Le Vérificateur général du Québec avait déploré, en 2017, que le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) informe peu la population des analyses sur la présence de pesticides dans les aliments et des risques possibles afin d’aider les citoyens à faire des choix éclairés. Le MAPAQ a donc rendu publiques, fin septembre, ses données de surveillance des résidus de pesticides (majoritairement des fongicides et insecticides) sur les fruits et légumes frais vendus au Québec.

Les analyses ont porté sur le bleuet de culture, le céleri, la cerise, le champignon, le chou-fleur, la clémentine, le concombre, les épinards, la fraise, la framboise, le haricot, la pêche, la poire, les pois, le poivron et le raisin rouge. Les trois quarts des fruits et légumes analysés, entre 2016 et 2017, possédaient des résidus de pesticides et 5 % avaient des particules chimiques dépassant les normes canadiennes, cela sans compter la présence de produits interdits détectés sur des aliments bio.

La majorité de ces 26 échantillons dépassant les normes provenaient de l’extérieur du Québec : Canada, États-Unis, Chine, Guatemala, Uruguay et Chili. Il s’agissait du bleuet, du céleri, du concombre, de l’épinard, des fraises, du haricot et des pois. Également, en ce qui concerne les aliments bio qui contenaient des pesticides interdits, l’étude montre que l’on retrouvait principalement des produits provenant de l’extérieur du Québec. Il est à noter que le champignon et le chou-fleur sont les aliments analysés qui présentaient le moins de résidus de pesticides.

Faut-il s’inquiéter de ces résultats ? Consommer de tels aliments peut-il être dangereux pour la santé humaine ? Après tout, pourquoi fait-on des normes de salubrité ? Très peu d’études scientifiques se sont penchées sur la question. Tout de même, 95 % des fruits et légumes se situaient sous les seuils acceptables, donc réputés sécuritaires.

Mais l’inquiétude nous tenaille lorsque l’on s’arrête quelques instants à penser à notre dernier souper. S’il y avait comme entrée une délicieuse crème de céleri, puis quelques tranches de concombre pour accompagner nos petits pois et haricots, si la crème chantilly nappait de belles fraises juteuses à la fin du repas, combien de pesticides avons-nous ingurgités ? Car, tous ces produits chimiques s’additionnent, se combinent, interagissent : peut-être pas trop dangereux pris individuellement, mais tout un cocktail…

De plus, rappelons que certains aliments analysés peuvent contenir plusieurs résidus de pesticides différents sans dépasser les normes individuelles en vigueur. C’est le cas de la cerise, des épinards, de la fraise et du raisin rouge.

Alors ? D’abord, toujours bien laver les fruits et légumes. Ensuite, il est démontré que manger beaucoup de fruits et légumes, même avec pesticides, vaut mieux que de ne pas en manger. Manger bio est aussi plus sécuritaire. Et surtout, manger des produits du Québec, des produits locaux, est garant d’une meilleure salubrité.

Bon appétit !