ans plus tard, en 2014, le nouveau gestionnaire, le Groupe Bermex de Maskinongé, est à préparer la relance de l’usine prévue pour la deuxième semaine d’août. On devra, en priorité, réaménager l’espace occupé par l’ancienne salle Vachon, actuellement en démolition.