LOGO_UPALors d’un point de presse tenu à la fromagerie La Bourgade, les Producteurs de lait de Chaudière-Appalaches-Sud ont démontré l’important consensus de la filière agroalimentaire de la région Chaudière Appalaches-sud et de ses partenaires. L’objectif est d’exiger du gouvernement fédéral qu’il règle le problème des importations de lait diafiltré rapidement et une fois pour toutes. Cette problématique de contournement des contrôles fronta­liers par l’importation sans limites et sans tarifs de concentrés protéiques liquides, appelé lait diafiltré, a pris des proportions très inquiétantes.

M. Steve Vallée (ancien propriétaire de la fromagerie La Bourgade) M. Pierre Groleau et Mme France Fontaine (nouveaux propriétaires), M. Luc Berthold (député fédéral de Mégantic-L’Érable), M. Paul Doyon (président de la Fédération de l’UPA de la Chaudière-Appalaches) et M. Bruno Cyr (président des Producteurs de lait de la Chaudière-Appalaches-Sud)
M. Steve Vallée (ancien propriétaire de la fromagerie La Bourgade) M. Pierre Groleau et Mme France Fontaine (nouveaux propriétaires), M. Luc Berthold (député fédéral de Mégantic-L’Érable), M. Paul Doyon (président de la Fédération de l’UPA de la Chaudière-Appalaches) et M. Bruno Cyr (président des Producteurs de lait de la Chaudière-Appalaches-Sud)

Le gouvernement a formellement reconnu l’existence du problème. En effet, La Terre de chez nous rapportait le 5 février dernier le contenu d’un courriel du bureau du ministre Lawrence MacAulay : « Nous sommes conscients des préoccupations de l’industrie concernant l’utilisation du lait diafiltré dans la fabrication du fromage. Selon les normes compositionnelles du fromage, il n’a jamais été dans les intentions que le lait diafiltré soit utilisé au lieu du lait. Nous travaillons afin d’assurer que les règles soient claires pour tous.», affirmait le ministre. [   ] Malgré ces engagements répétés, aucune mesure concrète n’a encore été annoncée par le gouvernement deux mois plus tard.

L’importation des produits laitiers au Canada est limitée par des tarifs douaniers, un contrôle essentiel au bon fonctionnement de la gestion de l’offre. Or, depuis la fin des années 90, des ingrédients laitiers entrent au pays sans tarifs en utilisant des failles du classement tarifaire pour contourner les limites d’importation. Le cas actuel le plus grave est celui des isolats de protéines laitières (IPL) et du lait diafiltré, des concentrés de protéines laitières qui remplacent de plus en plus la protéine du lait frais canadien dans la fabrication de certains produits laitiers. On estime que les importations d’IPL ont atteint 32 000 tonnes en 2015, causant un manque à gagner de plus de 200 millions de dollars aux producteurs.

Rappelons qu’en 2007, afin de limiter les dommages liés à l’importation de concentrés de protéines laitières et à la suite d’une grande mobilisation des producteurs laitiers, le gouvernement a mis en place des normes de compo­sition des fromages. Ces normes établissent un pourcentage minimum de protéines (caséines) qui doivent provenir du lait dans le fromage et limitent l’ajout d’ingrédients laitiers tels que les IPL pour compléter la recette de fabri­cation. Le problème semblait ainsi réglé jusqu’à l’arrivée du lait diafiltré, en 2013.

À la frontière, le lait diafiltré est classé comme ingrédient laitier (concentré de protéines laitières de plus de 85 % sur une base sèche) et exempté de tarifs. Une fois au Canada, l’ACIA le considère comme du lait et non comme un ingrédient laitier dont l’ajout est plafonné dans les recettes de fromage.

Source: Frédéric Poulin