Par Sylvie Veilleux

Le conseil municipal de Stratford a décidé de s’attaquer à la location des résidences de tourisme (voir définition à la fin) sur son territoire. Les ambitieux projets de règlements nos 1181 et 1182 faisaient l’objet d’une consultation publique le 18 août dernier. Une quarantaine de citoyennes et citoyens y assistaient. Interrogations, scepticisme, réactions négatives, suggestions de modifications, tout a été accueilli avec ouverture et intérêt par les élus. Aux protagonistes de l’antilocation, le maire Denis Lalumière a répondu qu’interdire complètement n’était pas une solution.

La consultation publique du conseil municipal de Stratford. Photo par Sylvie Veilleux

Déterminé à concilier quiétude des riverains, développement économique, protection des milieux naturels, cohabitation harmonieuse, présence de jeunes familles, le conseil a choisi l’approche légale des usages conditionnels. Ainsi, sauf dans certaines zones agroforestières, la location à court terme sera considérée comme un usage conditionnel. Pour louer à court terme, il faudra obtenir une autorisation municipale.

Un dossier étoffé devra être déposé au comité consultatif d’urbanisme par les locateurs. Toute demande fera l’objet d’un avis public et d’une affiche installée devant la résidence de tourisme. Les citoyens pourront s’exprimer sur toute demande d’autorisation d’une résidence touristique lors d’une séance publique convoquée à cette fin. Valide durant 24 mois, le permis pourra être renouvelé selon le même processus.

Parmi les nombreuses exigences énoncées dans le projet de règlement, très clairement présentées lors de la soirée de consultation, certaines ont été souvent questionnées :

  • Le prix du permis (500 $) qui vient s’ajouter au coût du permis obligatoire exigé par la Corporation de l’industrie touristique du Québec (CITQ) ;
  • La distance de 300 mètres exigée entre les résidences de tourisme qui s’avère problématique, entre autres, sur les rives d’un petit lac ;
  • Le droit acquis pour les 28 résidences actuelles de tourisme, opérant de façon légale et accréditées CITQ ;
  • La difficulté de faire respecter un règlement si exigeant.

Au cours des prochaines semaines, les membres du conseil municipal poursuivront leur réflexion et l’élaboration des procédures de mise en œuvre des projets de règlements nos 1181 et 1182.

Un souhait : qu’une partie de l’argent généré par la vente des permis soit investi dans l’amélioration de l’accessibilité pour tous les citoyens de Stratford aux cinq lacs de son territoire. Le phénomène de la location à court terme des résidences riveraines soulève cet enjeu social d’accessibilité souvent passé sous silence par les réglementations.

Définition utilisée dans le règlement à l’étude
Résidence de tourisme : forme d’hébergement offert contre rémunération pour héberger des touristes pour des séjours de courte durée (31 jours et moins) et dont la disponibilité est rendue publique.