Les temps étant ce qu’ils sont, disons que, comme bien du monde, j’ai dû adapter mes faits et gestes et projets. Dont cette Humeur buissonnière que j’avais au départ imaginée comme une errance dans différents milieux du merveilleux monde de l’art. Ne pouvant guère badauder à ma guise, j’ai regardé autour de moi et, comme il fallait s’y attendre, j’ai vu de belles gens et de beaux gestes.

Aujourd’hui, l’hiver sonne à nos portes, je lui ouvre la mienne et l’invite à entrer. Une amie m’a parlé d’un festival de cinéma en ligne, Cinemania, qui présente des films de la francophonie. Alors j’ai pensé qu’en attendant le retour du Cinéma du lac, je pouvais aller y faire un tour. Le premier long métrage que j’ai visionné est La Nuit des rois, une coproduction de quatre pays (Canada/Côte d’Ivoire/France/Sénégal). Comme je l’ai déjà mentionné, cette chronique se veut une discussion sur l’art et non une critique, d’abord parce que je n’ai aucune compétence pour ce faire, mais encore, parce que ça me semble vain. Point de vue très personnel qui n’engage que moi, évidemment.

La nuit des rois, source Wikipédia

Pour revenir à La Nuit des rois, ça se passe en Afrique donc, quoiqu’on soit loin d’un reportage du National Geographic. L’action se situe dans une prison de la Côte d’Ivoire, où un jeune homme fraîchement arrivé devient, pour survivre, le Shéhérazade des lieux et doit toute la nuit raconter une histoire qui sera mimée, dansée et chantée par certains des autres codétenus. Les Africains comme les Autochtones d’ici ne sont jamais bien loin de leur culture et des mythes qui y sont rattachés. Pour moi, ça ne s’apparente pas à du folklore, mais plutôt à une réelle partie de leur être, comme une empreinte originelle, une trace historique, collective et intime qu’ils suivent comme le fil rouge de leur vie. Ça donne un film étrange, très chorégraphique à mon sens, où j’avais l’impression de suivre le mouvement davantage que l’histoire. Y avait-il d’ailleurs une histoire ? Bien sûr, il y en a toujours. On a juste à suivre les traces.

P.S. Au moment de la parution du Cantonnier, il restera encore quatre jours à ce festival, pour celles et ceux que ça intéresse, et La Nuit des rois y est reprogrammé en clôture, le dimanche 22 novembre.

Dyane Raymond
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